Salle comble pour la venue d'Arnaud Rousseau
Après la partie statutaire de son assemblée générale, la FNSEA 76 a reçu, jeudi 5 mars, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. L'occasion pour les présidents de SEA et les adhérents de le questionner sur l'actualité et bien plus encore. Les échanges ont été directs, francs et cordiaux, permettant de remettre "les pendules à l'heure" dans une période compliquée.
Après la partie statutaire de son assemblée générale, la FNSEA 76 a reçu, jeudi 5 mars, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. L'occasion pour les présidents de SEA et les adhérents de le questionner sur l'actualité et bien plus encore. Les échanges ont été directs, francs et cordiaux, permettant de remettre "les pendules à l'heure" dans une période compliquée.
Après une présentation de son parcours, le président de la FNSEA a abordé tous les sujets d'actualités qui ont marqué ces derniers mois, sans détour et sans rien éluder.
Le rôle d'un syndicat
À la première question sur le rôle du syndicat et de sa “cogestion” avec le gouvernement, il a rappelé : « Le travail que nous effectuons à la FNSEA est un travail d’équipe et nous travaillons régulièrement avec les pouvoirs publics. Nous sommes taxés très régulièrement de faire de la cogestion. Enfin, à quoi sert un corps intermédiaire qui ne travaille pas avec les pouvoirs publics ? » « C’est notre rôle d’être l’interface avec les parlementaires, quelle que soit leur famille politique, pour porter l’ambition qui est celle de l’agriculture que nous représentons ».
Il a ensuite explicité la méthode, revenant sur le contexte politique dans lequel la FNSEA travaille à faire avancer les dossiers « sans majorité à l'Assemblée », avec des procédures législatives très longues et un calendrier sur lequel le syndicat n'a pas la main. Il a pris l'exemple du projet de loi d'urgence annoncé par le Premier ministre au sortir d’une manifestation « que nous avions organisée avec le Grand Bassin parisien en janvier » et qui, a été décalé par Sébastien Lecornu durant le Sia.
Quant à la LOA (promulguée avant l’été 2025 !), il ne cache pas son impatience de voir sortir l'intégralité des décrets d'application. Même chose pour la loi Duplomb, « même si certains sont enfin sortis comme celui des ICPE ». Quant au pouvoir réglementaire du Premier ministre, notamment sur l'eau, il regrette la décision du Conseil d'État qui vient de casser un arrêté qui permettait de faire enfin certaines réserves collinaires. « Mais on considère que notre boulot, quel que soit le contexte parlementaire, c’est de faire en sorte que les sujets agricoles avancent. Nous, à la FNSEA, on donnera toujours le privilège à ceux qui bossent et qui essaient de faire avancer les sujets, même improprement, même modestement, même avec des revers ». « Nous, on sait ce qu’on porte. On porte des femmes et des hommes qui s’engagent, une agriculture de production avec des paysans qui ont des projets, qui veulent la mettre en œuvre, dans des territoires qui veulent continuer à vivre », a-t-il souligné avec détermination.
Les chiffres sont têtus
« Maintenant, je veux être très clair ; le changement de logiciel qu’on appelle depuis trois hivers, c’est l’élection présidentielle... » Donc pour les prochaines présidentielles, « on ira voir tout le monde. Et on dira ce qu’on veut... Parce que quand on regarde ce qu’est la réalité de l’agriculture française depuis 10 ans, on perd de la production, de la compétitivité, de la capacité à répondre au marché. Et c’est un mal français, parce que par ailleurs, l’Europe continue à produire... » « La réalité c’est que nous ne contribuons plus à la création de richesses pour notre pays. Or, quand les caisses sont vides, il n’y a qu’une manière de les remplir, c’est de donner de la perspective aux gens qui prennent des risques, qui investissent et qui entreprennent. » Pour ce faire, il faut « redonner confiance à ceux qui créent de la valeur et qui permettront ensuite de créer de la richesse dont on pourra discuter de la redistribution. Mais avant ça, on a besoin de redonner des perspectives. » « Aujourd'hui ce qui m’intéresse, c’est le niveau d’ambition qu’on va être capable de fixer dans ce texte de loi d'urgence agricole. Donc ne rêvons pas, ça ne sera pas une ambition au niveau probablement de ce que vous attendez, parce qu’il n’y a pas les conditions parlementaires pour atteindre un texte d’une ambition très élevée. » « En revanche, on ne peut pas attendre l'élection présidentielle avant de se dire qu’on va faire quelque chose. » « On a eu des avancées dans les différents textes qu'on a portés récemment, parce qu’on ne peut pas dire non plus qu’il n’y a rien eu. » Mais « les chiffres sont têtus. On produit moins de lait, moins de viande, moins de blé... Et on ne crée pas de valeur. Et cela dans un moment de renouvellement des générations. » « Le sujet n'est pas, je le redis, la taille des exploitations, mais c’est d’abord celui de la profitabilité de nos fermes. » « Donc le vrai sujet, c’est qu’est-ce qui permet d’avoir des marchés qui créent de la valeur... Le tout, dans un contexte de fort brassage géopolitique ».
Mercosur et autres traités
À la lumière de ce qui se passe un peu partout dans le monde « nous souhaitons que l’Europe, qui par ailleurs a besoin de faire entrer un certain nombre de produits, nous dise ouvertement où sont nos dépendances, quelles interdépendances est-elle prête à accepter, et quelles sont ses lignes rouges ? Qu’est-ce qu'elle veut protéger comme secteur ? » Mais force est de constater qu'« il n'y a pas de vision européenne de l'agriculture ». Pire encore, à la FNSEA « nous avons du mal aussi à voir qu'elle est la vision française ».
« Sur le Mercosur, d’abord, merci à ceux qui se sont mobilisés ». « On s’est mobilisés au niveau européen, encore une fois, pour dire qu’on ne peut pas exiger de la production européenne des niveaux standards. On n’accepte pas ce qui rentre ». « On a réussi, à Strasbourg, à obtenir une saisine de la Cours de justice de l’Union européenne (CJUE) sur la poursuite du texte. Or, profitant de ce qui a été fait sur le CETA, la présidente de la Commission européenne, sous pression, notamment de l’Allemagne, mais pas uniquement, a décidé de mettre l’accord en œuvre de manière anticipée. Ce qui est un véritable mépris du Parlement, puisque je rappelle que cet accord ne sera ratifié que quand le colégislateur, c’est-à-dire le Parlement, se sera prononcé en sa faveur. Mais il ne pourra le faire que quand la Cour de justice européenne aura rendu sa décision, autour de 18 mois. » "Je ne vends pas de rêve, je ne sais pas ce que sera la décision de la Cour de justice européenne, concède Arnaud Rousseau, mais on n’est pas au bout du processus ». « Toutefois, et ça sera un sujet du Conseil d’administration de la FNSEA (cette semaine), parce que nous, on n’a pas l’intention d'en rester là. D'autant qu'il y a d'autres accords qui continuent... ».« Quant au grand débat qu’on a encore à Bruxelles sur l’OMC, le droit international, depuis six mois, c’est quand même un peu compliqué. Donc on ne lâche pas, on n’est pas en bonne posture mais on continue à travailler ».
Macf
Sur le Macf (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières), le gouvernement entend aujourd'hui « regarder comment on peut neutraliser ses effets sur le coût des engrais ». « Là aussi, les nouvelles ne sont pas bonnes ». Car le surcoût a déjà été calculé. « Il est de l’ordre de 13 euros la tonne de blé, pour une moyenne française à 7 tonnes. Ça veut dire que c’est à peu près la moitié de la subvention moyenne de la Pac, autour d’un peu moins de 200 euros. C’est ça l’impact. » « Si vous calculez cela avec le GNR qui grimpe ces derniers jours, il n’y a plus rien qui tient » en termes de rentabilité. « Et ça, c’était avant l’Iran, où aujourd’hui, le sujet, ce n'est même plus le prix des engrais, mais est-ce qu'on va trouver de l’ammonitrate et de l’urée ? » « On va donc avoir quelques sujets assez rapidement... » D'autant « qu’on a fermé deux usines en France qui fabriquaient de l’urée et de l’ammonitrate, et que, nous, nous sommes dépendants à plus de 50 % de nos engrais ».
