Aller au contenu principal

Quand l'artisanat brayon défie les frontières

Deux mois de travail intensif, une précision d'orfèvre et une passion débordante : Alexandre Cousin et Léa Chauveau, artisans chocolatiers, ont relevé le défi de reproduire la Maison-Blanche en chocolat et prévoient de l'exporter à son locataire.

Alexandre Cousin et Léa Chauveau, deux chocolatiers de 27 ans, installés à Gournay-en-Bray, partagent une passion commune pour la pâtisserie et le travail du chocolat. Leur parcours débute à l'Institut national de la boulangerie-pâtisserie (INBP) à Rouen, où ils se rencontrent avant de poursuivre leur apprentissage. Ils décrochent successivement un CAP en boulangerie, un CAP en pâtisserie, ainsi qu'un brevet professionnel au CFA Simone Veil de Rouen. Animés par une volonté d'innovation, ils ouvrent plusieurs établissements, dont une chocolaterie dans leur ville brayonne, où ils donnent libre cours à leur créativité. Connus pour leur Crema Bueno (marque AraCao), qui s'exporte désormais à l'international ainsi que dans de nombreuses centrales d'achats grâce à Alexandre Parrerra, associé à la distribution du produit, ils ont voulu relever un défi inédit : reproduire en chocolat la résidence officielle du président des États-Unis et l'envoyer directement outre-Atlantique, à son locataire. Une prouesse technique mais pas seulement.

Un travail minutieux et exigeant

L'idée naît lorsqu'Alexandre échange avec Rémi Le Forestier, menuisier spécialisé dans les répliques de meubles historiques. Rémi fabrique alors une reproduction fidèle du “Resolute desk”, tandis qu'AraCao finance et prend en charge la logistique ainsi que les démarches pour l'offrir au président. Désormais installé à Mar-a-Lago, le bureau a été chaleureusement salué par le président. Inspirés par cette réussite, les deux chocolatiers décident à leur tour de relever un défi d'envergure.

Réaliser une telle sculpture en chocolat n'a rien d'anodin. Tout a commencé par la modélisation en 3D de la Maison-Blanche, suivie de l'impression en résine de 28 pièces maîtresses. Ces impressions ont ensuite servi à créer des moules en silicone, permettant de donner forme aux différents éléments en chocolat. La structure finale, avec des murs de 3,5 cm d'épaisseur, atteint un poids de près de 40 kg.

L'assemblage a lui aussi demandé une grande rigueur. Chaque élément a été soigneusement ajusté, retaillé et fixé pour obtenir une réplique qui soit la plus fidèle possible. Pour parfaire son apparence, une pulvérisation a été appliquée in fine sur le chocolat, lui conférant une texture et une finition dignes d'un véritable édifice.

Une démarche résolument apolitique

Cette Maison-Blanche en chocolat n'est pas un simple exercice de style. Alexandre et Léa comptent l'envoyer à la présidence des États-Unis avec leur Crema Bueno, tout en affirmant une démarche apolitique : " Ce n'est pas un hommage à une personne, mais à la fonction présidentielle. "

Initialement prévu pour être expédié après l'élection présidentielle américaine, le projet a pris plus de temps que prévu en raison de sa complexité. " Chaque détail devait être parfait, c'est ce qui a rendu le travail si long et exigeant ", confie Alexandre. Puisqu'il n'a pas été possible d'envoyer la sculpture pour l'annonce des résultats électoraux, une seule personnalisation a été faite : les numéros 45 et 47 ont été apposés sur la structure, en référence au 45e et 47e président des États-Unis, Donald Trump. " C'était une manière de marquer le coup tout en restant neutre politiquement ", précise-t-il.

Dernière étape : l'acceptation finale

Avant de pouvoir prendre son envol pour Washington, cette œuvre chocolatée doit encore franchir une ultime étape : l'acceptation finale. Si les formalités douanières représentent déjà un défi, c'est surtout pour des raisons de sécurité que le projet est encore en cours d'examen. Son caractère hybride - à la fois sculpture et aliment - ajoute à la complexité. " Il reste encore des validations à obtenir, notamment sur les aspects de sécurité, mais nous restons optimistes ", précise l'artisan chocolatier. En parallèle, Bill Yosses, ancien pâtissier de la Maison-Blanche sous l'ère Obama et désormais pâtissier de Donald Trump, a accepté de tester un échantillon de la Crema Bueno afin d'en évaluer la qualité et d'envisager son utilisation pour une pâtisserie. "La Maison-Blanche en chocolat est magnifique, c'est une superbe idée", a-t-il ajouté en découvrant la sculpture.

Qu'elle arrive à destination ou non, cette Maison-Blanche restera un exploit dans l'univers de la chocolaterie.•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Eau/irrigation : en finir avec les mythes

La revue Agriculture et Eau, fondée par Gil Rivière-Wekstein, a présenté, à l'assemblée générale des Irrigants de France, un…

L'accord signé prévoit le versement d'une somme de 1 000 euros par an, et par équivalent pylône pour les lignes 400 kV et de 375 euros par an pour les lignes 225 kV.
Quand la mobilisation syndicale et professionnelle porte ses fruits

Un accord national vient d'être signé entre la FNSEA, RTE et Chambres d'agriculture France. Ce dispositif inédit, négocié d…

Octobre rose : le monde agricole se mobilise aussi

Ce mois est aussi celui d'Octobre rose. Les initiatives se multiplient sur le terrain et le monde agricole n'est pas en reste,…

Fiona Carré a fait le choix de transformer elle-même le lait de ses brebis. Dans son atelier de transformation, elle produit des yaourts, des fromages frais et affinés. La lacaune est la race de brebis laitière la plus productive.
Ovins lait : le pari de la transformation à la ferme

Installée depuis 2023 dans les Ardennes, Fiona Carré a fait le choix de transformer elle-même le lait de ses brebis. Après un…

Sept ans après la reprise de la première structure, Estelle Lesage incarne la troisième génération à la tête de l'exploitation familiale.
Une installation au féminin dans l'Eure

Estelle Lesage, agricultrice dans le département de l'Eure, nous a ouvert les portes de son exploitation. Elle revient sur son…

Pour les exploitants agricoles, le mandat de protection future permet d'anticiper une éventuelle incapacité et d'assurer la continuité de l'exploitation tout en protégeant le patrimoine et la famille de l'exploitant.
Mandat de protection future : un outil simple pour protéger son exploitation et sa famille

En cas d'accident ou de maladie, la continuité de l'exploitation est un véritable enjeu, en particulier pour les exploitants…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole