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École vétérinaire UniLaSalle : un cursus très en lien avec la profession

Cent jeunes sur 850 candidats ont été retenus pour intégrer la nouvelle école vétérinaire UniLaSalle
sur le campus de Rouen. Les premiers étudiants obtiendront le diplôme d’État de docteur vétérinaire en 2028.

Durant le premier semestre, les étudiants sont allés visiter une exploitation laitière, un haras et un centre médical.
© Unilasalle

La première promotion de la nouvelle formation vétérinaire d’UniLaSalle a fait sa rentrée en septembre dernier. Elle complète la formation de cette école polytechnique qui propose déjà un cursus d’ingénieur en agronomie, agroalimentaire et environnement.
Pour Caroline Boulocher, directrice du collège vétérinaire à UniLaSalle, il y a encore beaucoup de travail pour la mise en place de cette formation de six ans qui se déroule sur le campus de Rouen : le recrutement des enseignants, l’organisation du semestre académique à l’étranger en 3e année, la construction du centre hospitalier, la structuration de la formation clinique innovante…
Au niveau de l’encadrement, il y a un nombre d’élèves maximum par enseignant conseillé par l’Association des établissements européens d’enseignement vétérinaire (AEEEV). « Il nous faut environ 85 enseignants chercheurs dont 75 vétérinaires pour l’ensemble des 720 élèves qui occuperont l’école. Notre rythme de recrutement est de dix professeurs par an. Aujourd’hui, nous avons recruté sept vétérinaires et nous sommes en discussion avec cinq autres. Ces derniers doivent avoir un doctorat d’État ou avoir fait une spécialisation », précise Caroline Boulocher.

Double tutelle

La directrice du projet insiste sur la particularité de cette nouvelle école : sa relation contractuelle avec le ministère de l’Agriculture et le ministère de l’Enseignement et de la Recherche. « Ces deux tutelles auront un droit de regard sur ce que l’on va faire car nous avons une mission de service public. Nous sommes un établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général (EESPIG), à but non lucratif et nous serons audités par la Cour des comptes. Le management de l’école est en revanche, privé. Ce qui lui donne plus d’agilité dans la gestion du quotidien ».
54 % des nouveaux inscrits à l’Ordre national vétérinaire sont allés à l’étranger pour étudier. « Tout le monde est conscient qu’il faut changer les choses car il y a d’énormes besoins. Cependant, il y a eu beaucoup de craintes et de mauvaises informations au sujet de ce projet. Nous ne sommes pas à la solde des lobbies. Nous avons une obligation d’indépendance. Le fait de proposer quelque chose de nouveau depuis la création des écoles vétérinaires suscite l’inquiétude. Beaucoup de remarques ont été faites sur l’entrée en post-bac, jugeant que c’était plus méritant de faire une prépa. D’autres remarques ont été faites sur le coût des études ».
Caroline Boulocher rappelle donc que le coût de revient de cette formation est de 25 000 euros par étudiant et par an (équipements de pointe, système pédagogique innovant, gestion des matériels biologiques, salle d’anatomie…) et le coût de la scolarité est de 15 000 euros par an en moyenne.
Le gros investissement à venir est la construction du centre hospitalier sur le site, avec le soutien de la Région qui finance à hauteur de 20 millions d’euros.

Une nouvelle approche de la formation clinique

« À côté de ce centre hospitalier dédié aux animaux de compagnie et NAC (nouveaux animaux de compagnie), la différence avec les autres écoles vétérinaires sera la formation clinique des étudiants au sein de cliniques vétérinaires de profils variés. Les vétérinaires impliqués dans le dispositif seront formés à l’enseignement clinique. Ce système innovant semi-distribué est unique en France ».
L’école est donc actuellement en contact avec des cliniques à vocation plutôt rurale. Les vétérinaires seront formés à enseigner aux jeunes selon des objectifs pédagogiques précis. Le but est qu’ils soient confrontés au quotidien du vétérinaire. « Nous travaillons avec l’Ordre des vétérinaires pour mettre au point un cahier des charges sur ce partenariat. L’Ordre connaît bien le projet et est en totale interaction car nous répondons à un besoin ».

À l’aise dans leur vie professionnelle

Ce sont essentiellement des enseignants chercheurs de l’école d’ingénieur et des enseignants chercheurs vétérinaires qui ont délivré les cours du premier semestre de cette première année. Les matières enseignées étaient chimie, maths et physique, biochimie, santé des sols et écologie, avec un peu de génétique et d’anatomie.
Au deuxième semestre, un nouveau module va démarrer sur la connaissance de soi. « Nous voulons former des vétérinaires à valeur ajoutée qui sauront travailler en groupe, s’engager dans la profession et dans la transition écologique, communiquer avec les éleveurs, les propriétaires, les équipes, la société. Nous avons construit le cursus en laissant de la place à ce qui nous semble indispensable pour que nos futurs vétérinaires soient à l’aise dans leur vie professionnelle », précise Caroline Boulocher qui rappelle que beaucoup de vétérinaires quittent la profession avant 40 ans. « Il y a de nombreuses hypothèses à cela, c’est un métier exigeant, on peut se noyer sous la masse de travail et les demandes. Nous sommes aussi témoins de la souffrance animale. La clientèle ne comprend pas toujours la difficulté de l’exercice clinique. Les jeunes ont peut-être été trop sélectionnés sur leurs compétences intellectuelles et pas assez sensibilisés à l’importance du travail collectif ? ».

Avoir le sens du collectif

Emma Banach et Alexandre Boquet font partie des 100 jeunes qui ont intégré l’école en septembre.
« Je pense que ce qui a intéressé le jury du concours est que je sache bien dans quoi je m’embarque. Depuis plusieurs années, je fais des stages en clinique vétérinaire tous les étés. J’aimerais faire du mixte, j’aime beaucoup le contact avec les éleveurs. Le premier semestre s’est bien passé. Il y a du travail mais on peut garder une vie équilibrée à côté si on s’organise. Il ne faut surtout pas se laisser déborder », explique la jeune femme.
Alexandre a un parcours un peu différent des autres. « En terminale, je faisais des maths, de la physique et j’ai choisi maths expertes. J’ai deux passions, les animaux et les matières scientifiques. A priori avec mes choix au lycée, ce n’était pas évident mais je conseille à tout le monde d’y croire car le jury ne s’est pas arrêté qu’aux notes mais a aussi regardé ce qui est au fond de chacun de nous. Lors du concours, le comportement avec les autres et la capacité à raisonner ont été des points très importants », ajoute le jeune homme.
Si la première sélection se fait sur la capacité académique, le concours comporte une épreuve en équipe. « Nous attachons de l’importance à l’agilité d’esprit des étudiants, à leur curiosité… », précise Caroline Boulocher, directrice du collège vétérinaire.
L’admission en 1re année se fait via Parcoursup. Elle est réservée aux élèves de terminale préparant pour la première fois un baccalauréat pour 120 étudiants. Une procédure complémentaire permettra une admission en 2e année à titre exceptionnel pour 20 étudiants. Cette admission est réservée aux étudiants, bacheliers mention TB et B actuellement en prépa BCPST1, licence 1 PAS/LASS ou à dominante SVT, 1re année d’école d’ingénieur ou prépa ATS post-BTS productions animales.

 

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