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Trois jours de mobilisation régionale agricole

Mardi matin, et après plus de 60 heures de mobilisation, le réseau JA-FDSEA normand a levé l'action initiée par JA Normandie. Les agriculteurs ont manifesté trois jours durant sur le port du Havre leur colère contre le Mercosur, la “taxe engrais” (Macf) et plus largement l'empilement des normes administratives qui handicape la profession. Compte-rendu en images de cette action d'ampleur très médiatisée.

Les agriculteurs du réseau JA-FDSEA normand n'ont pas décoléré du week-end contre le Mercosur et les annonces faites par le Premier ministre vendredi soir n'ont rien changé à leur détermination de se faire entendre.

Une mobilisation en deux temps

Un rendez-vous a d'abord été donné à l'ensemble des syndicats normands de se rejoindre samedi 10 janvier, à 13 heures, au pied du pont de Normandie. Résultat : une centaine d'agriculteurs présents, équipés d'une trentaine de tracteurs, y ont installé un barrage filtrant durant plus de trois heures, tandis qu'un petit groupe avait été envoyé quelque temps auparavant, en éclaireur, sur le port du Havre afin d'y monter un campement. Et c'est devant l'une des entrées du port que les manifestants se sont installés, rapidement rejoints par ceux du pont de Normandie, sous bonne escorte de la Gendarmerie nationale. Ce laps de temps leur a aussi permis de coordonner le mouvement.

L'inspection des chargements

Lieu névralgique de l'économie normande, du Grand Ouest et de la région parisienne s'il en est, le port du Havre voit passer environ 5 000 camions par jour, qui acheminent les marchandises déversées dans le port venues d'ailleurs et « dont certaines ne respectent pas nos normes de production », ont souligné conjointement Emmanuel Roch, président de JA Normandie, et François-Xavier Hupin, secrétaire national adjoint de JA national et ancien président des JA du Calvados, lassés d'avoir toujours à répéter les mêmes arguments.
« Cette opération est faite pour durer », a prévenu en amont Justin Lemaitre, secrétaire général des Jeunes agriculteurs de la Seine-Maritime.
Le leurre du pont de Normandie a donc bien fonctionné ; les JA ont pu tranquillement installer leur brasero pour la nuit de samedi à dimanche. 
Dimanche, la journée a été largement consacrée aux interviews, les médias étant très à l'affût d'informations, et dans l'attente des ouvertures, toujours spectaculaires, de camions. 
L'inspection des poids lourds n'a véritablement commencé que le lundi, lors de la reprise du travail des chauffeurs, et elle est rapidement montée en puissance dans la journée. Les
articles, les sons et les vidéos se sont alors enchaînés sur la toile, relayés par les réseaux sociaux. La journée a été très bien couverte, suivie par de nombreux analystes de l'agriculture de toute sorte sur les plateaux télé.

Une mobilisation très médiatisée

Au total, une centaine de camions a été inspectée et de nombreuses marchandises pour le moins exotiques y ont été découvertes : poissons chinois destinés au Canada, boyaux de mouton venus de Chine, galette de blé fabriquée en Malaisie ou autre raviolis végétaux japonais...

Maintenir la pression sur les pouvoirs publics

Mardi matin, la levée du camp a été actée. « Nous avons encore une fois prouvé que notre réseau était capable d’être pleinement mobilisé, dans une action d’ampleur sans dégradations et dans le respect des institutions, ont fait savoir les JA de Normandie. Il est maintenant temps pour nous de nous reposer, de nous remettre à jour sur nos exploitations, et de profiter de nos proches pour être de nouveau pleinement mobilisés le 20 janvier devant le parlement à Strasbourg ! En attendant, les actions en canton pour maintenir la pression continuent et nos collègues des régions voisines vont prendre le relais ! » « Notre détermination reste intacte, ajoutent-ils. Ensemble maintenons la pression pour une alimentation dont nous sommes fiers ! »

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