Aller au contenu principal

Prix Femme, agriculture, territoires : une agricultrice seinomarine finaliste

Agricultrice en Seine-Maritime, consultante en transition agricole, fondatrice d'un espace de coworking à la ferme... tout ce qui motive Marjorie Lambert : des territoires ruraux vivants.

Marjorie Lambert (au centre), entourée de Anne, Fanny, Claire, Nadine et Céline, toutes venues travailler au Nichoir à la création de leur micro-entreprise.
Marjorie Lambert (au centre), entourée de Anne, Fanny, Claire, Nadine et Céline, toutes venues travailler au Nichoir à la création de leur micro-entreprise.
© Catherine Hennebert

Marjorie Lambert, 41 ans, fait partie des dix finalistes retenues pour la seconde édition du prix Femme, agriculture et territoires 2025, porté conjointement par la chaire "Agricultures au féminin" de l'Esa (École supérieure d'agronomie) d'Angers, Vox Demeter et Back to Earth (association pour un retour à la terre et aux territoires). Cette chaire a pour mission de promouvoir la place des femmes dans le monde agricole, à travers la recherche, la formation et la valorisation de parcours inspirants.

Une femme inspirante en Seine-Maritime

Ce prix a été créé pour mettre en lumière les femmes qui transforment et font rayonner l'agriculture. Il récompense chaque année une femme inspirante dont le parcours incarne l'engagement, l'innovation et la durabilité dans les territoires ruraux. "En posant ma candidature, mon objectif était de mettre en lumière le rôle des femmes sur les territoires ruraux", explique-t-elle.

Marjorie Lambert est agricultrice avec son mari sur la ferme de polyculture élevage située à Goderville. "Nous produisons des cultures industrielles et des céréales en agriculture de conservation des sols, ainsi que des volailles Label rouge. Nous portons aussi un projet de méthanisation en collectif". " J'ai le statut d'agricultrice depuis juin 2025. Je suis arrivée sur la ferme en 2008 et depuis 2018 j'étais associée d'exploitation. Issue du milieu urbain, j'ai découvert le milieu agricole lors de mes études d'ingénieur agricole. J'ai commencé à travailler en tant que manager en grande distribution, puis j'ai poursuivi en tant que consultante dans un centre de gestion. Ces deux expériences professionnelles ont confirmé mes qualités d'entrepreneuse ".

Marjorie explique qu'il y a toujours eu cette notion d'accueil à la ferme. "À l'époque de mes beaux-parents, il y avait des gîtes et des chambres d'hôtes. Avec mon mari nous sommes conscients de l'importance de communiquer et de faire du lien avec notre territoire. Cela prend du temps et de l'énergie mais fait partie de nos valeurs profondes ".

Un tiers-lieu à la ferme dédié  à l'entrepreneuriat féminin rural

Aujourd'hui, il n'y a plus de gîtes ni de chambres d'hôtes mais Marjorie a créé le Nichoir en 2021, un espace de coworking à la ferme, dédié à l'entrepreneuriat féminin rural. Ce tiers-lieu est aussi un espace de travail et de séminaires pour les entreprises du territoire. Il vise également à communiquer sur l'agriculture et ses enjeux.

"Dans l'espace de coworking, nous accueillons des sociétés, des entrepreneurs dont de nombreuses femmes en micro- entreprises qui ont besoin de trouver des ressources pour créer, s'organiser, manager. C'est un lieu visant à créer du lien et à diffuser une culture agricole". Les femmes se retrouvent donc au Nichoir pour travailler sur leur projet, aidées par l'association Dynamiques et Territoires dont Marjorie est membre. La jeune femme accompagne ces entrepreneuses pour modéliser leur projet."Il existe un énorme réseau de femmes en micro-entreprises dans le milieu rural. Elles sont le fascia du territoire, elles le font vivre, elles sont créatives, fédératrices, il y a une vraie mise en lumière à faire. Nous avons créé l'association Dynamiques et Territoires en 2025 pour sortir des projets en collectif, créer du lien. Dans cette association, nous avons plusieurs visages intergénérationnels avec un seul but : faire ensemble".

L'association propose un programme d'entrepreneuriat sur 12 semaines (1 session par semaine) où des intervenants viennent donner un maximum d'informations aux entrepreneuses. "Nous travaillons selon la méthode Agile pour la réalisation de nos projets. Elle repose sur les individus, la communication et la collaboration entre les membres de l'équipe".

" Ouvrir des horizons me stimule "

Marjorie est également consultante en transitions agricoles et agroalimentaires : elle a créé son cabinet AND Consulting en 2017 dont le but est d'accompagner les nouveaux développements des entreprises de l'agriculture et de l'agroalimentaire. "On vient me chercher sur des sujets complexes et mon but est d'amener les gens à bon port, cela demande du tact et de l'honnêteté. Je fais beaucoup de coaching familial dans le cadre de transmission".

En parallèle, Marjorie Lambert a été lauréate Nuffield 2022. "Cette bourse permet aux agriculteurs de développer leur leadership pour oser se lancer. Pour ma part, elle m'a permis de partir dans différents pays (Angleterre, Zimbabwe, Italie, Inde...), pour étudier un sujet qui me tient à cœur : la conduite de projet en agriculture dans le but d'assurer la résilience et le succès de la ferme. Cette expérience m'a permis de gagner en assurance, d'avoir une vision sur le fonctionnement des mondes agricoles. Je suis revenue avec une volonté de transmettre", ajoute la jeune femme, chargée de la délégation France de Nuffield à la FAO. "En m'installant avec mon mari en tant qu'agricultrice, je souhaitais embrasser pleinement les risques de ce métier, et montrer à mes filles qu'il est possible de le faire. L'agriculture, c'est produire pour nourrir et assurer une stabilité sur les territoires. Et la stabilité c'est la paix".•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Principales mesures de la loi de finances 2026 : quels impacts ?

Comme chaque année, la loi de finances comporte son lot de mesures générales relatives à l'impôt sur le revenu (IR), qui…

Plus de la moitié du cheptel normand est abattue hors région.
Viande bovine : la Normandie face aux mutations de la filière

Au Sia 2026, les allées réservées aux bovins étaient plus vides que jamais. Entre épidémies à répétition (MHE, FCO, DNC), la…

Jérémie Fleury, président de la Cuma du Bosmelet : « le fissurateur fait le boulot des vers de terre. Peut-être que dans dix ans, lorsqu’on aura retrouvé une population de vers de terre suffisante, on ne s’en servira plus. C’est notre but. Mais pour le moment, on ne peut pas faire sans. »
Casser les semelles de travail : fissurateur ou décompacteur ?

L’attention accrue portée à la structuration des sols conduit de nombreux agriculteurs à s’intéresser au fissurateur. Celui-ci…

En agriculture conventionnelle, rechercher l'autonomie alimentaire n'est pas toujours payant.
La culture du méteil en grains pas toujours rentable

Selon une étude réalisée au Ciirpo (Centre interrégional d'information et de recherche en production ovine), sur le site du…

Les ovalies.
Les Ovalies, un tournoi de rugby universitaire unique en Europe

La 31e édition des Ovalies va se dérouler les 8 et 9 mai prochains au stade Marcel-Communeau de Beauvais (Oise). L'…

Paul-Henry Langlois : « je ne suis pas stressé de nature. Quand je me lève le matin,  je me dis que je fais le plus beau métier du monde ».
Rencontre avec le nouveau président de JA Normandie

Paul-Henry Langlois vient de succéder à Emmanuel Roch à la présidence de JA Normandie. De la ferme du Château à Chavigny-…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole