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Dons agricoles : les agriculteurs solidaires participent à l’antigaspi alimentaire

Que ce soit un excès de production, des déconvenues de commercialisation ou par pur altruisme, le don alimentaire est une réelle solution pour réduire le gaspillage alimentaire et permettre à tous de bénéficier d’une alimentation saine. Vous êtes sensibles à la solidarité et prônez le bien-manger pour tous ? Pourquoi ne pas faire un don ? Explication.

 

7 %, c’est le taux d’inflation mesuré en 2022. À cette heure où le pouvoir d’achat des Français semble être en grande difficulté, les demandes d’aides alimentaires ont augmenté de plus de 30 % en une année, c’est pourquoi il est important de réduire au maximum les gaspillages de denrées alimentaires, notamment les pertes de produits bruts agricoles. C’est là que peuvent intervenir les dons agricoles.

Un facilitateur avant tout

Les dons agricoles permettent aux agriculteurs d’écouler d’éventuels excès de production ou de pallier un manque de débouchés ponctuels tout en permettant au producteur de limiter les pertes que la destruction de ces denrées aurait engendrées. Cela vous semble difficile à gérer et à organiser ? L’association Solaal propose des solutions.
« Solaal signifie “Solidarité des producteurs agricoles et des filières alimentaires”, raconte Jean-Michel Hamel, président de l’association Solaal Normandie et secrétaire général de Solaal National. Il s’agit d’une association d’intérêt général dont la mission est de faciliter les dons agricoles. Depuis 2013, date de sa création, l’association nationale organise ces dons. La structure a vu le jour lors de la crise des concombres contaminés par la bactérie E. Coli en Allemagne. Les concombres français étaient sains, mais les consommateurs n’en voulaient pas. C’est alors que Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, a fondé Solaal, afin de distribuer ces produits aux personnes qui sont dans le besoin ».
L’association a pour vocation de renforcer et de faciliter les dons agricoles et d’équilibrer les apports aux différentes banques alimentaires.

La déclinaison régionale

Solaal Normandie existe depuis 2021. Les produits concernés sont à 99 % des produits frais, ce qui nécessite une action rapide et efficace pour garder l’intégrité sanitaire des produits. Depuis sa création en 2021, Solaal Normandie, c’est 723 tonnes de produits donnés, soir 1,4 million équivalent repas.

Comment cela fonctionne-t-il ?

D’abord il faut déclarer l’intention de don. Il y a plusieurs options pour le faire : par téléphone directement à la plate-forme, ou via Internet et l’application : dons.solaal.org.
Pour déclarer le don, il suffit de donner la description du produit, les quantités, les conditionnements, et si vous souhaitez ou non gérer le transport. Solaal prend ensuite le relais. Elle va traiter votre offre et la soumettre aux associations de banques alimentaires. Une fois les bénéficiaires trouvés, l’agriculteur est consulté pour accord.
Enfin, Solaal organise la logistique. Dans la plupart des cas, les frets sont organisés par l’association qui s’assure de faire récupérer, par des bénévoles équipés de mode de transport adéquats, les denrées périssables.
La fragilité des denrées nécessite une réaction rapide du producteur à déclarer le don, comme de l’association pour redistribuer les produits.
Solaal s’occupe aussi du service après-don en accompagnant le producteur sur l’attestation de don, ainsi que sur le calcul de la réduction d’impôt à laquelle vous pouvez prétendre. Cette réduction représente 60 % du coût de revient des produits donnés, dans la limite de 20 000 euros ou de 0,5 % du chiffre d’affaires.
Si vous êtes non imposable, la réduction est valable durant cinq exercices, de même que si le plafond est dépassé, le différentiel peut se voir étalé sur les cinq exercices suivants.
Les dons agricoles peuvent également prendre la forme de glanage solidaire afin d’éviter de perdre le fruit de son travail.
En effet, parfois les produits sont encore dans le champ, soit par manque de temps et de moyens pour récolter, soit après récolte, certains produits tombent et restent sur place. Solaal a mis en place une convention de glanage solidaire qui oblige les parties à respecter des conditions de bonne réalisation du glanage. Le donateur n’a qu’à donner les instructions de récolte de ses produits aux glaneurs. Les associations d’aides alimentaires sont volontaires et sont accompagnées parfois d’établissements scolaires agricoles (lycées, écoles supérieures, MFR, etc.).
Comme le dit très justement Jean-Michel Hamel, également producteur de lait dans la Manche et pratiquant le don de lait : « C’est par conviction personnelle et parce que c’est dans mon ADN de donner que j’appelle mes collègues à donner, eux aussi, une partie de leur production lorsque c’est possible. Chacun d’entre nous peut être confronté à de grandes difficultés ponctuelles à un moment de sa vie. Si chacun donnait une petite partie de sa production, les associations ne seraient plus en difficulté pour nourrir les personnes qu’elles accueillent et distribueraient des produits locaux. De plus, mettre en avant la générosité du monde agricole permet de donner une image positive de notre métier ». •

 

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