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À Gisors : une filière laine en devenir et à découvrir

Champs en fête de Gisors-27 (le comice agricole) se déroulera les 14 et 15 juin prochains de 10 heures à 18 heures. Vous pourrez y découvrir ou redécouvrir la filière lin textile mais, nouveauté 2025, ce sont peut-être les prémices d'une filière textile animale auxquels vous assisterez grâce aux moutons de Laëtitia.

"Avant de les mettre à l'herbe, on les tond pour les faire belles pour les béliers", s'amuse Laëtitia Bodescot. Si elle n'est pas agricultrice, son mari est à la tête d'une troupe de 200 brebis à Amécourt (Eure) et elle s'intéresse de près à la laine sur le dos des ovins. "La filière n'est pas encore très développée mais elle présente un potentiel si la laine est bien valorisée. On peut la laver, la carder, la peigner pour un faire du rembourrage de matelas ou d'oreillers. Le top, c'est d'en faire du fil à tisser ou à tricoter". Une idée qu'elle va partager avec les participants et visiteurs de Champs en fête via une présentation. Le comice de Gisors pourrait ainsi devenir une rampe de lancement du concept "agriculteur mais pas que" : le lin textile et la laine de mouton pour s'habiller.

Besoin de filature

Mais avant d'en arriver là, entre l'éleveur ovin et le consommateur, il faut une filature. Il y a quelques jours, Émilie Renard et Nicolas Besseau, à la tête de la Petite Filature Bretonne créée il y a cinq ans, ont franchi le Couesnon pour atterrir au Domaine du Pâtis. De Plouguernével dans les Côtes-d'Armor au Vexin normand, mais pourquoi diable un tel déplacement de 1 000 km ? "La difficulté, quand on transforme de la laine, c'est de disposer d'un produit de belle qualité et qui correspond au type de machine qu'on utilise. Ici, l'élevage est conséquent. On peut donc sélectionner les meilleures toisons", justifie Nicolas Besseau. In fine, la microfilature repartira en Bretagne avec moins de 50 kg de laine. "C'est un maximum par lot". Le jeu en vaut la chandelle, c'est une laine de race Île de France qu'elle n'a pas l'habitude de travailler mais en laquelle elle fonde beaucoup d'espoir. "Notre idée, c'est de valoriser vraiment le travail de l'éleveur et que ça puisse au minimum lui payer la tonte. Au niveau prix de rachat, on est très au-dessus de ce que proposent les négociants avec 3 euros/kg brut contre quelques dizaines de centimes". Mais le négoce n'est pas la principale activité de l'entreprise. "À 80 %, c'est de la prestation de service auprès des éleveurs, professionnels ou particuliers. Ils nous apportent leur laine, on la transforme sous la forme qu'ils souhaitent et ils repartent avec". À noter également qu'Émilie et Nicolas proposent aussi de la formation "qui vise à fournir les clés pour mettre en œuvre la valorisation de la laine, à commencer par l'entretien des toisons dès le chantier de tonte afin d'en préserver au mieux la qualité". Laëtitia l'a suivie, vous pourrez lui demander ce qu'elle en a pensé lors du comice.

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