« Un coût moindre pour s'installer et une rentabilité plus rapide »
En Île-de-France, la production ovine est en plein essor. Exemple à Saint-Mars-Vieux-Maison, en Seine-et-Marne, où le projet de construction d'une nouvelle bergerie de l'éleveur Camille Pettinger devrait aboutir en fin d'année. À terme, la troupe augmentera de 150 à 300 têtes.
À Saint-Mars-Vieux- Maison (Seine-et-Marne), la Ferme de Ferrière est en pleins travaux. Une nouvelle bergerie devrait accueillir brebis et agneaux dès décembre. L'exploitant agricole Camille Pettinger, fils de polyculteur, s'est installé en production ovine en 2022 avec une troupe de 150 mères.
« Un atelier qui présente un coût moindre pour s'installer et une rentabilité plus rapide »
« J'ai toujours aimé l'élevage de ruminants et plus particulièrement les moutons. Cet atelier présente aussi un coût moindre pour s'installer, une rentabilité plus rapide, valorise des terres à faible potentiel, et c'était le début de la relance ovine et de son essor en Île-de-France », résume celui qui adore « déguster de la bonne viande d'agneau ». À terme, la nouvelle bergerie, dont les travaux ont pris du retard à la suite de difficultés administratives, accueillera 300 mères.
Double actif - il est salarié agricole sur l'exploitation de l'établissement agricole La Bretonnière, à Chailly-en-Brie, établissement dont il est ancien élève -, ce titulaire d'un bac pro CGEA (Conduite et gestion d'une exploitation agricole) en productions animales a repris un corps de ferme et 20 hectares sur sa commune natale. C'est un retour aux sources après avoir travaillé neuf ans sur la partie grandes cultures de la Ferme des Trente arpents, à Favière (Seine-et-Marne).
Une filière qui se structure
Ayant toujours voulu être sélectionneur, la proximité de l'Oson (Organisme de sélection ovin nord) pour les races île-de-France et texel à Verdilly (Aisne) est aussi un atout.
Ses brebis, agnelles et agneaux de race île-de-France à 100 %, aux qualités bouchères reconnues, sont élevés en semi- bergerie. Une très grosse partie est vendue en vente directe sous forme de caissettes d'un demi-agneau (environ 10 kg). « Je privilégie la vente directe, mais je ne suis fermé à aucun marché tant que les prix sont corrects. Je refuse de me voir imposer les prix. Par ailleurs, le contact et le retour des clients sont sympas », notent l'exploitant et son épouse, Adeline.
L'alimentation (orge, féverole, foin de luzerne) de la troupe est produite sur sa ferme ou celle de son père et de son frère située à quelques encablures.
« La race île-de-France est une race locale, historique et dessaisonnée qui permet une production d'agneaux tout au long de l'année », précise l'agriculteur, qui s'organise autour de trois périodes d'agnelage par an. L'abattage est réalisé à Jossigny (Seine-et-Marne) ou à Troyes (Aube) si le lot compte des brebis, celles-ci étant transformées en merguez.
Équipé d'une remorque frigorifique, Camille Pettinger propose cinq à six ventes dans l'année.
« Une véritable dynamique ovine existe en Île-de-France », insiste l'éleveur, qui s'investit dans cette filière au sein de l'association des Bergers d'Île-de-France. Il souligne l'organisation des Journées ovines, des Ovinpiades, « qui permettent de toucher les jeunes et de les booster lors des entraînements », et de concours tout spécialement organisés à leur intention. En 2025, il a vendu des agneaux à la Foire de Coulommiers, où un concours d'agneaux était organisé. Cette année, très pris par son nouveau bâtiment, il ne participera pas - à regret -, au concours organisé dans le cadre du Festival de la terre organisé ce dimanche 13 septembre à Courpalay par les Jeunes agriculteurs de Seine-et-Marne. « Mais je serai présent pour soutenir mes collègues », tient-il à préciser.
Du lait en projet
En parallèle de ce développement d'ovins viande, son épouse Adeline Pettinger, ancienne salariée d'une exploitation d'élevage seine-et-marnaise, travaille à un projet de brebis laitières avec transformation fromagère.•