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Toutes les réponses passent par le sol.

Dans son livre Revitaliser les sols, Francis Bucaille donne de nombreuses pistes pour rééquilibrer la microbiologie des sols, les fertiliser et renforcer la santé des cultures.

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Revitaliser les sols de Francis Bucaille, aux éditions Dunod.
© D. R.

La fiabilité économique du monde agricole passe par le sol, la sécurité alimentaire passe par le sol, la réponse aux problèmes de résistances et aux retraits de nombreuses molécules chimiques passe par le sol… Convaincu que rien ne pourra se faire sans remettre le sol au cœur des systèmes, l’agriculteur Francis Bucaille vient de publier Revitaliser les sols aux éditions Dunod. Également consultant en agronomie, Francis Bucaille a parcouru tous les continents pour effectuer des diagnostics de sols : « je souhaitais mettre à disposition des agriculteurs la synthèse de mes travaux. Quels que soient les systèmes, le défi est le même partout : c’est par le sol qu’il faut commencer pour corriger les problèmes. Je ne défends aucune forme d’agriculture plutôt qu’une autre. Elles sont toutes justifiées mais elles ont aussi leurs points faibles. Dans mon livre je propose des corrections de trajectoire ».

 

Le rendement oui mais…

L’auteur est né en Seine-Maritime dans une famille d’agriculteurs. Aujourd’hui, il exploite dans la Nièvre une ferme dont le parcellaire a des sols très hétérogènes : sol sableux, argilo-calcaire rouge, limons battants, terres blanches… Cette diversité l’a obligé à se poser beaucoup de questions et a bousculé ses certitudes.

Complétée par ses expertises partout dans le monde, son expérience lui permet aujourd’hui affirmer que ce qui marche à un endroit ne marche pas forcément à un autre, mais que le dénominateur commun est toujours le sol.

« Dans le livre, je propose de fixer le regard sur autre chose que le rendement. Bien sûr, le rendement est la première condition de la performance économique mais ce n’est pas le seul indicateur de réussite. D’ailleurs, si on neutralise toute l’activité biologique du sol, on constate que le rendement augmente ! C’est logique, tout ce qui est vivant devient alors aliment pour la plante. Le rendement est là mais par pour les bonnes raisons et cela n’est pas durable. Depuis 15 ans, les rendements fléchissent en blé, soja, riz et maïs… La production alimentaire mondiale est maintenue par le défrichage. Tous les ans, ce sont 30 millions d’hectares de forêt qui disparaissent sur la planète. Il reste 1,5 milliard d’hectares à défricher, ce qui représente 50 ans ! Et après ? Cela ne peut plus durer.  Arrêtons de tout bousiller et redonnons sa fonctionnalité au sol ».

 

Des fonctions gratuites qui disparaissent

Francis Bucaille rappelle que l’écologie est une science et non une philosophie. « Il faut nous pencher sur la santé des sols, sur leur équilibre minéral et microbiologique. Toutes ces fonctions gratuites qui disparaissent rendent les exploitations de plus en plus fragiles. Même en agriculture régénérative des facteurs limitants apparaissent. L’effet désastreux des labours trop profonds a fait basculer dans des pratiques de non travail du sol qui sont parfois également pénalisantes. Il y a des sols en souffrance. Les couverts végétaux sont importants pour l’activité biologique, le maintien de la porosité et la résistance à l’érosion mais ce sont des matériaux immatures et leur bilan est plus contrasté en ce qui concerne le stockage durable du carbone si on ne respecte pas les stades et les modes de destruction ».

Les bactéries digèrent ce matériau vert en relarguant beaucoup de gaz carbonique dans l’atmosphère. Si on veut recréer de l’humus dans les sols, le travail des champignons est à privilégier en couvrant les sols avec des matériaux matures.  « Sous nos climats tempérés, le but est de restituer des végétaux lignifiés au sol en fin d’automne et en hiver ».

 

Un sol vivant génère des économies

Francis Bucaille consacre plusieurs chapitres au travail du sol  : « dans certaines conditions, un labour agronomique remplace des fonctions disparues du sol.  Par exemple sur des sols plutôt sablo-limoneux ou limono-sableux, cela permet de remonter les minéraux qui migrent. C’est pourquoi je ne condamne pas le labour mais il ne faut pas en faire une pratique habituelle et systématique. Dans certaines situations, ce n’était pas le labour qu’il fallait remettre en cause mais seulement la profondeur. Pour moi le labour profond d’hiver avant culture de printemps est une catastrophe ».

Il faut que l’agriculture retrouve son pragmatisme. Elle doit regarder ce qui se passe et se substituer aux fonctions défaillantes avec des pratiques adaptées. « Un sol vivant génère des économies en engrais, en produits de protection et en travail du sol. C’est ce vers quoi nous devons tendre »

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