Le coq s’invite à table
À 35 ans, Chloé Godefroy-Lemelle fait partie de cette nouvelle génération de jeunes agricultrices qui s’installent hors cadre familial. Depuis 2023, elle dirige Le Poulailler de la Grange à Montmain spécialisé en volailles de chair et poules pondeuses plein air. Pour les fêtes, son coq à la chair onctueuse s’invite à table.
À 35 ans, Chloé Godefroy-Lemelle fait partie de cette nouvelle génération de jeunes agricultrices qui s’installent hors cadre familial. Depuis 2023, elle dirige Le Poulailler de la Grange à Montmain spécialisé en volailles de chair et poules pondeuses plein air. Pour les fêtes, son coq à la chair onctueuse s’invite à table.
Bien que Chloé Godefroy-Lemelle soit officiellement seule à la tête de l’exploitation, le projet est mené à deux avec son mari, conjoint collaborateur. « Ce projet-là, c’est le projet d’une famille. On a acheté la ferme ensemble et tout ce qu’on a construit repose sur notre engagement commun », explique-t-elle en soulignant aussi l’importance de leur salariée, « un pilier du bon fonctionnement de l’exploitation », dont la présence et le travail quotidien contribuent à l’équilibre de l’ensemble.
Une installation structurée
Diplômée d’un bac professionnel CGEA (conduite et gestion d’une exploitation agricole) obtenu au lycée professionnel Gilbert Martin au Neubourg (Eure), Chloé a travaillé en usine avant de trouver l’exploitation correspondant à ses attentes. La ferme qu’elle a reprise possédait déjà un outil de travail opérationnel : magasin à la ferme, distributeurs automatiques, clientèle et présence locale bien établie. « J’ai visité plusieurs fermes avant de trouver celle où je pouvais réellement me projeter ».
Élevage en plein air
L’exploitation comprend trois bâtiments pour les volailles de chair et deux pour les poules pondeuses, tous ouverts sur des parcours plein air. Les pondeuses arrivent à 4-6 mois et les volailles de chair à 5 semaines après la poussinière. L’alimentation à base de céréales (blé, maïs) et de minéraux adaptés est fournie par une coopérative. Les volailles de chair sont abattues sur place, tandis que les pondeuses sont envoyées à la transformation.
Chloé insiste sur l’encadrement strict de la filière, où traçabilité et contrôles réguliers font partie du quotidien. « C’est une filière très suivie, les contrôles sont importants ». Elle réalise notamment des prélèvements mensuels obligatoires pour détecter la salmonelle, comme l’exige la DDPP.
Un dimensionnement réfléchi
L’éleveuse dispose de tout le matériel nécessaire pour l’alimentation et l’élevage : silos, mangeoires, abreuvoirs et matériel d’élevage. Ses investissements visent le renouvellement du matériel usé et l’entretien des bâtiments, avec des réparations ponctuelles. « Mon projet à long terme serait la rénovation complète des bâtiments pour une production plus pointue, mais pour l’instant je me concentre sur l’entretien quotidien et les imprévus. Le métier est déjà assez exigeant sans se mettre dans des investissements trop lourds ».
Commercialisation
Sa gamme de produits est large : volailles à rôtir, volailles à la découpe (blancs, cuisses, ailes), volailles festives (dindes, chapons, pintades, poulardes), œufs, ainsi qu’un nouveau produit cette année : le coq nourri au lait. Le lait donne à l’animal une chair « plus tendre, plus moelleuse ».
L’intégralité de sa production est commercialisée en circuit court : au magasin de la ferme et via ses distributeurs automatiques installés le long de la départementale qui jouxte l’exploitation. « Certains clients apprécient le contact humain du magasin, d’autres la praticité du distributeur. Les deux se complètent très bien ».
La jeune femme a développé des coffrets de Noël pour répondre à la demande croissante de clients durant les fêtes. Ils se composent des produits de la ferme et de producteurs locaux pour avoir un beau panier garni : volailles prêtes à cuire, œufs, jus de pomme ou cidre. Ils sont disponibles sur commande et rencontrent un succès croissant.
Belle reconnaissance
En 2025, la jeune femme a reçu l’Étoile gourmande du quotidien Paris Normandie, qui récompense les producteurs locaux engagés et la qualité de leurs produits. « C’est une belle reconnaissance pour l’exploitation », conclut l’éleveuse.•
Plus d’information sur la page Facebook : Le Poulailler de la Grange