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Fourrages : sécheresse et canicule.

Les productions fourragères, surtout les prairies, subissent une période de sécheresse aggravée par de faibles réserves en eau à la fin de l'hiver.

Les conséquences techniques et économiques de cette période de sécheresse sont lourdes. La perte de la productivité des prairies est évidente. De plus, le potentiel de production est largement entamé pour l'avenir. En effet, il y a disparition de certaines plantes mal adaptées à ces contrastes climatiques, au profit d'autres comme le crépis ou la porcelle enracinée qui ne présentent pas d'intérêt fourrager. Par ailleurs, le maintien des animaux en prairie entraîne un surpâturage préjudiciable aux graminées et qui facilite l'invasion d'adventices adaptées à ce contexte climatique. Cette pénurie de fourrages à pâturer entraîne la nécessité de nourrir avec des fourrages stockés initialement prévus pour l'hiver, ou avec des concentrés avec le surcoût que l'on imagine, sachant que les frais de récolte multiplient par 3 le prix de revient par rapport au fourrage pâturé.


RECONSTITUER  DES STOCKS AVEC LES  DÉROBÉES FOURRAGÈRES

Les solutions et décisions à prendre sont multiples et à adapter en fonction des conditions du foncier (disposition des parcelles), du type d'animaux, du mode d'exploitation prévu. L'année climatique a avancé la date des moissons et autres récoltes. L'occasion est de miser davantage sur les cultures dérobées fourragères. Au moins 25 espèces sont disponibles, des crucifères, des légumineuses, des graminées comme le moha, le millet, le sorgho. Le choix se fera en fonction de la période prévue de récolte (ou pâturage), récolte uniquement à l'automne ou uniquement au printemps ou à la fois à l'automne puis au printemps. Mais aussi le choix se fera en fonction du mode de valorisation : pâturage, fauche, affourragement. Il faut penser aussi à la des-truction de ce couvert et gérer le risque des repousses ou de la dissémination.


SELON SA SITUATION,  BIEN CHOISIR LA CULTURE DÉROBÉE FOURRAGÈRE

Pour aider à réaliser ce choix, le GNIS vient de réaliser une réglette disponible pour tous. De plus, deux clés essentielles sont à prendre en compte pour réussir la culture dérobée four-ragère : la qualité de la semence et les soins de l'implantation. Enfin, pour éviter les dégra-dations liées au surpâturage, il est préférable de limiter les surfaces accessibles aux ani-maux afin d'épargner l'essentiel de la surface. Les conditions difficiles pour la prairie sont aussi des périodes particuliè-rement favorables au sursemis. Le principe est d'utiliser de préférence un semoir de semis direct (pour une perturbation minimale du sol et éviter les levées d'adventices), de semer dans la terre (et non dans la matière organique de surface) à 1 cm de profondeur, des espèces pérennes agressives, comme les ray-grass d'Italie, les ray-grass hybrides et les trèfles hybrides. Ces espèces peu pérennes seront toutefois en capacité de produire rapi-dement des stocks. Pour une restauration plus durable de la prairie, on pourra envisager un sursemis de ray-grass anglais et trèfle blanc géant. La fétuque élevée, la fétuque des prés, la fléole, le dactyle sont plus lentes à s'implanter et il faudra être très rigoureux sur le fait de maintenir une hauteur basse du couvert existant afin que les jeunes plantules ne soient pas étouffées et aient accès à la lumière.


LA BETTERAVE  FOURRAGÈRE : UNE  SOLUTION POUR L'AVENIR

Sur le long terme, on peut penser aussi à l'aménage-ment parcellaire : les points d'eau mais aussi des parcelles  arborées : de l'ombre pour les animaux et les plantes. En ces conditions d'été exceptionnelles, remarquons le comportement des betteraves fourragères qui, même d'apparence « fanées », surprendront par leur facul-té de récupération dès que  les conditions redeviendront favorables. Occasion de préciser que les betteraves pourront se pâturer au fil dès la fin août.

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