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Vincent Andrieu, président de l'Afdi Normandie
« Il est nécessaire de s'enrichir les uns les autres, de partager valeurs  et connaissances pour contribuer au développement de nos sociétés »

Vincent Andrieu, nouveau président de l'Afdi Normandie, partage sa vision et ses ambitions pour cette organisation qui lie les agriculteurs français et les paysans du Sud. Retraité de l'agriculture, il se consacre désormais à promouvoir cette association dont l'objectif est de renforcer les liens de solidarité internationale à travers le partage de savoirs.

Vous avez été élu président de l'Afdi Normandie il y a quelques semaines. Pouvez-vous vous présenter et nous dire ce qu'est l'Afdi (Agriculteurs français et développement international) ?

" Ancien exploitant d'une ferme en polyculture-élevage laitier en Seine-Maritime, aujourd'hui à la retraite, je me consacre désormais à la présidence de l'Afdi Normandie dont j'étais le vice-président depuis janvier 2019. Auparavant, j'ai consacré plus de 25 ans de ma vie professionnelle aux organisations d'élevage, présidant notamment la Fédération nationale du contrôle laitier pendant 13 ans. Cela m'a conduit à siéger à l'Institut de l'élevage et à d'autres commissions et ateliers spécialisés."

" L'Afdi est une association qui regroupe des membres des organisations fondatrices - la FNSEA et JA, les Chambres d'agriculture, la Confédération nationale de la mutualité, de la coopération et du crédit agricoles, etc. - et des adhérents à titre individuel. Elle a pour vocation à nouer des liens avec des organisations paysannes dans des pays du Sud pour les accompagner dans leur propre développement et venir concrètement en aide aux hommes et aux femmes qui travaillent la terre. Nos projets sont en partie financés par l'Agence française de développement (AFD) et Agricord (association de coopération internationale), avec des coopératives comme les Maîtres laitiers du Cotentin et Innoval, ainsi que des partenariats éducatifs avec des établissements d'enseignement agricole (UniLaSalle, lycée agricole et agroalimentaire d'Yvetot) et des projets de commerce équitable. "

Pourquoi vous êtes-vous engagé dans l'Afdi ?

" Mon engagement à l'Afdi est relativement récent. Avec la retraite, j'ai eu plus de temps pour m'y consacrer. J'ai succédé à Jean-Pierre Bourban pour assurer la continuité de l'association et renforcer les liens avec les organisations professionnelles agricoles. Il est crucial que nos interlocuteurs soient impliqués dans la production pour mieux comprendre les défis des paysans du Sud. "

Quels sont vos objectifs pour l'Afdi Normandie ?

" L'une de mes préoccupations est de renforcer les liens avec les membres fondateurs de l'Afdi pour redynamiser le tissu des volontaires avec des forces neuves.

Nous devons aussi renforcer nos liens avec les organisations paysannes dans les pays du Sud. Nos missions actuelles incluent des partenariats au Burkina Faso et au Cambodge, avec des projets axés sur la production laitière, de volailles et le maraîchage. Notre partenariat avec le Mali a quant à lui été interrompu après le coup d'État. "

Quels défis avez-vous rencontrés dans ces partenariats ?

" Les conditions géopolitiques compliquent souvent nos missions. Par exemple, au Burkina Faso, bien que nous maintenions des liens, il est difficile de mener des missions sur le terrain en raison de la situation diplomatique. Pourtant, ces expériences nous montrent l'importance de tisser des liens avec les paysans locaux pour une compréhension mutuelle et un développement durable. "

Quels sont les dossiers en cours ?

" Nous avons un projet de partenariat économique responsable avec Madagascar pour fournir des épices dans un cadre de commerce équitable. Une autre initiative concerne la réflexion sur les exportations de lait, notamment les poudres de lait, qui concurrencent les producteurs locaux en Afrique de l'Ouest. Nous sensibilisons aussi les jeunes dans les établissements agricoles en Normandie à ces enjeux. "

Quels sont vos prochains projets ?

" Une mission à Madagascar est prévue en octobre, et un voyage découverte au Cambodge en novembre pour sensibiliser nos membres et les encourager à devenir actifs. Nous espérons aussi renforcer un partenariat éducatif entre une école du Burkina et une autre en Normandie. "

Comment expliquez-vous votre engagement pour le développement agricole international ?

" J'ai toujours eu une sensibilité pour le développement et l'autonomie des agriculteurs. Mon engagement a été renforcé par celui de l'un de mes trois enfants qui travaille dans l'humanitaire en Patagonie (Argentine) depuis 20 ans. Avec les membres du conseil d'administration et ceux du bureau de l'association, notre objectif est de transmettre non seulement des savoirs, mais aussi une méthodologie de développement auprès des organisations paysannes du Sud. "

Quelles sont les ressources humaines et financières de l'Afdi Normandie ?

" Nous fonctionnons beaucoup grâce au bénévolat. Nous avons une animatrice à temps plein. Nous avons une part de financements de nos partenaires et coopératives précédemment cités. Nous avons aussi des fonds de sociétés agroalimentaires qui œuvrent au développement entre écoles Nord-Sud. Nous travaillons ainsi à un projet d'échange entre une école du Burkina Faso et une école de Bretteville-du-Grand-Caux, avec l'espoir de recevoir des fonds de la Fondation Bel. "•

Propos recueillis par Mélina Taullé

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