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Le tassement du sol, un levier qui a toute son importance

Les conséquences du tassement sur le sol sont multiples. D’une part, il impacte le développement des cultures jusqu’à réduire leur rendement dans certaines situations et d’autre part, il réduit l’oxygène utile à son activité biologique.  

« Un sol travaillé est plus sensible au tassement parce que sa porosité ne résiste pas de la même manière qu’une porosité naturelle et plus verticale, indique Vincent Tomis, chargé de projet chez Agro-Transfert Ressources et Territoires. Cette dernière est créée par les galeries de vers de terre mais aussi par l’alternance des aléas climatiques qui fissure le sol. Le travail du sol, même s’il est bénéfique à court terme, a tendance à abîmer cette porosité naturelle. Il faut donc trouver le bon compromis pour éviter les tassements du sol et conserver une activité biologique favorable au système. »

Adapter le gonflage à la situation

Le tassement du sol peut se définir comme le résultat d’une pression exercée sur une surface de contact, supérieure à la résistance du sol. Pour améliorer cette dernière et limiter le phénomène de tassement, il est préférable d’intervenir par temps sec sur sol ressuyé et d’adapter le poids à la roue. « La pression de gonflage est donc un levier à considérer, explique Vincent Tomis. Elle est liée au type de pneumatique, à la charge exercée sur le pneu et à la vitesse d’avancement Pour un travail du sol ou des opérations de semis, nous préconisons des pneumatiques gonflés à un bar, idéalement à 0,8 bar. Pour rappel, un pneu étroit qui contient peu de volume d’air n’est pas conçu pour une faible pression. »

Pour réduire cette pression exercée sur le sol, plusieurs solutions sont donc envisageables : l’utilisation de pneumatiques à grand volume d’air pour mieux répartir le poids de la machine, la diminution du gonflage pour affaisser le pneu et augmenter la surface de contact au sol ou le télégonflage pour adapter le gonflage au type d’usage.

Des pertes de rendement dues à un sol tassé

Lorsqu’il y a tassement, même sans travail du sol, les racines de la culture subissent des contraintes pour accéder aux ressources nutritives en profondeur. Selon le type de sol, ce phénomène peut impacter le potentiel de rendement, avec des répercussions économiques plus ou moins marquées selon la culture. « Dans les essais et sur des zones tassées, nous avons déjà mesuré des pertes de rendement de 30 % sur des cultures de maïs ou de pommes de terre et jusqu’à 25 % pour un blé de betteraves, indique Vincent Tomis. Dans ces conditions, le travail du sol peut donc s’avérer utile et économiquement justifié. Car même s’il représente un coût, il aide à retrouver une structure poreuse favorable pour la culture en cours et la suivante. »

 

Le pénétromètre, un outil qui presse une potentielle résistance 


Pour appréhender le tassement du sol, l’agriculteur peut se procurer une tige pénétrométrique (200 à 250 euros à l’achat). Elle s’utilise de novembre à avril sur un sol encore humide. Lorsque l’utilisateur ressent une résistance, il se trouve face à une potentielle zone de tassement. Il convient alors d’effectuer un diagnostic complémentaire par un test bêche ou un mini-profil 3D. Si la zone de résistance s’avère fissurée ou présente des galeries de vers de terre, alors les racines des cultures disposent de suffisamment de passages pour coloniser les horizons profonds. Le cas échant, le recours à un travail du sol est indispensable. Agro-Transfert Ressources et Territoires a observé que la présence de quatre galeries en profondeur sur un carré de 10 cm de côté suffit pour que les racines circulent correctement.
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