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L'implantation du tournesol

Après la période pluvieuse de ces derniers mois, les conditions météorologiques semblent prendre une tendance plus propice permettant d'envisager enfin les chantiers de préparation des sols pour l'implantation du tournesol. Terres Inovia fait le point sur les éléments à prendre en compte.

La phase d'implantation du tournesol est un moment déterminant dans la réussite de la culture et la mise en place de son potentiel. L'objectif du travail du sol avant le semis est d'éviter les obstacles à la levée mais aussi à l'enracinement.

La structure du sol joue un rôle primordial dans la réussite du tournesol, à deux niveaux (voir le schéma ci-dessus) :

  • le lit de semences de l'horizon 0-8 cm doit permettre la bonne levée de la culture : la qualité du lit de semences conditionne le positionnement de la graine et les conditions physiques au voisinage de la graine. L'objectif est d'obtenir un horizon avec une majorité de terre fine rappuyée, et pas trop de résidus, pour favoriser le contact terre-graine. Selon les types de sol, l'enjeu est différent :
  • dans les sols argileux, l'enjeu est d'éviter de créer trop de mottes du fait d'un travail effectué dans des conditions trop humides ;
  • dans les sols sensibles à la battance, afin d'éviter les obstacles à la levée, l'enjeu est de trouver un équilibre entre terre fine et mottes, d'éviter un excès de terre fine, et de positionner les mottes en surface et la terre fine en dessous. Attention à la gestion des résidus de couverts qui doivent être suffisamment bien répartis pour éviter la gêne à la levée et contribuer à limiter les risques de battance et d'érosion ;
  • l'horizon 8-20 cm doit favoriser le bon enracinement et donc la nutrition de la culture par un bon état structural.

Le système racinaire du tournesol est pivotant, potentiellement profond, d'où l'importance de ne pas limiter sa croissance en profondeur, afin de valoriser ce potentiel pour maximiser sa capacité à prélever l'eau et les nutriments du sol. Il est toutefois très sensible aux accidents structuraux : mottes ou zones tassées, lissages ou semelles de travail du sol entraveront la progression du pivot.

Adapter les situations au contexte humide

Les travaux de préparations de sol qui vont être effectués dans les prochains jours devront être réalisés dans des conditions permettant d'atteindre les objectifs cités ci-dessus. Selon le type de sol, la gestion de l'interculture et les conditions de température, la durée de ressuyage des sols permettant de rentrer dans les parcelles sans risque de tassement par le passage des outils pourra être plus ou moins rapide. L'observation sera primordiale avant de décider la moindre intervention de travail du sol, en prenant en compte les éléments suivants :

  • observer l'état structural et niveau de ressuyage sur l'horizon 0-20 cm : au-delà de déterminer la profondeur nécessaire du travail du sol, il sera très important cette année de jauger de l'état d'humidité du sol. En fonction du type de sol, un travail d'ouverture de l'horizon de surface pourra être nécessaire afin d'accélérer le processus d'évaporation et de ressuyage du sol ;
  • s'adapter à la couverture des sols : dans de nombreuses parcelles, les couverts végétaux n'ont pas pu être détruits ni mécaniquement, ni chimiquement. En fonction du développement du couvert encore en place, Il faudra adapter le premier passage d'ouverture des sols en y ajoutant l'objectif de destruction et de mulchage des couverts végétaux. Dans les situations avec forte présence de graminées non détruites et développées (ray-grass et vulpins), une destruction chimique pourra être nécessaire avant le travail du sol si le risque de repiquage après le semis s'avère trop important malgré les conditions pouvant être favorable à l'assèchement de surface ;
  • évaluer la consistance du sol lors de toute intervention de travail du sol : il est important de travailler des sols ressuyés, à consistance friable sur l'horizon ou le profil travaillé. La grille de décision (ci-contre) peut aider dans l'évaluation de cette consistance. Le travail en conditions plastique est à proscrire. Il est possible de travailler en conditions semi-plastiques si les mottes s'émiettent en majorité et si la formation de boulettes reste minime, notamment pour les travaux d'ouverture en sol argileux ;
  • éviter un assèchement des mottes en sol argileux : en cas de passage en conditions de sol à tendance semi-plastique, certaines mottes un peu plus humides peuvent se former en fonction du type d'outil utilisé. Afin d'éviter ce phénomène, privilégier les outils à dents fines et légères sans rouleau. En cas de conditions climatiques séchantes après l'intervention de travail du sol (température élevée ou risque de vent d'est), l'opération d'affinement de l'horizon travaillé devra être réalisé assez rapidement pour palier au risque d'obtenir des mottes qui ne pourront plus s'émietter, et qui pourraient nécessiter un passage pluvieux afin de favoriser leur affinement.

Préparer le sol

Quelle que soit la situation, la finalité recherchée est la même : faire en sorte que la préparation du sol contribue à la réussite du semis. Cette réussite peut être évaluée au regard de plusieurs "indicateurs", liée à la qualité des opérations réalisées durant la phase de préparation :

  • ne pas avoir dégradé la qualité structurale du sol : tassement par les passages des outils en conditions trop humides ;
  • obtenir un lit de semences favorable : au moins autant de terre fine que de mottes en surface ;
  • éviter la présence de résidus végétaux dans le sillon et sur le rang selon la gestion des couverts végétaux ;
  • obtenir une parfaite fermeture du sillon ;
  • semer sur un sol propre, en particulier indemne de graminées ;
  • semer à une profondeur homogène et conforme à l'objectif.•
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