Aller au contenu principal

La production fromagère, une histoire de famille depuis 1965

Difficile de se passer du neufchâtel pour les fêtes de fin d’année. D’abord parce qu’il n’a pas d’égal et ensuite parce que derrière chaque “cœur”, se cache une histoire de la famille et un morceau du pays de Bray à préserver. 

Quand on évoque la production fromagère dans la famille Thillard, il faut remonter aux années 1965. À cette date, le neufchâtel n’est pas encore une appellation d’origine contrôlée mais l’exploitation fabrique déjà du fromage. Depuis, l’atelier de transformation ne s’est jamais arrêté, et la reconnaissance de l’AOC en 1977 ne va que le renforcer. Étienne Thillard, quant à lui, s’est installé en 1984, d’abord avec ses parents, puis avec son frère. S’il reconnaît ne pas trop s’intéresser à la production fromagère au début, préférant s’occuper du troupeau de vaches normandes, le départ de son frère à la retraite l’a contraint à mettre la « main à la pâte ». Au début avoue-t-il, « je préférais être sur la ferme. Avec le temps, j’ai appris à aimer fabriquer et mouler ces fromages à tel point que je laisse volontiers le soin des vaches à mon gendre désormais ». L’histoire de famille ne s’arrête en effet jamais chez les Thillard. En 2021, sa fille et son gendre rejoignent l’exploitation et font ainsi perdurer la tradition fromagère de la ferme. Car c’est bien la tradition et la pérennité du patrimoine qu’évoque Étienne Thillard quand on lui demande ce qui motive tous les membres de la famille à faire encore du neufchâtel. Bien sûr, la vente de fromage est une réelle diversification nécessaire pour cette exploitation de petite taille. « Avec seulement 70 vaches laitières et 160 hectares dont 60 ha en herbe, il nous serait difficile de vivre tous sans le neufchâtel », précise l’exploitant mais c’est « d’abord la passion pour ce fromage qui nous anime ».

Une fabrication fermière

Pour ce qui est du fromage, justement, Étienne Thillard est assez fier d’expliquer toutes les étapes de sa fabrication et plus encore de montrer que le moulage se fait encore à la main. « Nous ne sommes sans doute pas les seuls mais probablement parmi les derniers à mouler nos fromages à la main », explique Étienne alors même que Sylvie, sa femme, et Vanessa, sa nièce, réalisent des "bondes", l’une des formes reconnues par l’AOC (NDLR : six formes de neufchâtel existent : la bonde cylindrique, la double bonde, le carré, la briquette, le cœur et le gros cœur). « Depuis quelques années, on a réduit les quantités de sel apportés à nos fromages, pour répondre aux attentes de nos clients », explique Étienne Thillard.
Pour ce qui est de sa commercialisation justement, le marché local est évidemment prépondérant : les restaurants, des épiceries fines, la grande distribution, les fromageries telle que celle d’Isneauville par exemple, proposent des produits Thillard. Mais les fromages s’exportent aussi en dehors des limites du département, partout en France. Pour compléter leur gamme, et proposer un fromage à eux, les Thillard proposent un "malakof", à base de neufchâtel et enrichi de crème, et un "bray lin", toujours à partir de neufchâtel mais assorti de graines de lin. De quoi réaliser un joli plateau de fromages, 100 % brayon, sur lequel l’on pourrait aussi ajouter du graval, situé à quelques kilomètres de l’exploitation. •

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Principales mesures de la loi de finances 2026 : quels impacts ?

Comme chaque année, la loi de finances comporte son lot de mesures générales relatives à l'impôt sur le revenu (IR), qui…

Plus de la moitié du cheptel normand est abattue hors région.
Viande bovine : la Normandie face aux mutations de la filière

Au Sia 2026, les allées réservées aux bovins étaient plus vides que jamais. Entre épidémies à répétition (MHE, FCO, DNC), la…

Jérémie Fleury, président de la Cuma du Bosmelet : « le fissurateur fait le boulot des vers de terre. Peut-être que dans dix ans, lorsqu’on aura retrouvé une population de vers de terre suffisante, on ne s’en servira plus. C’est notre but. Mais pour le moment, on ne peut pas faire sans. »
Casser les semelles de travail : fissurateur ou décompacteur ?

L’attention accrue portée à la structuration des sols conduit de nombreux agriculteurs à s’intéresser au fissurateur. Celui-ci…

En agriculture conventionnelle, rechercher l'autonomie alimentaire n'est pas toujours payant.
La culture du méteil en grains pas toujours rentable

Selon une étude réalisée au Ciirpo (Centre interrégional d'information et de recherche en production ovine), sur le site du…

Paul-Henry Langlois : « je ne suis pas stressé de nature. Quand je me lève le matin,  je me dis que je fais le plus beau métier du monde ».
Rencontre avec le nouveau président de JA Normandie

Paul-Henry Langlois vient de succéder à Emmanuel Roch à la présidence de JA Normandie. De la ferme du Château à Chavigny-…

Les ovalies.
Les Ovalies, un tournoi de rugby universitaire unique en Europe

La 31e édition des Ovalies va se dérouler les 8 et 9 mai prochains au stade Marcel-Communeau de Beauvais (Oise). L'…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole