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Quelle gestion des aléas climatiques pour la culture du lin ?

L'AGPL et la section lin de la FNSEA 76 ont clôturé la campagne nationale des Hivernales à Bois-Guillaume.

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Les teilleurs ont fait une démonstration de jugement de la qualité du lin.
© Laurence Geffroy

 

Les réunions hivernales de l'AGPL se terminent. L'association générale des producteurs de lin a achevé sa tournée à Bois-Guillaume le 20 février sur le thème des aléas climatiques.
D'un côté, il y a une plante qui a une faible tolérance au stress, qui ne compense pas comme une céréale. De l'autre, il y a un constat d'excès d'eau ou de chaleur de plus en plus fréquent.
Pour le producteur, les périodes délicates se situent à la fin mai avec le risque verse puis au moment de la récolte. Le respect d'une rotation de 6-7 ans, le bon choix de variétés en fonction du terroir et un matériel de récolte performant sont les principaux leviers à disposition du liniculteur.
Une faible tolérance au stress
Pour le teilleur, la gestion des flux d'approvisionnement et des stocks sont les principaux outils en cas d'aléas climatiques. « Nous avons fait le choix de nous approvisionner sur des zones de production différentes pour limiter l'impact d'un excès d'eau ou de chaleur sur l'ensemble de notre approvisionnement », explique Vincent Depestel. Pour ce qui est de la gestion des stocks, la réflexion menée aujourd'hui sur le stockage des pailles chez les liniculteurs risque de paraître dirigiste mais sera nécessaire s'il y a une période de crise.
Les outils d'aide à la décision ont également un rôle à jouer. Delphine Cast, technicienne chez Arvalis, a rappelé la grille de risque verse et a présenté le nouvel outil Taméo qui intègre les spécificités climatiques de l'année sur le développement des plantes. D'ici 2020, l'outil sera combiné à Visio-Lin qui permet de connaître au jour le jour la somme des températures corrigées et prévoir les dates de floraison et d'arrachage.
« Le choix de la variété et le suréquipement sont importants mais on ne peut pas tout couvrir. C'est pour cela que les assurances climatiques existent depuis 10 ans » explique Eric Levasseur, conseiller de gestion au Cer Haute Normandie. Aujourd'hui, le taux de couverture de cette assurance représente 25% des surfaces de grandes cultures en France. En Seine-Maritime et dans l'Eure, ce taux est de 44%.
Bertrand Gomart, président de l'AGPL, est assuré depuis 2007. Pour lui, le risque de ne pas souscrire une assurance aléas climatiques est grand « il y a des épisodes climatiques extrêmes de plus en plus fréquents. L'AGPL a réussi à obtenir un barème de 1327 euros la tonne de lin teillé sur le contrat socle I avec une subvention de 65%. Cette assurance n'est pas parfaite mais c'est la plus adaptée pour le moment ».
Une assurance à la carte ?
L'AGPL se penche aujourd'hui sur l'assurance indicielle. Elle a invité Antoine Peenaert secrétaire général de l'UNPT, pour qu'il explique ce système dont peuvent bénéficier aujourd'hui les producteurs de pommes de terre fraîches.  « Pour la pomme de terre, nous avons élaboré avec meteo-protect un système paramétrique qui gère les excès de froid, de gel, de chaleur ou de pluie ». C'est une assurance à la carte qui fixe à l'avance la somme qui sera versée à l'assuré en cas de survenance d'un événement précis. Par exemple, dans le cas de la pomme de terre, il peut être décidé que pour une pluviométrie inférieure à 30 mm entre le 10 juillet et le 20 août, le producteur touchera une somme déterminée, correspondant au déficit de rendement. « Une fois la période en question terminée, la station météo la plus proche communique la pluviométrie. C'est cette information qui fera fois pour le déclenchement ou non de l'assurance et non le manque de rendement ».
L'assurance indicielle ne nécessite pas l'intervention d'experts pour évaluer les dommages, ce qui permet de limiter les tarifs et d'accélérer le processus d'indemnisation. Pour Bertrand Gomart, cela pourrait être un bon outil complémentaire pour couvrir des périodes de risque pour le lin.

La récolte 2017
98 000 hectares semés en France
Une récolte moyenne de 6 tonnes de paille par hectare et 1,25 tonne de fibres longues par hectare.
Une richesse moyenne, environ 12,5 balles par hectare.
La récolte 2017 est globalement de bonne qualité. Peu de fibres courtes et des fibres longues de qualité diverses - bonne finesse.
Les prix se maintiennent car la qualité de la récolte 2017 est bonne. Le prix moyen s'établit à 2,10 euros/kg.
Avec une consommation mondiale plutôt stable d'environ 137 000 tonnes de fibres longues, la production de la Belgique, de la France et des Pays-Bas colle à la demande depuis trois ans.
Le prix du fil de lin en sortie de filatures chinoises a baissé depuis un an sans que le prix de la fibre longue européenne en soit affecté durant la même période.
Source AGPL

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