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Le chanvre technique de plus en plus plébiscité

Les Rencontres du chanvre en Normandie se sont tenues lundi 19 janvier à Lisieux (Calvados). Le chanvre technique a convaincu plus d'un expert.

Chanvre par-ci, chanvre par là... C'est LA culture dont tout le monde parle ces derniers mois. Tout comme pour le lin, le chanvre est souvent vanté pour ses débouchés textiles. Mais le chanvre technique a d'autres marchés tout aussi intéressants (papier, BTP, etc.). C'est ce qu'ont prouvé les experts présents aux rencontres du chanvre en Normandie, insistant sur l'importance de soutenir la filière. Un événement organisé par les Chambres d'agriculture de Normandie et l'Association régionale de promotion de l'écoconstruction en Normandie (Arpe), lundi 20 janvier, à Lisieux.

Intérêts

« Bas niveau d'intrants, moins d'azote et de nitrates, pas ou peu de produits, action désherbante sur les cultures suivantes », vante Sébastien Windsor, président des Chambres d'agriculture de Normandie, en introduction de la journée. Le chanvre semble être une culture bien sous tous rapports. Pour Jérôme Mottey, exploitant à Habloville dans l'Orne, le chanvre s'est présenté à lui en 2010 à l'occasion de la rénovation de sa propre maison. Il l'a décliné au champ. « Mes terres sont argileuses. Ça m'a permis de refaire les structures du sol et une nouvelle tête d'assolement facilement. »

Techniquement, « c'est une plante d'été, dont le semis se fait en mai. La pousse arrive très vite et rend la terre poudreuse, très agréable à travailler ensuite. On observe 10 à 15 % de rendement supplémentaire sur la céréale qui suit. Attention en revanche aux terres trop superficielles ou pleines de cailloux, sous peine d'avoir une paille de qualité inférieure », note Robin Fouquet, technicien et animateur à l'Association des producteurs de chanvre en Normandie. Il faut malgré tout un équipement spécifique pour une récolte optimisée et « garder les moyens de lutte contre les ravageurs tels que le corbeau et le pigeon », ajoute Sébastien Windsor.

« Culture magique », oui mais...

« Nos surfaces de lin ne font qu'augmenter. On va passer de 6 600 ha en 2024 à 8 000 ha de lin, environ, sur la campagne 2025 », confiait il y a quelques semaines Marc Vandecandelaere, président de la coopérative linière du nord de Caen, laquelle a investi dans une troisième ligne de teillage. Un projet coûteux, financé à hauteur de 50 %, soit 2,7 millions d'euros, par l'Agence de l'eau Seine-Normandie, a signifié Ludovic Genet, directeur territorial et maritime des bocages normands de la dite structure. « C'est dans la continuité de notre soutien à la coopérative pour augmenter le développement de cette culture. Il faut sécuriser les débouchés », affirme ce dernier. Un propos soutenu par Sébastien Windsor qui juge : « Cette culture est magique, à condition que la filière se construise et que les marchés soient là. [...] C'est important d'essayer de se mettre en route, d'amener des solutions techniques et économiques aux producteurs. »

Chanvre, béton ET chaux

Pour Julien Lucas, coprésident de l'Arpe et gérant de Bâtir en terre, « la demande en matériaux biosourcés est exponentielle. Les qualités du chanvre sont reconnues pour sa solidité dans le temps, la diminution du bruit, son caractère isolant, etc. » En 2024, l'Arpe a utilisé 900 m3 de béton de chanvre, bien souvent sous forme de chènevotte mélangée à un liant minéral tel que la chaux. L'association a proposé une visite de chantier à l'occasion des rencontres. À Courtonne-les-Deux-Églises, Bertrand Victoire, gérant de la société Taille pierres et traditions, spécialisée dans la restauration de patrimoine, notamment de bâtiments ruraux, œuvre à la revalorisation d'un ancien pressoir. Désormais, en parallèle des colombages vieux du XVIIe siècle, le chanvre trône. « Nous avons fait du remplissage massif, donc nous n'avions pas besoin de chènevotte fine. Nous nous sommes fournis chez Agrochanvre (50) », décrit le professionnel.•

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