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Cyclair lance son rover de désherbage de 7 mètres

Un robot désherbeur capable de repérer seul le rang et les adventices. Voilà la promesse du système Cyclair, que NatUp teste depuis le printemps dernier. Le rover est commercialisé depuis quelques semaines.

Après une phase de test et la sortie d’un démonstrateur de 3 mètres de large, la start-up française Cyclair a lancé il y a quelques semaines sa phase de commercialisation de son Rover GW. Doté d’une largeur de travail de 5,40 mètres (pour 7 mètres de large), l’outil a été spécifiquement pensé pour travailler en grandes cultures : à savoir sur de grandes surfaces avec des implantations et des conditions culturales irrégulières. Ce système dispose de détecteurs embarqués qui, grâce à l’intelligence artificielle et au deep-learning, repèrent le rang et l’inter-rang ainsi que les adventices à scalper. Le robot peut ainsi, de manière autonome, se guider seul dans la parcelle et faire son travail de désherbage sélectif.

Guidage visuel et deep-learning

« C’est vraiment un robot qui a besoin de très peu de pré-installation, assure Sébastien Gorry, fondateur de Cyclair. Il suffit de le mettre devant un champ qu’il ne connaît pas, il va voir les motifs de végétation et va déterminer lui-même sa trajectoire. » Après, bien sûr, avoir défini le périmètre de sécurité au-delà duquel le robot ne peut pas intervenir. Le repérage des bords de parcelle se fait avec une perche GPS avant d’être installé dans le Rover. Il y a donc quand même ce périmètre GPS qu’on met en place. « Cela se fait très vite, et tant que la parcelle n’est pas modifiée, il n’y a pas besoin de le refaire », précise le dirigeant.
Contrairement aux robots “semeurs”, le rover GW se guide d’abord grâce à ses caméras dans la parcelle. Mais il est aussi capable de profiter d’un guidage RTK pour un deuxième passage plus rapide, profitant de ce qu’il a vu et appris lors de son précédent passage. « Il serait bête de ne pas accélérer la vitesse du robot, en sachant qu’il est déjà passé par là. Mais il a toujours cette capacité d’adapter sa trajectoire par rapport à ce qu’il voit. »

Désherbage sur le rang

Ce guidage “visuel”, le rover Cyclair est en mesure de l’utiliser aussi pour augmenter la précision de son désherbage. Car, s’il est bien sûr équipé d’outils passifs de désherbage de l’inter-rang (bineuses, sarcleuses et des disques de buttage), il peut aussi intervenir directement sur le rang. Avec des doigts Kress, et de manière systématique. Mais aussi avec des outils actifs motorisés intelligents. Les lames (sarcleuse, sarcleuse buteuse) ou les peignes vont décrire, autour du plant, une courbe pilotée par l’intelligence artificielle en fonction de ce qu’elle “voit”.
Voilà pour la technique. Côté pratique, le rover GW cherche à répondre aux contraintes des producteurs. Sur le poids d’abord. Si l’engin affiche environ 3 tonnes sur la balance, le constructeur annonce une empreinte au sol de seulement 0,9 bar. « Une partie significative de cette masse appuie sur les roues de terrage. Donc, on tasse très peu le sol », défend Sébastien Gorry. De plus, le rover est programmé pour repasser sur ses passages de roues pour les décompacter.

500 ha par an minimum

Ce poids raisonnable est possible aussi grâce à la motorisation hybride du robot (contrairement au démonstrateur qui était 100 % électrique). Celui-ci s’alimente avec du GNR ou du B100 et dispose d’un réservoir de 80 litres qui lui offre une autonomie allant de 30 à 40 heures de désherbage.
Le débit de chantier peut monter jusqu’à 1,3 hectare par heure. Avec l’objectif de faire au moins 500 hectares par an. Car l’investissement est de l’ordre de 200 000 euros, selon les outils et les options choisies. Sa rentabilisation passe donc par un usage important. Sébastien Gorry : « Le but est que cet outil soit utilisé toute l’année. Si le robot intervient entre 600 et 900 hectares par an, son coût doit être, en fonction des modalités, entre 55 et 75 euros par hectare et par passage. Tout compris, c’est-à-dire en comptant l’amortissement du matériel plus le coût opérationnel (énergie, maintenance, etc.). » Soit un coût équivalent à un désherbage chimique.•

Témoignage : un système testé par NatUp lors de la dernière campagne

« Avec l’augmentation des résistances aux matières actives, nous sommes en situation de risque. La solution mécanique s’impose donc comme une solution complémentaire au levier agronomique. » Sébastien Benoist, est chargé du développement de nouvelles offres en agriculture de précision chez NatUp. Il a piloté un test du robot de Cyclair, lors de la dernière campagne.
Si la coopérative s’est tournée vers Cyclair, c’est d’abord pour ses dimensions. L’objectif étant de chercher des réponses pour les cultures semées avec un semoir traditionnel et sur de grandes surfaces. En opposition aux robots associés à un semis géolocalisé, il fallait donc un outil rapide et transportable, comparable à une bineuse traditionnelle.
C’est le démonstrateur de 3 mètres que NatUp a testé sur une bande de maïs de 1,5 hectare dans le Lieuvin (Eure). « L’objectif était déjà de voir son comportement par rapport à celui d’une bineuse », précise Sébastien Benoist. « Dans l’inter-rang, la performance est proche, assure-t-il. Mais quitte à avoir une contrainte supplémentaire par rapport à la bineuse, je pense qu’il serait intéressant que l’outil soit aussi actif sur le rang. » Une modalité que NatUp n’a pas eue l’occasion de tester.
Après un seul essai sur maïs, le technicien sait toutefois qu’il est encore trop tôt pour juger. Néanmoins les résultats prometteurs conduisent la coopérative à envisager, avec le constructeur, de poursuivre les essais dès l’année prochaine sur maïs, mais aussi peut-être sur colza.

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