Du confort et plus de productivité depuis l’arrivée des robots
À Lagesse, dans l’Aube, Jean-Baptiste Poinsot analyse le bénéfice de ses deux robots de traite Delaval achetés l’an dernier. En plus des 35 000 litres de lait supplémentaires collectés, l’éleveur a gagné en efficacité.
À Lagesse, dans l’Aube, Jean-Baptiste Poinsot analyse le bénéfice de ses deux robots de traite Delaval achetés l’an dernier. En plus des 35 000 litres de lait supplémentaires collectés, l’éleveur a gagné en efficacité.
Certaines y passent parfois quatre fois par jour. C’est dire si l’installation des deux robots de traite au sein du Gaec Croix Sainte-Anne l’an dernier a créé une petite révolution chez Jean-Philippe Poinsot. Associé avec ses parents et son oncle, l’éleveur aubois de Lagesse a souhaité remplacer la salle de traite « qui commençait à fatiguer. On s’est posé la question d’embaucher un salarié avec le départ prochainement de mon père à la retraite et de mon oncle dans quelques années. Trop compliqué à trouver et à garder », justifie l’éleveur. L’exploitation n’a pas voulu prendre le risque. Et puis, elle voulait gagner en potentiel lait et en hygiène de traite.
Jusqu’à quatre traites par jour
Leur choix s’est porté sur deux robots DeLaval de la série V300, capables de traire chacun 60 vaches par jour. Un investissement lourd, admet Jean-Baptiste Poinsot, mais un seul système ne suffisait pas. « Il nous fallait une souplesse d’utilisation », pointe l’agriculteur aubois. Entre l’extension du bâtiment, l’installation d’une nouvelle nurserie et les robots, l’exploitation a dépensé 500 000 euros.
Pour le rentabiliser, pas de secret, Jean-Baptiste Poinsot compte sur l’augmentation de la production de lait. Après 18 mois, force est de constater que le résultat est là. Les vaches, autonomes pour la traite, passent en moyenne 2,6 fois dans la salle, contre deux avec le système précédent. Certaines se font même traire jusqu’à quatre fois par jour. Dès qu’elles sentent la pression mammaire, elles entrent dans le parcours librement. En circulation libre, le robot est installé à proximité de la table d’alimentation pour encourager les vaches à s’y diriger naturellement. Une fois en place, elles peuvent manger leurs granulés pendant que le robot s’occupe tout seul, avec son bras articulé, d’abord de nettoyer les mamelles automatiquement sans intervention humaine, puis de collecter avant la pose d’un produit dit barrière sur le sphincter à l’issue de la traite.
« Beaucoup de surveillance »
Entre août 2024 et cette année, l’exploitation a gagné 35 000 litres de lait pour une centaine de montbéliardes, prim’holstein et brunes.
Jean-Baptiste Poinsot le reconnaît : il a aussi gagné en confort de travail. Fini les contorsions pénibles pour accéder aux trayons. L’appareil lui apporte aussi en direct quantité d’informations sur l’écran de contrôle et sur son téléphone. « Je vois par exemple quelles vaches ne sont pas encore passées et je peux les pousser manuellement vers le robot », ajoute l’éleveur. Il peut suivre aussi la production par vache, la production moyenne par jour ainsi que son évolution.
Mais il avoue ne pas passer moins de temps pour autant. « On est moins dans la manipulation, c’est moins contraignant physiquement mais c’est beaucoup de surveillance. » L’achat de ces deux robots DeLaval lui permet cependant davantage de souplesse dans l’organisation de ses journées. Et de permettre à l’exploitation laitière de faire perdurer cette activité en zone AOP chaource.•