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Quantités d’eau, rendements et marges, les systèmes d’irrigation à la loupe

Rampe d’arrosage, canon ou micro-irrigation ? Goutte-à-goutte en haut de butte, en fond de butte ou en faux billon ?
La Chambre d’agriculture de la Somme rend les résultats de ses travaux de comparaison des différents systèmes d’irrigation.

Plus que le matériel en lui-même, ce sont les conditions d’utilisation qui font la qualité de l’irrigation. Le vent est le principal frein.
© Fasterholt

« Oubliez le terme “irriguer”. Aujourd’hui, on parle de pilotage d’irrigation », présente Pierre-Baptiste Blanchant, spécialiste du sujet à la Chambre d’agriculture de la Somme. Il faut dire qu’avec de moins en moins d’eau disponible, et de plus en plus de restrictions, l’irrigation est un sujet crucial pour les producteurs de pommes de terre. Un des essais menés lors de campagne dernière consiste en la comparaison de différents systèmes d’irrigation, à Vraignes-en-Vermandois. Ce 3 mars, l’heure était à la synthèse des résultats lors d’une réunion technique organisée à Amiens.
Rampe d’arrosage, canon d’arrosage et micro-irrigation à travers le goutte-à-goutte en haut de butte, le goutte-à-goutte en fond de butte et le goutte-à-goutte en faux billon étaient comparés.
Le goutte-à-goutte en haut de butte est un modèle qui repose sur l’utilisation d’un tuyau percé installé sur le haut de la butte, légèrement enterré. Il est installé sur chaque butte pour que l’eau puisse descendre au plus près du tubercule. Le goutte-à-goutte dit fond de butte utilise aussi un tuyau percé que l’on installe, dans ce cas, toutes les deux buttes en inter-butte. L’eau atteint les racines par capillarité au sein de la butte. Le goutte-à-goutte en faux billon repose sur le même système que le goutte-à-goutte en fond de butte mais les pommes de terre sont plantées en billon. Le tuyau se retrouve donc dans un sillon au milieu du billon. « Il s’agit d’une méthode alternative réfléchie en interne pour allier les avantages des deux systèmes précédents. »
Les pommes de terre ont bénéficié de 118 mm de pluie, puis 145 à 205 mm d’eau ont été apportés selon les modalités. « On voulait mesurer la courbe de réponse du rendement en fonction de la quantité apportée. » Et les résultats parlent : « on obtient parfois 15 t/ha de plus par rapport au témoin », assure Pierre-Baptiste Blanchant. Première réponse cependant : plus qu’un équipement, ce sont les conditions d’utilisation qui priment sur la qualité de l’irrigation. « Le canon a surtout été utilisé de nuit, lorsque le vent est très faible. Il n’y a alors pas de différences flagrantes entre le canon et la rampe. » La rampe permet cependant des apports plus homogènes en présence de vent. Une meilleure qualité d’arrosage des butes situées aux extrémités des passes est aussi constatée. « On ouvre toujours un peu plus la gerbe d’eau pour être sûr que la quantité aux extrémités de la zone soit suffisante, et on se retrouve avec des surplus sur les raccords de passes. »

Efficient goutte-à-goutte

Le goutte-à-goutte, quelle que soit l’installation, permet de limiter la perte de rendement alors que le volume d’eau est réduit. « Avec 20 mm d’eau, on obtient 95 % du rendement maximal dans nos essais. » Le goutte-à-goutte en haut de buttes s’avère le plus efficient : « Il permet d’obtenir le rendement maximal dès la dose de 25 mm, contre 30 mm pour les autres. » 15 % d’économie d’eau sont donc réalisables avec ce système. Reste que le coût de l’installation est un frein pour de nombreux producteurs. Avec un même rendement (55 t/ha), et 30 mm d’eau en moins en goutte-à-goutte, la marge brute s’élève à 5 200 euros avec un système canon, contre 4 415 euros en système goutte-à-goutte. L’achat du matériel fait pencher la balance en faveur du canon. «Mais nous avons de sérieuses pistes pour réduire cette différence, notamment grâce à la fertigation ».
 

 

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