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Biodiversité : chez David Deprez des haies et des bandes enherbées

Le 2 juin, l'interprofession de la pomme de terre (CNIPT) a organisé un voyage de presse sur l’exploitation agricole de David Deprez à Auppegard pour montrer que les producteurs de pommes de terre sont sensibles aux enjeux de biodiversité.

Le 2 juin, l'interprofession de la pomme de terre (CNIPT) a organisé un voyage de presse sur l’exploitation agricole de David Deprez à Auppegard pour montrer que les producteurs de pommes de terre sont sensibles aux enjeux de biodiversité.
David Deprez a planté il y a trois ans des lots arbustifs pour diviser ses parcelles. « Tous les 100 mètres, il y a 20 mètres de haies. Entre deux je laisse des bandes enherbées pour les espèces qui nous aident dans notre métier »
© Catherine Hennebert

L’interprofession de la pomme de terre (CNIPT) a souhaité inviter la presse grand public à découvrir les pratiques mises en œuvre par un producteur de pommes de terre pour répondre aux défis agricoles et écologiques d’aujourd’hui. Le 2 juin, David Deprez a ainsi accueilli les visiteurs sur son exploitation d’Auppegard, accompagné de Sabrina Adam, responsable des relations presse, de l’information filière et de l’événementiel au CNIPT.

Marché du frais et de la transformation

Le producteur cultive des pommes de terre pour le marché du frais et de la transformation. Depuis quelques années maintenant il a engagé des actions pour retrouver de la biodiversité sur son exploitation. Il a fait évoluer ses pratiques dans le but de voir se réinstaller une faune qui avait disparu avec l’agrandissement des parcelles. « J’ai engagé différentes choses depuis quelques années. Cela a commencé par un partenariat avec la Fédération départementale des chasseurs qui avait lancé un programme de restauration des haies. Je trouvais les parcelles un peu grandes et j’ai voulu casser ce schéma pour revoir une faune s’installer. Je ne suis pas chasseur mais j’aime observer des animaux quand je vais voir mes cultures ». David Deprez a donc planté des linéaires de haies sur son parcellaire. Elles participent à la lutte contre l’érosion des sols mais elles ont également un rôle d’accueil de la petite faune et des auxiliaires tels que les coccinelles et les syrphes qui mangent les pucerons.  David Desprez a également laissé des bandes enherbées le long de ses parcelles, qu’il fauche tardivement (début août) pour épargner les couvées de perdrix.

Ruches

Un apiculteur a installé ses ruches sur l’exploitation et, dans ces bandes enherbées, les abeilles trouvent également à se nourrir. Des mélanges mellifères viennent d’être semés aux bouts d’une de ses parcelles de pommes de terre. Elles resteront en place durant 2-3 ans. « Le distributeur avec lequel mon conditionneur travaille a financé les semences car il souhaite participer à l’intégration d’éléments de biodiversité sur les exploitations agricoles ».

Pas de labour

Au niveau de ses pratiques culturales, le choix du sans labour a été fait pour favoriser la vie du sol. L’installation d’une station météo connectée et l’utilisation de l’outil d’aide à la décision Miléos permettent de suivre l’évolution du mildiou et de déclencher les interventions qu'en cas de nécessité. « C’est une économie de quatre passages environ certaines années ».

« Agriculture à impact positif »

Depuis 40 ans David Deprez relève la météo et plutôt que de réchauffement il parle de dérèglement climatique.  « Nous n’avons pas la main sur tout et il nous faut rester humble mais il faut nous adapter du mieux que l’on peut. Mes interventions n’agissent qu’à 50 % sur le rendement des pommes de terre. La météo fait le reste.  Mais faisons attention à notre outil de travail. Nous avons un capital que nous devons entretenir et préserver ». Il y a trois ans, l’agriculteur a procédé à une cartographie de tous les sols de son exploitation. « Le but était de connaître la teneur en éléments minéraux des sols, leur taux de matière organique, afin d’apporter seulement là où il y a un besoin pour la plante », explique David Deprez qui vient de renouveler sa certification HVE 3 pour les trois ans à venir. « Dans cette certification environnementale, il y a un volet biodiversité très important. L’implantation de haies sur l’exploitation m’a aidé à l’obtenir ». « Le CNIPT privilégie une agriculture régénératrice et engage un travail collectif de recherche et développement pour s’adapter au changement climatique », a présenté Sabrina Adam.

Invité par l’interprofession le 18 mai dernier à une conférence sur “Le défi du changement climatique pour la filière pommes de terre fraîches”, Bertrand Valiorgue a déclaré que le secteur agricole peut agir pour atténuer les effets négatifs en adoptant une « agriculture à impact positif ». Pour ce professeur de stratégie et gouvernance des entreprises, cinq leviers sont à utiliser pour réduire l’impact de la filière pomme de terre face au réchauffement climatique : limiter les intrants, préserver la vitalité des sols, restaurer la biodiversité pour stocker du carbone, préserver les ressources en eau et améliorer le rapport énergie utilisée/énergie produite/énergie consommable par l’homme. •

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