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Sénalia prévoit des exports de céréales en berne 

L'opérateur portuaire de Rouen devrait voir ses exportations diviser par trois, la faute à une récolte hexagonale au plus bas depuis 40 ans, à une forte concurrence internationale, au boycott algérien, client historique de la France.

Didier Verbeke, président de Sénalia, et Gilles Kindelberger, son directeur général, lors de  la réunion d'information du prestataire de services rouennais, le 10 janvier 2025 à Paris.
Didier Verbeke, président de Sénalia, et Gilles Kindelberger, son directeur général, lors de la réunion d'information du prestataire de services rouennais, le 10 janvier 2025 à Paris.
© Thierry Michel

Sénalia, l'opérateur portuaire céréalier de Rouen, prévoit d'exporter « seulement 1,6 Mt de céréales environ » pour la présente campagne commerciale 2024-2025, contre 4 à 5 Mt habituellement, a annoncé son directeur général Gilles Kindelberger, lors d'une conférence de presse le 10 janvier à Paris. Un chiffre qui s'explique par la récolte française 2024 en très net retrait par rapport à 2023, tant sur le plan des volumes que sur la qualité. Rappelons qu'en blé tendre, elle chute à environ 25 Mt, un plus bas depuis 40 ans, contre 33 Mt l'an passe. Les poids spécifiques sont faibles, et souvent inférieurs à la norme des 76 kg/hl. Sans oublier les soucis de mycotoxine, d'ergot etc.

Vient ensuite la concurrence internationale particulièrement agressive. Il y a certes la Russie, qui utilise l'exportation de grains comme arme diplomatique, mais il ne faut pas oublier la Roumanie et l'Ukraine, très compétitifs. Côte demande, rappelons le boycott algérien des origines hexagonales, en raison du récent alignement de la France sur la position marocaine au sujet du Sahara occidental. L'Algérie a été pendant longtemps le principal client de l'Hexagone en blé tendre.

Recours à l'activité partielle

Afin de faire face à la baisse de ses activités, Sénalia est contraint de recourir à l'activité partielle lors de cette campagne commerciale. « Nous avons mis en place des ouvertures de sites une semaine sur deux, ou quinze jours-quinze jours », précise Gilles Kindelberger. À plus long terme, et afin de pallier l'intensification de la concurrence internationale, « il faut trouver de nouveaux débouchés et diversifier notre offre », plaide-t-il. Cela passe par l'amélioration de la qualité. Le directeur général de Sénalia mise notamment « sur la croissance du marché du sans insecticide de stockage (SIS) ». Les États-Unis, exportateurs majeurs de blé, ont par exemple fait l'acquisition de 70 000 t de marchandises hexagonales SIS (soit deux bateaux) lors de la campagne commerciale 2023-2024.

L'opérateur portuaire investit par ailleurs massivement dans les appareils de triage, afin de compléter le labeur des organismes stockeurs. Pendant longtemps, Sénalia considérait que ce travail du grain leur incombait totalement. Mais face à l'urgence, « il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Nous travaillons d'arrache-pied sur un programme d'investissement concernant les outils d'amélioration et de travail du grain. Nous avons installé un nettoyeur-séparateur sur le silo de Bonnières-sur-Seine. Suite aux très bons résultats, nous prévoyons de faire de même à Rouen », relate le représentant de Sénalia. Une enveloppe de 4 à 5 M€ « sera très prochainement proposée au conseil d'administration ».•

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