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Au Sia 2026, Département et Région promeuvent le local

Lors de l'inauguration du stand de la Seine-Maritime, Bertrand Bellanger, président du Département, a tenu à rappeler la vocation agricole de la Seine-Maritime : « Nous sommes le 12e département français agricole. Nous avons 5 000 exploitations agricoles et nous attachons une importance particulière à soutenir celles et ceux qui font vivre l’agriculture. J’ai une pensée aujourd’hui pour tous ceux qui consacrent leur vie à l’élevage ». 

 

La Seine-Maritime met son fromage AOP à l’honneur

La Confrérie du neufchâtel, représentée par Arlette Dupuis, haut chambellan, était donc présente à l‘inauguration du stand de la Seine-Maritime lundi 23 février. Le président du Département, qui est membre de la Confrérie du neufchâtel depuis 4 ans, a rappelé la phrase d’intronisation : « En toutes circonstances et quoi qu’il arrive, je défendrai les valeurs du neufchâtel ». « Nous avons vraiment voulu mettre en valeur ce fromage particulier, à pâte molle et à croûte fleurie, pour cette édition du Salon de l’agriculture. C’est notre seule AOP mais c’est peut-être aussi le plus ancien des fromages. Sa forme particulière remontrait à la période de l’occupation anglaise ».

Conserver et transmettre

Le préfet de Normandie, préfet de la Seine-Maritime, Jean-Benoît Albertini, a également salué cette capacité du monde agricole à conserver et transmettre, de génération en génération, cette envie de faire connaître ses savoir-faire. « Transmettre veut dire que l’on est capable de conserver, mais également de faire fructifier, de restituer et de former ».
La Confrérie du neufchâtel a été créée en 1996. Elle compte aujourd’hui une vingtaine de producteurs de neufchâtel dans la zone AOP. Chaque année, 11,4 millions de litres de lait sont transformés pour fabriquer 1 600 tonnes de neufchâtel.
« La fabrication de ce fromage est exigeante avec un respect du cahier des charges qui privilégie la race normande et le pâturage, donc le maintien des prairies », a souligné la présidente de la Chambre d’agriculture de Seine-Maritime, Laurence Sellos, qui venait de visiter le concours général agricole qui a attribué la médaille d’or au Gaec Genty installé à Richemont.

Un savoir-faire normand à l’honneur

L’Ordre des canardiers, qui fêtera ses 40 ans d’existence cette année, a offert une belle démonstration et dégustation de la fameuse recette du canard à la rouennaise, ou canard à la presse. À l’origine de la recette, deux races locales : le canard de Duclair et le canard de Rouen, en général abattus entre 14 et 16 semaines, étouffés et non saignés pour proposer une belle chair rose et délicate. Ces deux races font partie du patrimoine vivant de la Normandie. Leur production reste limitée dans les boucles de la Seine.

Des producteurs à l’honneur avec Mon Panier 76

Avec la plateforme Mon Panier 76 qui vient de fêter ses 5 ans d’existence, le Département de la Seine-Maritime fait partager les savoir-faire des producteurs qui font vivre le territoire : une trentaine de producteurs ont été invités durant toute la semaine pour promouvoir leur production et montrer le dynamisme du monde agricole seinomarin. Lundi dernier, c’est notamment la fromagerie de la Ferme des 5 Frères à Bermonville qui faisait découvrir son camembert.

Le défi du renouvellement agricole

L’inauguration du pavillon normand a été marquée par un discours du président des Chambres d’agriculture de Normandie, Sébastien Windsor : « dans 10 ans, c’est la moitié de la population agricole normande qu’il va falloir renouveler. C’est un travail monstrueux et nous avons un dispositif en préparation, porté par l’État, France Services Agriculture. Nous y travaillons avec les Jeunes agriculteurs et allons mettre en place un guichet unique pour accueillir tous les candidats ». « La Normandie n’est plus épargnée par le changement climatique et certaines exploitations sont dans des situations très difficiles. Nous devons être aidés mais je pense aussi qu’il est important d’identifier tous les projets qui peuvent sortir les agriculteurs de notre territoire de ces difficultés économiques : construction de poulaillers ? Engraissement des broutards chez nous plutôt qu’en Italie ? En grandes cultures, est-on capable d’amener un peu d’irrigation alors que l’on vit des hivers avec des excès d’eau ? Nous aurons également un débat État-Région, animé par les Chambres d’agriculture, autour des enjeux de souveraineté alimentaire. J’espère aboutir à un plan régional très pragmatique ».

Faire vivre l'économie locale

Durant toute cette semaine, près de 130 producteurs normands rencontrent les consommateurs au sein du pavillon conçu par les équipes des cinq Chambres d’agriculture départementales, leur expliquant pourquoi il faut consommer local, pourquoi il faut consommer normand. « En faisant cela, ils aident l’agriculture mais ils aident aussi l’économie locale », déclare Sébastien Windsor.

Hervé Morin annonce un soutien aux filières agricoles

Accompagné de Clotilde Eudier, vice-présidente en charge de l’agriculture, Hervé Morin a échangé avec Jean-Michel Schaeffer, président d'Anvol (interprofession de la volaille de chair), Yves-Marie Beaudet, président du CNPO (interprofession de l'œuf), Laurence Sellos, présidente d'Avi Normandie sur le développement de la filière volaille et œufs en Normandie. Face à une concurrence déloyale des importations à bas coûts, les professionnels espèrent le soutien des élus pour préserver la filière française. Pour répondre à l’augmentation de la demande française et relocaliser un tiers des importations, l’objectif est la construction de 2 200 poulaillers standards et 600 poulaillers Label rouge à 10 ans.
« Nous allons faire évoluer nos dispositifs de soutien à l’investissement en les remontant significativement sur un certain nombre de productions, filières ou secteurs, au titre de la souveraineté alimentaire ou au titre de l’adaptation au changement climatique », a déclaré Hervé Morin.
Dans le cadre de cette réévaluation du dispositif, la Région Normandie souhaite répondre présente pour aider aux investissements nécessaires à l’augmentation de la production de viande de volaille et d’œufs sur le territoire. L’aide à la modernisation des outils de production ne sera pas oubliée, ainsi que le soutien aux investissements pour que l’engraissement des veaux et des bovins reste sur le territoire. « Nous allons aider les exploitations qui souffrent à cause des événements climatiques sévères. Je pense au sud de l’Eure et à l’Orne. Il y a bien sûr la question du bio, et nous regardons comment aider un peu plus les investissements des jeunes agriculteurs. De mes visites, je retiens que la question principale est d’avoir des exploitations en situation de produire suffisamment pour participer à la création de valeur à l’échelle régionale et nationale ».•

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