Énergie et compensation agricole
Concernant la ligne de 400 kV de Petit-Caux, « c’est un sujet qui se pose un peu partout en France. Et ça pose le sujet de la compensation et celui du rôle de l’autorité environnementale ». Dans le texte de loi sur l’urgence agricole, « nous avons demandé qu’il y ait un article sur la compensation agricole. On ne peut pas aujourd’hui considérer que la terre agricole serait une espèce de zone blanche dans les cartes d’urbanisme entre la zone U, à urbaniser, et la zone N, naturelle ». Et « on veut que tous les projets d’aménagement incluent les ZNT (zones de non-traitement). » « Enfin, sur l’indemnisation des poteaux RTE. Ce n’est pas nouveau et ça dure depuis très longtemps. Et je partage assez l’idée qu’on se moque de nous. Il faut qu’on mène ce combat au niveau national. »
Moyens de productions
Concernant les difficultés à produire davantage de viande, de poulets, de porcs, etc., « je veux qu’on s’attaque aux racines du problème. Les racines, c’est premièrement, que plus personne n’a conscience de la valeur de l’alimentation dans notre société. » Il faut donc communiquer sans relâche, et redire « que si on veut continuer à nourrir nos compatriotes, il faut qu’on puisse continuer à construire, à produire ». « On a aussi un problème juridique » qui consiste à faire des recours « pendant 4-5 ans, ou de manière systématique. Puis il faut taper au portefeuille » dès lors qu'il y a des dégradations ou des intrusions dans les élevages.
Deuxièmement il faut remettre de la valeur à une alimentation qui n'en a plus. « Et c’est tout le travail qu’on essaie de faire sur le prix, sur la chaîne alimentaire, sur la traçabilité. » « On essaie de proposer un plan de bataille, il vaut ce qu’il vaut, mais en tous les cas, on veut le construire dans le cadre républicain. »
« Nous ne sommes plus qu'autour de 350 000, dont 100 000 qui font moins de 25 000 euros de production brute standard par an. Donc ça veut dire 250 000 professionnels qui vivent de l'agriculture à temps plein. ça a quand même fondu drastiquement. Et encore une fois, installer des jeunes nécessite de garantir le revenu. »
La question de l'Eau
« L'eau est un sujet central. Et d’ailleurs, dans la loi, c’est notre principal sujet de préoccupation, parce que je pense que la question sur la qualité de l’eau dans les mois à venir va être prégnante ». « Jamais nous n’accepterons à la FNSEA qu’on vienne nous expliquer qu’il y ait des captages qui doivent être fermés parce qu’il y a des pollutions à l’atrazine. L’atrazine, on n’en utilise plus depuis 25 ans. »
« Je crois qu’il faut qu’on assume de dire qu’on a une part de responsabilité et ne pas faire comme si on était des gens irresponsables. Et qu’il y a quelques endroits où probablement il faudra mettre des mesures correctives en place. » « Nous, on a deux prérequis, des lignes rouges sur lesquelles on ne lâchera pas. La première, c’est qu’on ne veut pas de non-production. Et la deuxième, c’est que dans des endroits spécifiques, il faut une indemnisation totale de la perte d’exploitation. » « Donc il faut qu’on regarde sujet après sujet. » « Ma crainte, c’est que le sujet soit hystérisé dans le débat public. En gros, les agriculteurs sont des pollueurs. mais je dois vous dire qu’on ne va pas se laisser faire. » « Moi j’assume de dire qu’on a une responsabilité, mais il faut que tout le monde porte un petit bout du sac à dos, et qu’on trouve des mesures correctives, qui soient des mesures cohérentes, qui collent au terrain, et qui sont de bon sens. » « Mais je le redis, on a un problème aussi sur la gouvernance de l'eau. »
Pac
Au sujet de la Pac, « la question c'est comment on répartit la somme entre nous. Pour moi, il faut toujours garder en tête l’idée de la valeur ajoutée. » « Il y a une chose qui nous met d’accord dans tous les territoires, c’est de soutenir la production et de donner du soutien aux gens qui produisent quelque chose. C’est le travail qu’on essaie de faire avec les JA sur le statut de l’agriculteur actif ».
« Aujourd’hui, dans la réforme de la Pac, tout est mélangé en un seul pilier. Et au moment où on se parle, c’est moins 13 % pour la France... » « Ce qu’il faut, c’est une vision politique autour de la Pac » et « convaincre les pouvoirs publics ».
L'assurance climatique
« Je rappelle que l’assurance climatique, est subventionnée à hauteur de 70 % dans la Pac, avec 680 millions d’euros d’argent public entre la partie européenne et la partie nationale. Et donc aujourd’hui, beaucoup d’agriculteurs disent « ça nous coûte trop cher » « . La réalité, c’est quelle est la nature du risque par rapport au montant assuré et à la fréquence ». « Moi, les cas qui m’intéressent, c’est plutôt les cas où il faudrait que ça déclenche et où ça ne déclenche pas notamment sur l'herbe... Donc il faut qu’on trouve le bon équilibre, et pour l'instant, on ne l’a pas trouvé. » « Il faut quand même qu’on soit très au clair sur à quoi servent les politiques publiques et la Pac. Il faut qu’elles continuent à aider à produire en agriculture, et il faut qu’elles restent communes, parce qu’actuellement, le risque, c’est que chaque État membre se retrouve avec sa propre politique, et qu'on se retrouve avec des distorsions de concurrence qui seront extrêmement dommageables pour l’avenir de la production en Europe ».
Les réseaux sociaux
« Sur les réseaux sociaux, on voit parfois des commentaires désobligeants, ridicules. Pour autant, il y en a qui les lisent, et même, parfois, qui y croient. » « Les problématiques agricoles ne peuvent pas se résumer simplement à des vidéos d’une minute. » « Moi, je reste convaincu, à titre personnel, qu’on a besoin d’un haut niveau d’expertise, parce qu’à la fin, c’est quand même ça qui fait la différence. Donc ça, ça nous perturbe à la FNSEA, et il faut accepter que nous nous remettions en question. »
Le groupe Avril
Avant de rappeler quel est le métier d'Avril, Arnaud Rousseau a souligné : « Le groupe Avril, c’est une société en commandite par action (SCA), ça n’est pas une coopérative. C’est une entreprise de droit privé dont le capital est détenu par trois structures ». Tout est connu : « je ne suis pas le PDG du groupe Avril, je suis le président du conseil d’administration d’Avril Gestion. Par ailleurs, les capitaux ne sont pas à moi, donc je ne suis pas milliardaire. Je possède une part sociale du groupe à 10 euros. Et cette part sociale, je la céderai le jour où je quitterai le groupe. Et donc, le rôle du conseil d’administration, c’est de donner la direction de la stratégie et de laisser le groupe ensuite agir. Voilà. Donc, le capital, c’est parfaitement clair. Le fait que pour accéder à la gouvernance d’Avril, il faut être à la FOP. Et pour être administrateur de la FOP, il faut être mandaté tous les trois ans, par son président de FRSEA. » « C’est important, parce que la légitimité, c’est ce qui donne le pouvoir d’agir ». « Je pense que le syndicalisme agricole est puissant quand il est ancré dans une vision économique de son développement. » « En réinvestissant chaque euro gagné, Avril est aujourd’hui le cinquième groupe agroalimentaire français. Donc ça donne quand même un peu de pouvoir, notamment pour investir dans des outils industriels et tenter de sauver des filières ».
Élevage, DNC et questions sanitaires
La question de l'élevage aujourd'hui est celle du renouvellement des générations tandis que les jeunes aspirent « à avoir une vie sociale ». Ensuite, « disons-le, c'est celle du revenu. » « Donc il y a tout le combat qu’on a mené pour le prix. Et je le redis quand même, les Egalim en lait, ça a permis d'avancer ». « On a encore un volet Egalim sur le tunnel de prix avec la construction du prix en marche avant à partir des indicateurs de coûts interprofessionnels ». « Et puis on va se le dire aussi, il y a un sujet de compétitivité dans les exploitations. Parce que la compétence de l’éleveur aujourd’hui est aussi un élément assez décisif des ratios technico-économiques ». « Pourquoi je dis ça ? Parce que je voudrais vous parler de dermatose. On a eu le sujet avec les Savoie, cet été, chez lesquels on a un haut niveau de compétences techniques. Je faisais la parenthèse, parce que dans l’avenir de l’élevage, on a besoin de gens qui soient des professionnels de la génétique, du suivi des troupeaux, de la compétence, et je le dis parce qu’on a vécu un Salon de l’agriculture un peu difficile, et quand on voit ce que sont aujourd’hui les concours, les gens qui sont des spécialistes des animaux, les races, il faut absolument qu’on protège et qu’on garde ça. C’est un patrimoine français qui a une valeur dont je pense qu’on ne mesure pas l’enjeu ».•
Interventions syndicales
« Et si demain, il n’y avait plus de syndicats ? »
C’est en ces termes, volontairement provocateurs, que Justin Lemaitre, secrétaire général de JA 76, a pris la parole devant les adhérents de la FNSEA 76, en lieu et place du président Jérôme Malandain, excusé. La réponse, évidemment, a permis de rappeler toute l’importance des organisations syndicales JA et FNSEA pour « défendre vos problématiques locales, nationales ou européennes », pour se battre contre « les normes, les taxes, les accords commerciaux » ou être là « en cas d’aléas ». Fier d’appartenir à une organisation qui ne « tombe pas dans le populisme », misant sur la capacité des adhérents à faire preuve « d’analyse, d’esprit critique et de rationalité », le secrétaire général appelle aussi les agriculteurs à voir « plus loin que les réseaux sociaux, à s’investir, tous, collectivement, dans l’ensemble de nos OPA, dans nos filières, pour faire entendre notre voix et faire bouger les lignes ». Le secrétaire général, est aussi revenu sur le succès des Terres de Jim, en remerciant les adhérents de la FNSEA 76 et notamment les Seniors agricoles, particulièrement engagés aux côtés des JA 76 qui vous donnent rendez-vous les 5 et 6 septembre à Yvetot pour le Festival de la terre 2026. « Vive la FNSEA et vive JA » lançait le secrétaire général de JA 76 pour conclure.•
« Portons des projets »
« Merci Arnaud de nous avoir honorés de ta présence et merci de ton engagement au quotidien », a lancé Bruno Ledru, président de la FNSEA 76, en conclusion de cette assemblée générale. Dans son discours, il s’est attaché à relater l’année mais aussi à énoncer les grands dossiers en cours. La simplification « qui n’avance pas », la protection de la ressource en eau, « sujet qui fera la décroissance de la production agricole de la Seine-Maritime si on ne s’en occupe pas », ou encore la Pac 2027 qui doit « soutenir la production et l’investissement, et nous protéger ». Sur le plan syndical, il considère que « le vrai sujet qui nous guette, c’est la désyndicalisation ». Comment vendre les acquis du réseau FNSEA, comment lutter contre les fausses informations et la frénésie des réseaux sociaux ? S’appuyant sur l’exemple de la DNC, qui a fait émerger une nuée de spécialistes vétérinaires, Bruno Ledru a rappelé l’importance pour le réseau FNSEA de resserrer les liens avec les agriculteurs, en proximité, pour ramener de l’information et de la raison. Pour conclure, il a tenu à saluer Véronique Taton, directrice de la FNSEA 76, qui prendra sa retraite le 31 mars après 41 ans au service des agriculteurs du département. « Tu as toujours su créer un climat de confiance, de sérénité et de stabilité. Merci pour tout ce que tu as fait », a conclu Bruno Ledru à l'adresse de Véronique.•
Féminisation et renouvellement syndical
Si l’assemblée générale de la FNSEA 76 a surtout été marquée par les échanges avec le président de la FNSEA, elle fut d’abord consacrée à sa partie statutaire.
En ouverture de cette assemblée générale, les adhérents, et après avoir validé les comptes 2025 de la FNSEA 76, ont dû débattre des modifications statutaires proposées par le conseil d’administration. Ces dernières visent notamment à accroître la place des femmes dans le conseil d’administration de la FNSEA 76. Cette modification statutaire, validée unanimement par les délégués présents, s’inscrit dans une volonté collective de féminisation de toutes les instances de la FNSEA, du local au national. « Alors que 26 % des agriculteurs sont des agricultrices, il est normal que davantage de femmes accèdent aux instances de nos structures », a rappelé Bruno Ledru, président de la FNSEA 76.
Remerciements syndicaux
L’autre grand moment de cette assemblée générale statutaire a été la présentation du rapport d’activité par Stéphane Donckele, secrétaire général de la FNSEA. Ce dernier est ainsi largement revenu sur les grandes actions syndicales de l’automne et de l’hiver autour des thèmes centraux de la Pac, du Mercosur et de la taxe sur les engrais. Le secrétaire général a aussi évoqué tous les sujets départementaux, du travail mené autour de la qualité de l’eau aux actions entreprises par les syndicaux locaux. Enfin, pour clore cette séquence, Bruno Ledru et Stéphane Donckele ont remercié chaleureusement tous les élus qui, à l’occasion de ce renouvellement syndical, vont quitter le conseil d’administration. Bruno Ledru a ainsi salué, un à un, « tous ceux qui, parfois depuis plus de 20 ans, ont donné de leur temps pour défendre les agriculteurs du département ». Ils ont reçu, en guise de remerciement, un petit panier garni de produits seinomarins. Les nouveaux administrateurs, fraîchement élus, ont eu aussi été mis à l’honneur à l’occasion de cette assemblée générale.•