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Journée allaitante chez un jeune éleveur en bovin charolais

La journée allaitante s’est déroulée le 21 novembre à Gommerville, chez Nicolas Delaune. Installé depuis 2014 sur l’exploitation familiale, il a mis en avant la recherche de l’efficacité technique.

Pour épauler un jeune sur son installation en élevage allaitant, de nombreux partenaires peuvent intervenir. La chambre d’agriculture qui instruit les dossiers est l’organisme pilote. Avec le centre de gestion le jeune parlera de résultats et d’analyse du risque. Le banquier quant à lui sera très attentif à la réflexion menée sur le poste charges, sur les débouchés et sur l’élaboration d’un prévisionnel de trésorerie. Littoral Normand, Groupama, Origen plus, la Msa, Cap Seine, Elvea 27 et 76 sont également des partenaires.
Ils sont tous intervenus lors de la journée allaitante du 21 novembre à Gommerville, chez Nicolas Delaune, installé depuis 2014 sur l’exploitation familiale avec une troupe de race charolaise.

La productivité déterminera la marge
Romain Fréville, conseiller bovin viande à la chambre d’agriculture, spécialisé en installation, a présenté les différents dispositifs d’aides qui existent aujourd’hui : « Nous accompagnons les porteurs de projet dans la réalisation de l’étude technique, en tenant compte des souhaits de l’éleveur, du potentiel de l’exploitation et de l’environnement. Le projet doit être cohérent, c’est-à-dire économiquement viable et vivable. Au niveau de l’étude technique, nous regardons principalement la productivité car les kilos produits détermineront les niveaux de marge. Le jeune doit comprendre que ce n’est pas le prix de vente au kilo vif qui fait la marge mais la productivité de l’élevage ».
En système naisseur, une marge brute (hors aides) peut varier entre 750€/vache et 114€/vache, soit une différence de 639 euros par vache ! Sur un troupeau de 59 vaches, l’éleveur peut perdre jusqu’à 38 000 euros. Cette perte s’explique à 70 % par la différence de productivité et à 30 % par la différence de charges alimentaires. La réalisation technique en amont prend tout son sens.

Plan prévisionnel de budget de trésorerie
Après la partie technique, il faut construire l’étude économique et de faisabilité : « Le point essentiel est de regarder le besoin en trésorerie et les besoins en fonds de roulement. En général, il faut 2 à 4 versions avant l’envoi du projet à la banque », précise Romain Fréville.
Le jeune une fois installé n’est pas abandonné dans la nature. La chambre d’Agriculture assure un appui administratif et technique durant les mois qui suivent. Elle lui propose de mettre en place un plan prévisionnel de son budget de trésorerie sur douze mois. « C’est très important par exemple  pour négocier un court terme avec son banquier ».
En effet, ce dernier n’aime pas avoir le dos au mur rappelle Lionel Legru, du Crédit Mutuel. « On regarde l’historique de l’exploitation, les débouchés, les économies sur la conduite du troupeau et sur les charges. Nous regardons aussi le degré d’autonomie de l’éleveur, son niveau de dépendance vis-à-vis de la banque et de ses autres fournisseurs ».

Bien connaître son prix de revient
Pour Claude Bourigault, spécialiste des systèmes élevage au CerFrance, la stratégie gagnante à l’installation est de bien appréhender le coût de production. « Connaître son prix de revient donne plus de crédibilité pour défendre son prix de vente et son revenu. Le Cer a développé une méthode de calcul avec une clé de répartition permettant d’affecter les charges sur les différents ateliers ».
Le jeune doit comprendre que l’efficacité technique prime sur le prix. Les facteurs clés de réussite sont en premier lieu la productivité par la surveillance des vêlages et de l’élevage, la génétique pour améliorer l’indice de consommation et la conformation, la croissance des broutards, la valorisation les ressources fourragères de l’exploitation, des investissements limités, l’optimisation de l’alimentation hivernale en utilisant des co-produits…
Enfin, pour Claude Bourigault, « bien connaître son interlocuteur est très important. Je m’intéresse au degré d’implication du jeune car il n’est pas question de construire le projet à sa place. Nous sommes là pour l’accompagner dans sa construction ».

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