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Pouvoir faire le travail seul

Les associés du Gaec de l’Hirondelle (08) ont su s’adapter aux contraintes de leur bâtiment pour en faire un lieu fonctionnel et gagner ainsi en efficacité et en souplesse de travail.

« Dans tous les projets que l’on entreprend, c’est la qualité de vie qui est la base de notre réflexion. Notre travail est une passion, mais hors de question de se tuer à la tâche », déclare Marie Auprêtre, l’une des deux associées du Gaec de l’Hirondelle. Cette dernière a rejoint son époux François, il y a trois ans, sur cette exploitation située à Cheveuges, dans les Ardennes. Le couple y élève, avec l’appui d’un salarié à temps partiel et d’un apprenti, une centaine de vaches laitières pour une production qui dépasse aujourd’hui le million de litres de lait. Avant de s’installer en 2017, François Auprêtre a été salarié pendant une douzaine d’années sur l’exploitation. La production tournait au départ autour des 350 000 litres. La salle de traite : une 2 x 4 postes en tandem. Une installation à bout de souffle, plus du tout adaptée à la taille du nouveau troupeau. L’éleveur passait jusqu’à huit heures par jour rien que pour la traite. Il s’agissait donc de gagner du temps, mais aussi en flexibilité. « La particularité d’être un couple sur une exploitation implique une autre organisation. Avec en plus deux enfants en bas âge, il faut s’adapter », expliquent les deux associés.

Gagner en efficacité

D’où l’idée d’un nouvel aménagement qui permette que le travail puisse être fait, en cas de besoin, par une personne seule. « Si François n’est pas là, qu’il est par exemple retenu par les travaux des champs, je sais parfaitement me débrouiller seule », insiste Marie. Tout a été pensé dans ce sens : gagner en efficacité. Finie donc la salle de traite, place à deux robots Lely Astronaut A4. Ils sont positionnés à l’extrémité du bâtiment, face à face, avec une sortie commune. Les vaches sont ainsi renvoyées soit dans le bâtiment, soit elles traversent la table d’alimentation pour aller en pâtures. En sortie de traite, deux abreuvoirs sont reliés au pré-refroidisseur du tank. L’avantage : il utilise de l’eau froide pour refroidir le lait et l’eau tiède qui en sort est réutilisée pour abreuver les animaux. « Les vaches ayant une tendance à préférer de l’eau tempérée », explique Marie Auprêtre. Une économie d’eau mais aussi une consommation du tank en électricité divisée par deux. Une nouvelle laiterie a été créée, à proximité des robots. L’ancienne, devenue trop petite est désormais un bureau.

Un égouttoir sur caillebottis

On est là sur un système de logettes paillées, qui maintiennent les vaches propres. De quoi aider à assurer une certaine qualité du lait au niveau des robots. 
« Mais la difficulté en logettes paillées reste la gestion des effluents derrière », précise Maxime Tamine, conseiller à la Chambre d’agriculture des Ardennes, qui a accompagné le projet. Un système d’égouttage avait déjà été mis en place. Les racleurs amènent le fumier sur la partie caillebottis, les parties liquides tombent dans la fosse. Un fumier, plus dense, est ainsi poussé dans la fumière. Les robots sont justement venus s’implanter à cet endroit.
Il a fallu ensuite récréer une troisième rangée de logettes dans l’ancienne partie traite. Enfin, des jeux de barrières placées judicieusement un peu partout dans le bâtiment viennent faciliter la contention des animaux.•

 

Faire avec l’existant

« Le bâtiment de traite du Gaec de l’Hirondelle est ancien, il date des années 1980. Il a fallu faire avec l’existant, résume Maxime Tamine, conseiller bâtiment à la Chambre d’agriculture des Ardennes. On se retrouve ici avec une table d’alimentation un peu restreinte. Le mur du silo étant juste derrière, il n’y avait pas de possibilité de l’agrandir. » 
Pour s’adapter aux périodes chaudes durant l’été, le choix a été fait d’installer ventilateurs et brumisateurs. Parce qu’il était impossible de moduler l’arrière du bâtiment, le bardage en bois peut également se rabattre afin d’être ouvert complétement et créer ainsi des entrées d’air. 
Originalité, François Auprêtre a conservé un morceau de l’ancienne salle de traite. Un box qu’il a ingénieusement adapté et qui lui sert de zone d’isolement. « Je m’en sers dès qu’il faut intervenir sur une vache. Je peux par exemple tarir à hauteur, explique-t-il, c’est très pratique. » 
 

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