Aller au contenu principal

« Pas de stockage de carbone sans prairie »

L’autonomie fourragère d’une exploitation contribue à l’amélioration du bilan carbone net, ou empreinte carbone. L’implantation de cultures pérennes favorisent le stockage du carbone dans le sol et la réduction d’émission de gaz à effet de serre.

Le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O) ont des contributions à l’effet de serre différentes. Ces distinctions sont caractérisées par le pouvoir de réchauffement global (PRG), dont l’unité de référence est l’équivalent CO2 (éqCO2). Par exemple, l’émission de 1 kg de CH4 a le même effet que celle de 28 kg de CO2 (contre 273 kg de CO2 pour 1 kg de NO2 émis).
Le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O) ont des contributions à l’effet de serre différentes. Ces distinctions sont caractérisées par le pouvoir de réchauffement global (PRG), dont l’unité de référence est l’équivalent CO2 (éqCO2). Par exemple, l’émission de 1 kg de CH4 a le même effet que celle de 28 kg de CO2 (contre 273 kg de CO2 pour 1 kg de NO2 émis).
© ACSE

« L’activité d’élevage a un impact sur le climat, c’est un fait. Toutefois, elle apporte une contribution indéniable à son atténuation grâce aux prairies exploitées. Mais sans élevage, pas de prairie. Et sans prairie, pas de stockage de carbone possible sur l’exploitation », prévient Arnaud Jouart, pilote régional carbone et agriculture à la Chambre d’agriculture du Grand Est. Pour ce type d’exploitation, la production d’herbe, associée à l’autonomie fourragère, permet d’optimiser le système et de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). « Penser bas carbone, c’est travailler une forme de résilience climatique avec un système fourrager diversifié capable de faire face aux aléas », souligne Arnaud Jouart.

Privilégier des pratiques agroécologiques

L’implantation de productions fourragères (prairie, méteil, luzerne, etc.) favorise le bilan GES. Par leurs faibles besoins en azote, ces cultures contribuent non seulement à la réduction des émissions de GES mais aussi à la séquestration du carbone dans le sol (80 tonnes/hectare sous prairies). Plusieurs leviers sont envisageables : favoriser l’autonomie protéique (éviter ou réduire les importations de soja brésilien par exemple) et optimiser la capacité de stockage du système de production par des pratiques durables. « Pour être autonome en fourrage, il convient de produire un système qui soit résilient et compatible avec le changement climatique : introduction de prairies, implantation de haies, de couverts ou de cultures intermédiaires, etc. », indique Arnaud Jouart. Comme l’illustrent les références du programme régional ACSE (Air, climat, sol et énergie), les systèmes d’élevage ayant des typologies herbagères ont une empreinte carbone plus faible que les autres systèmes en raison d’un stockage de carbone plus important.
D’après l’Idele, les suivis réalisés dans les élevages laitiers montrent que l’optimisation du système de production peut permettre de réaliser une économie potentielle de marge brute de 30 euros les 1 000 litres de lait (entre les systèmes les moins et les plus optimisés), soit une économie de 13 000 euros/an (pour 440 000 litres de lait vendus). « La prairie a une bonne réputation agroécologique, précise Arnaud Jouart. Cependant, elle ne représente pas une culture à forte valeur ajoutée malgré les nombreux services environnementaux qu’elle rend. Des réflexions sont en cours sur la mise en place de paiements pour services environnementaux (PSE) qui lui attribuerait une meilleure valeur économique ».

Anticiper la transition

Basé sur le volontariat, l’engagement “bas carbone ”, pourtant incitatif, ne fait pas l’unanimité. Et pourtant… Les entreprises agroalimentaires ou agricoles intègrent progressivement des stratégies de décarbonation de leurs activités qui comptent notamment sur la transition carbone des exploitations pour atteindre la neutralité carbone en 2050. « Pour accélérer la mise en œuvre des réflexions sur le bas carbone, l’agriculteur doit trouver des bénéfices y compris économiques, explique Arnaud Jouart. À ce jour, il peut percevoir 32 euros par tonne de CO2 évitée. Cette rémunération est plus ou moins attractive en fonction des fermes, du coût de mise en œuvre, des leviers bas carbone mobilisés et des bénéfices perçus à court terme ».•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Principales mesures de la loi de finances 2026 : quels impacts ?

Comme chaque année, la loi de finances comporte son lot de mesures générales relatives à l'impôt sur le revenu (IR), qui…

Plus de la moitié du cheptel normand est abattue hors région.
Viande bovine : la Normandie face aux mutations de la filière

Au Sia 2026, les allées réservées aux bovins étaient plus vides que jamais. Entre épidémies à répétition (MHE, FCO, DNC), la…

Jérémie Fleury, président de la Cuma du Bosmelet : « le fissurateur fait le boulot des vers de terre. Peut-être que dans dix ans, lorsqu’on aura retrouvé une population de vers de terre suffisante, on ne s’en servira plus. C’est notre but. Mais pour le moment, on ne peut pas faire sans. »
Casser les semelles de travail : fissurateur ou décompacteur ?

L’attention accrue portée à la structuration des sols conduit de nombreux agriculteurs à s’intéresser au fissurateur. Celui-ci…

En agriculture conventionnelle, rechercher l'autonomie alimentaire n'est pas toujours payant.
La culture du méteil en grains pas toujours rentable

Selon une étude réalisée au Ciirpo (Centre interrégional d'information et de recherche en production ovine), sur le site du…

Les ovalies.
Les Ovalies, un tournoi de rugby universitaire unique en Europe

La 31e édition des Ovalies va se dérouler les 8 et 9 mai prochains au stade Marcel-Communeau de Beauvais (Oise). L'…

Paul-Henry Langlois : « je ne suis pas stressé de nature. Quand je me lève le matin,  je me dis que je fais le plus beau métier du monde ».
Rencontre avec le nouveau président de JA Normandie

Paul-Henry Langlois vient de succéder à Emmanuel Roch à la présidence de JA Normandie. De la ferme du Château à Chavigny-…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole