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Filière ovine : entre réformes de la Pac et enjeux sanitaires

Le 11 février dernier, la section ovine de la Seine-Maritime s'est réunie à Bois-Guillaume pour l'assemblée générale régionale de la FNO et l'élection de son bureau.

Lors de l'assemblée générale régionale de la FNO (Fédération nationale ovine), Rachel Legrand, la directrice, a dressé un état des lieux de la filière. Entre la menace sanitaire persistante et les incertitudes liées à la future Pac, l'heure est à la mobilisation générale pour préserver l'élevage ovin.

Le premier sujet de tension concerne la FCO (fièvre catarrhale ovine) 5 et 8. Si l'État a fourni des vaccins gratuits, la FNO a exprimé sa vive inquiétude face au faible taux de couverture vaccinale actuel.

Parallèlement, une nouvelle menace plane sur l'Europe : la clavelée (variole ovine). Très virulente et actuellement présente en Grèce et en Roumanie, elle impose une vigilance accrue aux frontières. La FNO demande un renforcement des contrôles pour éviter une introduction sur le territoire national.

Pac 2028-2034

Le deuxième sujet de la matinée a été l'architecture de la future Pac qui inquiète la filière. Deux points de rupture majeurs se dessinent dans les négociations :

  • le budget de la Pac pourrait être intégré dans un fonds global géré par le ministère des Finances. Cette perte d'exclusivité fait craindre un arbitrage budgétaire défavorable aux agriculteurs face à d'autres secteurs ;
  • une flexibilité accrue laissée aux États membres pour cofinancer les aides pourrait créer une Europe à deux vitesses, où les pays aux finances les plus solides soutiendraient davantage leurs agriculteurs que les autres.

Dans ce brouillard institutionnel, le maintien des aides couplées à la brebis semble acté. Une victoire pour la France, ce dispositif restant le socle de la stabilité des effectifs sur le territoire.

L'ombre du libre-échange et de la viande australienne

Si la consommation d'agneau reste portée par les fêtes calendaires (Pâques, Noël, Aïd), l'ouverture des vannes commerciales menace cet équilibre.

La reprise des négociations avec l'Australie ravive les craintes. Les éleveurs redoutent l'importation massive de brebis de réforme qui pourrait être vendue sous une dénomination floue, créant une confusion chez le consommateur et un effondrement des cours.

Le signal politique est jugé d'autant plus inquiétant qu'un contingent de 3 500 tonnes a été récemment ouvert à l'Inde. Pour la filière, ces micro-ouvertures de marché, cumulées, finissent par saturer l'offre européenne au détriment de l'origine France.

Et pour clôturer l'assemblée générale régionale, le dernier sujet a été la prédation. Le loup continue son expansion, et la pression sur les troupeaux ne faiblit pas. Cependant, le récent changement de statut du loup au niveau européen passant de "strictement protégé" à "protégé" ouvre une fenêtre de tir législative. Les éleveurs attendent désormais une traduction concrète pour faciliter les tirs de défense et protéger efficacement les bêtes.

En 2025, le budget alloué à la protection (chiens de protection, bergers, filets électrifiés) a atteint environ 50 millions d'euros. Le coût de la cohabitation avec le loup représente désormais près de la moitié du budget total de la filière ovine, un investissement colossal qui ne remplace pas la sérénité du pâturage.

Une réélection à l'unanimité

La matinée s'est terminée par l'élection du bureau de la section ovine. Grégoire Mille, président sortant de la section, a été réélu à l'unanimité. Ce vote témoigne de la confiance des éleveurs envers leur représentant, qui saluent son engagement pour la filière.

Pour ce nouveau mandat, l'ambition du bureau ne se limite pas à la défense syndicale. Grégoire Mille a annoncé vouloir relancer la Journée du mouton. Si le calendrier et le lieu restent encore à définir, ce projet marque la volonté de la section de redonner de la visibilité à la filière.

L'après-midi, Grégoire Mille a ouvert les portes de son exploitation à Préaux pour présenter ses pratiques de conduite de troupeau.•

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