Aller au contenu principal

Des reliquats azotés en sortie d'hiver aussi élevés qu'en 2022 voire plus…

Le climat influence fortement ces dernières années le niveau des reliquats sortie d’hiver des sols normands. Tout comme en 2022 et 2019, des automnes doux, des épisodes pluvieux plus aléatoires, des niveaux de rendements en 2022 parfois non atteints sont autant de facteurs influençant les valeurs des reliquats azotés en sortie d'hiver vers une stabilité voire à la hausse en 2023. Plus d’azote disponible dans le sol et globalement des cultures d’automne relativement bien implantées, permettent de disposer d’une fertilisation azotée intéressante dans le contexte de prix des engrais élevés.

© V. Marmuse - CAIA

Pour assurer le calcul de la dose bilan d’azote dans votre Plan de fumure prévisionnel (PPF), il est nécessaire de disposer d’une estimation du stock d’azote minéral disponible dans le sol à la sortie de l’hiver : le reliquat azoté en sortie d'hiver (RSH). Depuis 2021, vous pouvez utiliser vos propres résultats de reliquats pour une parcelle de l’exploitation (même numéro pacage) ayant la même culture, le même précédent et la même profondeur de sol que celle analysée. Pour les parcelles sans correspondance, vous devez utiliser les chiffres de la synthèse annuelle. Hors zone vulnérable, il n’y a pas de mesure obligatoire, mais le réel intérêt technique de piloter la fertilisation azotée sur les cultures justifie de réaliser un prélèvement par culture et par précédent sur chaque type de sol. Rappelons que le reliquat azoté en sortie d'hiver est une variable annuelle, difficilement modélisable en absence de mesure.
La synthèse peut aussi être utilisée à la place du reliquat analysé en cas de valeur très élevée de l’ammonium (N-NH4+ >20 kg/ha sur la tranche 0-30 cm), car le résultat d’analyse est alors considéré comme suspect.

Tendance 2023

Les pré-synthèses établies au début du mois de février donnaient déjà une tendance à une stabilité/hausse des niveaux de RSH 2023. Les observatoires liés à des reliquats azote post-récolte ou bien en entrée d'hiver réalisés sur un certain nombre de captages parfois élevés, les températures relativement douces de cet automne (minéralisation automnale) et du début d’hiver, les faibles précipitations sont des éléments majeurs pour expliciter les niveaux des cinq départements normands.
D’un point de vue précipitations, la Manche et la Seine-Maritime sont les deux départements les plus arrosés (voir la carte de la pluviométrie Arvalis et Météo France). Malgré des niveaux de pluviométrie, les niveaux des RSH sont plus élevés qu’en 2022 dans la Manche. A contrario, pour la Seine-Maritime, sur les secteurs ayant reçu plus de 380 mm sur la période du 1er octobre 2022 au 31 janvier 2023, les valeurs sont en tendances plus faibles.
L’azote est donc globalement présent dans les sols normands en quantité intéressante, une bonne nouvelle vu le contexte des prix des engrais. Les travaux de modélisation d’Arvalis au début du mois de février permettent de déterminer globalement une bonne disponibilité de l’azote vis-à-vis du système racinaire des cultures implantées à l’automne.
Une fois le prélèvement de sol réalisé pour l’analyse en laboratoire, le RSH est susceptible d’évoluer en fonction des pluviométries qui interviennent jusqu’au stade épi 1 cm pour les céréales implantées à l’automne, et jusqu’au semis pour les cultures de printemps. Les précipitations au cours du mois de février ont été beaucoup trop faibles pour justifier d’une modification de la valeur grâce à une méthode de calcul définie dans l’arrêté réalisé par le Groupe régional d’expertise nitrates (Gren) normand.
La variabilité des reliquats azotés en sortie d’hiver peut être importante selon les situations des sols, des pratiques culturales et des précipitations. La synthèse départementale est un outil important qu’il convient d’utiliser au mieux. Les zones non fertilisées et les outils de mesure des statuts azotés en cours de cycle seront pertinents pour valider la réalité des fournitures du sol. Sur céréales (blé et orge), les outils de pilotage en cours de montaison permettent de mesurer l’état de nutrition azotée réel de la culture au cours de la montaison, et ainsi de s’adapter au contexte de l’année et justifier si besoin un dépassement de la dose prévisionnelle. •

Remerciements pour la réalisation des synthèses départementales
aux agriculteurs ayant participé aux mesures, aux laboratoires (Aurea, Galys, Proxilabo, Lano), aux GDA et aux CETA, au GRCETA de l’Eure, aux Observatoires Bac de Normandie, à l’Agence de l’eau Seine Normandie.

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Eau/irrigation : en finir avec les mythes

La revue Agriculture et Eau, fondée par Gil Rivière-Wekstein, a présenté, à l'assemblée générale des Irrigants de France, un…

L'accord signé prévoit le versement d'une somme de 1 000 euros par an, et par équivalent pylône pour les lignes 400 kV et de 375 euros par an pour les lignes 225 kV.
Quand la mobilisation syndicale et professionnelle porte ses fruits

Un accord national vient d'être signé entre la FNSEA, RTE et Chambres d'agriculture France. Ce dispositif inédit, négocié d…

Octobre rose : le monde agricole se mobilise aussi

Ce mois est aussi celui d'Octobre rose. Les initiatives se multiplient sur le terrain et le monde agricole n'est pas en reste,…

Sept ans après la reprise de la première structure, Estelle Lesage incarne la troisième génération à la tête de l'exploitation familiale.
Une installation au féminin dans l'Eure

Estelle Lesage, agricultrice dans le département de l'Eure, nous a ouvert les portes de son exploitation. Elle revient sur son…

Sylviane Lefez, présidente de la CNA, et Catherine Faivre-Pierret, ancienne présidente de la CNA.
"ll faut lutter pour que les femmes aient toute leur place""

Présidente de la Commission nationale des agricultrices de la FNSEA, Sylviane Lefez est en première ligne pour défendre les…

Brûlures suite à la formation de gouttelettes sur le câble des sondes en post-thermonébulisation.
Comment gérer au stockage des tubercules ayant déjà germé dans les buttes ?

Les canicules ont impacté le grossissement des tubercules, voire limité la tubérisation pour les plantations les plus tardives…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole