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Pour une production de lin en quantité et en qualité

Pour le devenir de la filière, il sera fondamental de récolter de la graine de lin en quantité cette année. Tel est le message délivré durant l'assemblée générale de l'AGPL qui s'est tenue dans l'Eure. 

L'assemblée générale de l'Association générale des producteurs de lin (AGPL) s'est déroulée le 16 mai à Évreux (Eure), sous la présidence de Bertrand Gomart, avec la présence d'Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, Giacomo Guala, expert du Copa-Cogeca, Kristina Pluchet, sénatrice de l'Eure, et Simon Babre, préfet de l'Eure.

Le président a souhaité placer cette assemblée générale sous le signe de la production de fibres et de semences de lin en quantité et en qualité. Convaincu que l'enjeu de production est basé sur le collectif, il souhaite mobiliser toutes les forces vives sur le terrain.

Un groupe de travail autour des semences

La première mobilisation des acteurs de la filière doit se faire rapidement autour de la production de graines. Le conseil d'administration s'inquiète du manque de semences. Suite à des récoltes insuffisantes ces dernières années et à l'augmentation des surfaces en lin textile en France, les stocks de semences sont épuisés. Aujourd'hui, les liniculteurs sont appelés à se mobiliser autour de cette problématique. " La sécurisation de la production de semences de lin est l'un des enjeux majeurs de la pérennité de la filière et passe par la mobilisation de tous ", a déclaré Lucie Morgand, administratrice AGPL, linicultrice et multiplicatrice dans la Somme.

Les besoins en semences ont été multipliés par trois en 15 ans mais durant cette période, les moyens de production ont peu évolué.

Le faible coefficient multiplicateur de cette plante (120 kg/ha semés donnent environ 600-700 kg de graines) a été rappelé par Franck Brygo de la société semencière Brygo basée à Warhem (59) : " il faudrait 25 % de la surface totale de lin en production de semences pour assurer l'approvisionnement en semences ".

Un groupe de travail s'est constitué au sein de l'AGPL, composé de producteurs et multiplicateurs qui réfléchissent à des solutions possibles pour assurer une production de graines suffisantes : élargir le panel des moyens de récolte de la semence (fauchage, andainage, stripper...), embaucher dans les teillages des techniciens dévoués à la gestion des semences, augmenter les surfaces dédiées avec un accompagnement et une valorisation... La problématique vient également des machines de récolte qui ne sont pas assez nombreuses.

Les constructeurs sont sollicités mais l'AGPL souhaite mobiliser linicultrices et liniculteurs pour mettre en œuvre des moyens et méthodes adaptés pour produire de la semence et assurer les emblavements 2025.

La filière a donc besoin d'augmenter ses surfaces de multiplication. Elle aura également besoin d'aides régionales pour investir dans des matériels de récolte performants.

En matière de sélection variétale, les semenciers travaillent sur la production grainière. Aujourd'hui, toutes les lignées sont testées pour leur production de graines.

Une filière qui a confiance en elle

Cette assemblée générale s'est malgré tout déroulée dans un esprit particulièrement positif. " La bonne santé de notre filière n'est pas due au hasard de la météo ou d'une conscience écologique mondiale, mais surtout à l'organisation et la structuration de notre filière pour faire connaître le lin et ses atouts ", a tenu à préciser Bertrand Gomart.

C'est le travail de l'organisation européenne Alliance qui a présenté ses actions de promotion auprès des grandes marques de la mode et le développement de la certification European Flax, garantie de traçabilité pour la fibre cultivée en Europe de l'Ouest.

C'est aussi le travail d'Arvalis dont le budget vient d'être multiplié par deux par l'Interprofession (Cipalin) afin de pousser les recherches autour du changement climatique et accélérer la recherche variétale.

C'est également la formation sur la conduite des machines de récolte, arracheuses, retourneuses et enrouleuses, service proposé par l'AGPL pour une récolte de qualité.

Enfin, c'est le savoir-faire des liniculteurs, des multiplicateurs, des partenaires teilleurs qui a été salué par Arnaud Rousseau : " Quel bonheur d'être devant une filière qui a un avenir, qui a des débouchés, qui a confiance en elle, où les agriculteurs ont conscience qu'ensemble ils arrivent à créer de la valeur ! "

Le préfet de l'Eure, Simon Babre a, quant à lui, réaffirmé que l'État sera avec la filière lin pour financer des projets innovants. Il a rappelé l'existence du plan d'investissement "France 2030" qui doit aider l'industrie à investir massivement dans les technologies innovantes. " Je souhaite que dans le collectif dont nous avons beaucoup parlé durant cette assemblée, l'État soit inclus ", a-t-il conclu.•

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