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Objectif vêlage rapide, bon colostrum et pas de maladies

Lors des réunions d’hiver du GDMA 76, Martine Vanbelle a rappelé l’importance d’avoir des veaux qui démarrent bien dans la vie. Beaucoup de choses se jouent trois semaines avant le vêlage.

Distribution du colostrum.
Distribution du colostrum.
© G. Lefevre - J.-M. Nicol/Réussir SA

« En Seine-Maritime, le taux de mortalité des veaux est de 7 % entre 0 et 30 jours. En incluant les avortements, au niveau national, un veau sur dix meurt avant l’âge de six mois en allaitant, et en laitier, c’est un sur huit », rappelle la vétérinaire Martine Vanbelle lors des réunions hivernales du GDMA 76. La diarrhée et la mortinatalité sont les deux principales causes de mortalité.

Contrôler la situation sanitaire

Les problèmes de reproduction et d’avortement peuvent provenir de la situation sanitaire du troupeau. Il est donc intéressant d’effectuer un bilan pour écarter la présence de maladie ou de parasitisme.

« S’il y a des problèmes de diarrhée sur les jeunes veaux dans le troupeau, il existe un vaccin en cas de virus ou de colibacille, efficace et facile à employer : à faire entre trois mois et trois semaines avant le vêlage. Le colostrum sera enrichi en anticorps contre les diarrhées ».

Veiller au bon état corporel des taries

« Pour les éleveurs laitiers, il est bon de savoir que 80 % des problèmes viennent d’un défaut de préparation des taries. Les trois semaines avant le vêlage conditionnent un vêlage dans de bonnes conditions et un colostrum de bonne qualité », précise Martine Vanbelle.

L’éleveur doit veiller au bon état corporel de ses vaches : trois semaines avant le vêlage, sur une laitière, il faut viser une note à 3-3,5 d’état corporel. Sur une allaitante, il faut viser autour de 2,5-3.

« Si les vaches sont trop maigres, il peut y avoir des problèmes de non-délivrance et de métrites. Si elles sont trop en état, ce sont des problèmes de vêlages qui traînent, d’œdème mammaire, de non-délivrance… Une vache trop grasse dépose du gras dans le vagin et mécaniquement le vêlage se passera moins bien ».

Une ration énergétique

Les laitières et génisses doivent être mises en ration de préparation trois semaines avant le vêlage. La vache tarie mange moins, il faut donc veiller à éviter le déficit énergétique.

« Il faut des fibres dans la ration pour un volume ruminal suffisant, des protéines pour faire des anticorps, ainsi que des oligo-éléments et des vitamines qui interviennent dans la fabrication d’anticorps que l’on retrouve dans le colostrum ».

Des études ont montré qu’il y a des non-délivrances plus fréquentes quand le taux de calcium est un peu bas. Mais il n’est pas conseillé d’apporter trop de calcium dans la ration des taries : elles ne mobilisent plus leur propre calcium et risquent d’être en hypocalcémie au moment du vêlage.

Le bilan alimentaire cation-anion (Baca) est une approche précieuse pour atteindre l’équilibre acido-basique au niveau sanguin. Au tarissement, il doit être plutôt bas (- 50 à - 100 meq/kg de ration) pour éviter les problèmes métaboliques et de fièvre de lait, de vêlage qui traîne, de non-délivrance, de renversements de matrice. Le Baca se corrige, et peut s’équilibrer avec d’autres minéraux quand il est déficitaire.

Équilibrer le Baca

Les mesures de pH urinaire sur des vaches en lot de tarissement sont un bon indicateur de Baca. Si on veut un Baca bas, il faut un pH urinaire en dessous de 7. Très souvent sur les rations des taries, le pH est à 8.

L’herbe apporte un Baca élevé, un enrubannage fait au moment de la floraison, un ensilage riche ou un foin très riche également. Pour les allaitantes, avec de l’enrubannage de foin riche en Baca par exemple, il faut complémenter avec des aliments pauvres en Baca, du colza, du blé, ou du maïs grain.

« Il n’est évidemment pas possible de changer la composition de l’herbe, mais on peut jouer sur les minéraux : la complémentation en chlorure de magnésium 15 jours avant vêlage sur une base de 50-60 grammes par vache peut être utile pour favoriser l’aptitude au vêlage et la santé de la vache ».

Taries bien logées

Une vache gestante a besoin de plus de place, 10 m2 minimum par vache et surtout au moins 10 cm de paille. Idéalement, il faut prévoir des logettes plus longues pour les gestantes pour qu’elles puissent bien se lever et aller manger. Elles doivent être installées dans le coin le plus frais du bâtiment. Au besoin, il convient de prévoir une ventilation. Si elles sont dehors, il faut veiller à les mettre à l’ombre s’il fait chaud.

Le colostrum, seule source d’anticorps au début de la vie

Le colostrum contient des taux de matières grasses (6,7 % contre 4 % dans le lait), des vitamines qui apportent de l’immunité (295 ug/dl de vitamines A contre 34 dans le lait) et des protéines (14 % contre 3,1 % dans le lait). Toute cette richesse permet au veau d’être vigoureux. « Le colostrum a aussi un effet laxatif qui permet de faire sortir le méconium ».

En laitier, l’idéal est que le veau boive au moins 4 litres de colostrum dans les six premières heures de sa vie et au moins 2 litres dans les deux premières heures.

Le colostrum est la seule source d’anticorps pour le veau. Il est donc intéressant de mesurer sa qualité nutritionnelle avec un réfractomètre pour savoir s’il y a assez de protéines et de minéraux. On doit viser une valeur au-dessus de 25 (50 g IgG/l) en laitier. En allaitant, on vise 30 (100 IgG/l). La qualité varie avec la durée du tarissement qui doit être d’au moins 35 jours.

Le colostrum perd en qualité lors d’un vêlage difficile car les anticorps se dégradent. Dans des situations particulières, cela peut être utile de congeler du colostrum.•

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