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Un bâtiment bien conçu, clé de réussite du stockage

Depuis 2020, Alexis Madurel bénéficie d'un nouveau bâtiment de stockage de pommes de terre. Un investissement conséquent qu'il estime indispensable à la rentabilité de l'activité. Témoignage.

Pour la gestion du stockage, Alexis Madurel bénéficie des conseils d'Aurélie Pernel, responsable qualité pommes de terre chez Sana Terra.
Pour la gestion du stockage, Alexis Madurel bénéficie des conseils d'Aurélie Pernel, responsable qualité pommes de terre chez Sana Terra.
© Alix Penichou

La pomme de terre a toujours fait partie de la vie d'Alexis Madurel. "Mon grand-père et mon père en ont toujours produit." Alors lorsqu'il s'est installé en 2018, en reprenant l'exploitation familiale de son épouse à Hénencourt (80), la création d'un atelier pommes de terre était évidente. La construction d'un bâtiment de stockage s'est vite imposée. "Avec l'arrêt du CIPC, mon père - dont je reprendrai l'exploitation à son départ à la retraite - avait aussi besoin d'un bâtiment plus étanche. Nous avons donc mené ce projet en commun."

Depuis 2020, ils bénéficient d'un tout nouveau bâtiment de stockage en vrac à Étinehem- Méricourt. Tout est pensé pour un maximum d'efficacité : des murs de 100 mm de large, et 120 mm au plafond pour une bonne isolation, couloir technique équipé de neuf ventilateurs, volets d'entrée d'air, hygromètre extérieur, quatre sondes de température... Le tout avec déclenchement automatique. 2 000 tonnes de variété Fontane y sont stockées depuis la récolte en octobre, soit le résultat de 57 hectares de pommes de terre. Le tas de 4 mètres de haut, bien nivelé, ne partira qu'en juin pour être transformé en frites. "Cette longue conservation nous permet de rentabiliser l'investissement."

Maîtriser toutes les étapes

Selon le producteur, il s'agit de maîtriser toutes les étapes de culture. "La vigilance commence dès la réception des plants." Une pomme de terre de mauvaise qualité se conservera forcément moins bien. Cette année, la météo très pluvieuse a sérieusement compliqué la récolte et la mise au bâtiment. "C'était gorgé d'eau et de terre. Le tamisage a été difficile." Les remorques ont été bâchées lorsque les transports se faisaient sous la pluie. Alexis a aussi fait le choix de stocker ailleurs les pommes de terre plantées en fourrière, la partie la plus humide du champ, pour pouvoir les rentrer à la fin, à l'entrée du bâtiment. "Ainsi, si elles pourrissent, elles seront plus simples à enlever. Le reste des pommes de terre sera préservé."

Dès l'entrée au bâtiment, la température des pommes de terre est surveillée au quotidien, pour respecter les fameux paliers de - 0,5 °C par jour et atteindre rapidement 7 à 8 °C. Quatre mois plus tard, les pommes de terre semblent bien stabilisées. "Mais c'est du vivant, donc la surveillance doit rester régulière." La rémunération d'une année de travail en dépend.•

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