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Solaal Normandie : 145 tonnes de dons alimentaires en 2025

Les légumes et les pommes sont les denrées alimentaires les plus données en 2025. Solaal Normandie enregistre une collecte avec des volumes en hausse mais des disparités notables entre les départements normands. La prospection est nécessaire.

Solaal Normandie a tenu son assemblée générale à Colombelles, mardi 30 juin. L'association créée en 2021 a fait état "d'une collecte record, relève Angélique Delahaye, présidente de Solaal France, intervenue à distance. Ce n'est pas toujours bon signe pour l'agriculture quand il y a beaucoup de dons, mais c'est aussi le signe de l'extension de la notoriété du réseau."

67 % de dons légumiers

En 2025, 145 tonnes de dons alimentaires ont été totalisées. "Le volume est en hausse de 41,9 % par rapport à 2024", constate Lucie Jouvin, coordinatrice régionale du réseau. L'antenne normande est celle qui connaît "proportionnellement l'une des croissances les plus fortes" en France. Parmi les denrées récupérées, on retrouve "essentiellement des légumes. Sur les 98,90 % de dons de denrées alimentaires fraîches, 66,85 % sont des légumes et 20,5 % des fruits", note-t-elle. Dans le top des dons, on retrouve la pomme de terre avec 54 tonnes, l'endive avec 14,5 t ou encore la salade avec 10 t.

La problématique porte davantage sur le lait, les œufs et la viande. "Le don de lait reste exceptionnel", reconnaît Lucie Jouvin. "On avait essayé de mettre en place l'abandon de recettes pour que, lorsque l'exploitant envoie un animal à l'abattoir, il y ait 1 % d'abandon de recettes pour gain et transformation en steaks surgelés. Mais ça ne se fait pas. Si les abatteurs pouvaient nous donner la transformation, ce serait bien", lance Jean-Michel Hamel, président de Solaal Normandie. "Sur ces filières, il est difficile de les faire bouger. À partir du moment où il y a un intermédiaire, c'est compliqué", confirme Lucie Jouvin.

Rebond des glanages

En 2025, 13 glanages solidaires ont été réalisés contre trois en 2024. "Cela peut s'expliquer par une année 2024 plus compliquée en matière de météo", relève-t-elle. En revanche, l'année passée "a été une année assez productive en termes de pommes. Les associations en ont été saturées", décrit-elle. Au total, 6,9 tonnes de produits frais ont été glanées avec sept variétés différentes pour le compte de dix associations bénéficiaires.

En 2025, les dons sont en progression dans le Calvados, la Manche, l'Eure et la Seine- Maritime. L'Orne est "le seul département en recul", regrette l'association. D'où la nécessité d'un travail de prospection. "C'est un travail fastidieux et très chronophage, admet Lucie Jouvin. Sans présence et sans rappel constant de notre existence, on perd du terrain. C'est une mission à ne jamais lâcher."

Embarquer tous les départements

Hormis le Conseil départemental de la Manche et celui de la Seine-Maritime, via leurs actions en faveur de l'action sociale au service de l'agriculture ou de la solidarité, l'Eure, l'Orne et le Calvados ne sont pas partenaires de Solaal Normandie au grand dam de l'association. "Si tous les conseils départementaux étaient partenaires, cela permettrait d'évoluer, regrette Jean- Michel Hamel. On a toujours besoin d'aide". "Je porterai le message. Je ne manque pas de faire votre publicité", rapporte Hervé Agnès, conseiller départemental de la Manche.

L'association compte sur deux salariés (1,8 ETP), Lucie Jouvin et Benjamin Dejust, pour trouver de nouveaux donateurs et partenaires. "Il y a encore à faire dans certains départements", concède Jean-Michel Hamel. "Les élections municipales sont passées, nous allons pouvoir reprendre nos actions avec les Projets alimentaires territoriaux (PAT), notamment Boucles de Seine, Alençon, Roumois Seine, Cherbourg ou encore Lisieux", conclut Lucie Jouvin.•

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