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Des outils pour lutter contre le mildiou

Même si la campagne 2022, particulièrement chaude et sèche, se caractérise par une faible pression mildiou, les quelques pluies tombées au cours du mois d’août ont engendré des contaminations. Lors d’un webinaire, Arvalis a présenté les moyens de lutte contre ce champignon.

Dans la lutte contre le mildiou du feuillage, Arvalis précise que le choix variétal est un levier important. Ainsi, lors des essais, la combinaison du levier variétal et de la protection réduite a permis d’avoir de bons résultats.
© V. Marmuse

Par rapport à la campagne 2021, le mildiou a eu une très faible pression en 2022 sur les pommes de terre. Les températures extrêmement chaudes, allant jusqu’à 40 °C, ont stoppé le développement du mildiou dans les parcelles. Arvalis a néanmoins détecté des attaques grâce à son application pour l’irrigation « On a remarqué, grâce à notre outil Miléos, que l’irrigation peut favoriser justement les petites attaques de mildiou. Si on arrosait beaucoup en fin de journée, on pouvait quand même avoir des risques dans certains secteurs. En fin de cycle, on a eu le retour de la pluie, notamment dans le Nord de la France et un peu en Champagne, ce qui en a peut-être surpris certains. On a donc vu apparaître quelques tâches de mildiou sur des tubercules en parcelles. »
Par ailleurs, un point important sur la situation règlementaire des produits est nécessaire. Le diméthomorphe a été reclassé. Tous les produits en contenant et classés H336F peuvent nuire à la fertilité, ce qui implique une utilisation interdite par les femmes enceintes, une étiquette réglementaire, un stockage séparé dans le local phyto, une distance de sécurité passant à 20 mètres, un délai de rentrée qui passe à 48 heures et une interdiction de mélange, sauf avec une autorisation spécifique. « Il n’y a pas d’impact sur l’homologation des produits, ils restent autorisés et utilisables mais sous conditions. » Petit point de rappel, l’utilisation de Proxanil Solo dans un programme est à proscrire.
Le cymoxanil ou les produits qui en contiennent sont à utiliser uniquement en cas de retard de traitement ou en curatif. « Il ne faut en aucun cas les utiliser en préventif. Pour sécuriser la protection de sa culture, il vaut mieux réduire sa cadence de traitement », rappelle Arvalis.
De plus, il est conseillé de ne pas appliquer de produits ne contenant que du fluazinam, mais de préférer les produits avec au moins deux molécules (Banjo Forte, Vendetta). « Alternez obligatoirement avec d’autres solutions sans fluazinam et réservez cette solution pour la fin de cycle », poursuit l’institut. Pour le Zorvec Enicade, « il est irresponsable de vouloir le dépacker ». En effet, Gachinko, vendu avec, le préserve d’une forte pression de sélection afin d’éviter au maximum l’apparition de résistances. De plus, en forte croissance et forte pression, il est conseillé de renouveler l’application au bout de huit jours (5+3). Le nombre d’application est à adapter en fonction de la pression de l’année (de 1 à 3). Lorsque l’utilisation en alternance est appliquée, il est conseillé systématiquement d’utiliser les produits les plus efficaces comme Revus ou Infinito.

Piocher les pratiques

Les conseillers Arvalis mettent en avant la protection intégrale des cultures afin de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires en minimisant leur impact sur l’environnement et diminuant le coût de la lutte tout en gardant une production stable et rentable pour l’agriculteur. « Les différents leviers de la protection sont rangés dans une sorte de boîte à outils en différentes catégories dans lesquelles on vient piocher les pratiques pour constituer un programme. »
Le premier compartiment est la prophylaxie. Le but est d’éviter l’entrée de la maladie sur la parcelle et de réduire les conditions et facteurs de développement. On va donc retrouver des leviers agronomiques comme la rotation des cultures, la gestion des repousses… Dans le levier génétique, on s’appuie sur le choix variétal, à savoir si cette variété est plus tolérante ou non aux maladies.
Le deuxième compartiment concerne la caractérisation du risque. Il faut reconnaître la maladie et anticiper. Cela permet de savoir s’il est possible d’intervenir ou non. Le dernier compartiment est la lutte directe. On va donc intervenir directement sur l’agent pathogène avec la lutte préventive ou curative dans le but de stopper ou de ralentir le développement de la maladie dans la parcelle. Cela se fait par des produits phytosanitaires ou du biocontrôle.
Dans la lutte contre le mildiou du feuillage, Arvalis précise que le choix variétal est un levier important. Ainsi, lors des essais, la combinaison du levier variétal et de la protection réduite a permis d’avoir de bons résultats. Pour les variétés notées de 3 à 4, cela a décalé de 2-3 jours la destruction du feuillage ; pour les variétés notés 5, cela a permis de décaler en moyenne de 7 jours la destruction du feuillage à 50 % ; pour des variétés noté 6, on est allé jusqu’à 50 % et il a été possible de retarder de 8 à 10 jours en moyenne la destruction à 20 % et pour les variétés notées allant de 7 à 9, cela a permis de protéger complètement jusqu’à la date de défoliation. •
 

Une nouvelle application, Vigimildiou

Vigimildiou est une application disponible sur l’Apple Store et Google Play, issue d’un partenariat avec l’Inrae, et téléchargeable gratuitement. Son but est de recueillir les observations de mildiou dans différents contextes, parcelles de production ou planches des jardiniers amateurs. Ce projet synaptique vise à faire interagir tous les acteurs. Il suffit de se créer un compte puis de prendre des photos des plantes infectées, de les charger dans l’application, de s’identifier et de se localiser.

 

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