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Labônor : une assemblée sous le signe de la consolidation et de la confiance

Réuni le 29 mai à Amiens, Labônor a tenu une AG à forte portée symbolique : la première sous sa forme de SAS. Le laboratoire a surtout donné à voir une organisation en pleine maturité, issue du rapprochement entre Uriane et Labilait, désormais engagée pour transformer la fusion juridique en performance durable, au service des producteurs, des entreprises laitières et des territoires.

À Amiens, l'AG a réuni associés, administrateurs, partenaires et équipes autour d'un même cap : consolider le laboratoire interprofessionnel du lait et renforcer son rôle au service  de la qualité laitière.
À Amiens, l'AG a réuni associés, administrateurs, partenaires et équipes autour d'un même cap : consolider le laboratoire interprofessionnel du lait et renforcer son rôle au service de la qualité laitière.
© Labônor

À Amiens (Somme), vendredi 29 mai, l'AG (assemblée générale) de Labônor n'avait rien d'un simple rendez-vous statutaire. Certes, les associés étaient réunis pour examiner les comptes de l'exercice 2025, entendre les rapports, débattre des résolutions et donner quitus aux instances. Mais cette réunion a surtout marqué une étape dans l'histoire récente du laboratoire : la première assemblée générale ordinaire de Labônor sous sa forme de société par actions simplifiée (SAS). Une évolution de gouvernance qui ne rompt pas avec l'histoire de l'outil interprofessionnel, mais lui donne un cadre plus lisible pour piloter une structure devenue plus large, plus complexe et plus stratégique pour la filière laitière.

Le président, Emmanuel Hecq, l'a rappelé dans son rapport moral : 2025 a été l'année des travaux de fond. Les grandes décisions relatives à la transformation de Labônor, à la consolidation de son capital et à l'architecture de sa gouvernance ont été préparées, débattues et arrêtées en 2025, avant leur consécration juridique lors de l'assemblée générale extraordinaire du 19 janvier 2026. La conversion d'une part significative des comptes courants d'associés en capital a permis de renforcer les fonds propres, d'améliorer la lecture du bilan et de consolider la confiance des partenaires, tout en préservant les équilibres historiques entre les collèges de la filière.

Cette transformation en SAS ne crée pas une entité nouvelle. Elle prolonge l'histoire, les engagements, les contrats et la mission de Labônor. Ce qui change, c'est le mode de pilotage : un conseil d'administration, un président, un vice-président et des règles de décision adaptées à la dimension actuelle du laboratoire.

Sur le terrain économique, le bilan 2025 traduit une activité préservée dans un contexte agricole toujours exigeant. Labônor suit une base de 6 053 producteurs, en recul de 213 producteurs sur un an, soit - 3,4 %, dans une tendance structurelle qui a vu disparaître 1 597 producteurs depuis 2019. Dans le même temps, les volumes collectés résistent mieux, à 3,771 millions d'unités, en retrait limité de 0,91 %. Le laboratoire a analysé 2,139 millions d'échantillons en 2025. Le chiffre d'affaires 2025 s'établit à 7,754 M€ HT, en hausse + 2,5 %. Le bilan de Labônor reste solide, avec 5,529 M€ de total bilan, 1,898 M€ de capitaux propres.

L'exercice 2025 rappelle que la réussite d'une fusion ne se mesure pas seulement au registre du droit ou de la comptabilité. Elle se vérifie dans les gains de productivité, la maîtrise des charges, la fluidité des organisations et la stabilité des collectifs.

La confiance ne se décrète pas

Chez Labônor, la confiance se prouve par la compétence, la traçabilité, la répétabilité des analyses, la maîtrise documentaire et la capacité à corriger les écarts. Le cœur du métier du laboratoire est de produire des résultats fiables, neutres et rapides pour permettre le paiement du lait à la qualité, sécuriser les relations entre producteurs et acheteurs, et soutenir les décisions techniques de la filière. Ce niveau d'exigence repose sur des équipes. Labônor compte 78 collaborateurs.

Au-delà, l'AG a aussi rappelé l'ampleur de l'infrastructure invisible qui rend possible la fiabilité du service. Labônor, ce sont deux sites, Aumale et La Capelle, distants de 190 kilomètres, plus de 4 000 m² de locaux à entretenir, 1 525 équipements à suivre, des chambres froides, camions frigorifiques, groupes de climatisation, congélateurs, étuves réfrigérées, machines à glace, mais aussi un plan pluriannuel d'investissement destiné à anticiper l'obsolescence et garantir le maintien d'activité. C'est une entreprise de précision autant qu'un laboratoire de proximité.

Labônor regarde vers les services de demain

La diversification et la R&D s'organisent autour d'offres à valeur ajoutée comme les analyses de fourrages, plus de 20 formules proposées, diagnostics nutritionnels, analyses sur matrices variées, bouses de ruminants et d'équins, mais aussi études au cas par cas sur les PFAS dans le lait cru, l'eau potable, les profils d'acides gras, les analyses nutritionnelles, l'activité de l'eau sur les fromages, les pesticides, glyphosate et Ampa, ou encore les mycotoxines.

L'AG s'est donc conclue sur une conviction forte : celle que Labônor est entré dans une nouvelle étape. Après le temps du rapprochement, puis celui de la transformation juridique, vient celui de la consolidation. Consolidation financière, consolidation opérationnelle, consolidation humaine, consolidation culturelle, enfin, avec l'affirmation d'une SAS lisible, responsable, exigeante et collective.

En octobre le Congrès des laboratoires interprofessionnels laitiers et des Criels

L'année 2026 offrira aussi une vitrine nationale à cette dynamique. Labônor organisera en octobre, à Lens, le Congrès des laboratoires interprofessionnels laitiers et des Criels, autour du Louvre-Lens et du stade Bollaert-Delelis. Une occasion de montrer un laboratoire qui assume pleinement son rôle : fiable pour la filière, lisible pour ses associés, exigeant pour ses clients et attentif à ses équipes.

À Amiens, Labônor a raconté une mue. Celle d'un outil interprofessionnel qui, dans une filière laitière confrontée à la contraction du nombre de producteurs et à la montée des exigences qualité, choisit de renforcer sa gouvernance, d'investir dans ses équipes, de moderniser ses systèmes, de sécuriser ses méthodes et de préparer ses relais de valeur. Dans chaque échantillon analysé, il y a une exploitation, une entreprise, une décision et une part de confiance. C'est cette confiance que Labônor entend continuer à mériter.•

JOCELYN PESQUEUX, vice-président de Labônor

Labônor, c'est notre laboratoire

En effet, il nous appartient, à nous, toutes les FDSEA départementales qui l'ont fondé, à près de 40 %. Les autres actionnaires sont les laiteries privées, les coopératives laitières, et un petit peu les contrôles de performances. Notre laboratoire fait nos analyses interprofessionnelles, c'est 50 % de son CA. C'est surtout le garant d'analyses justes. Collecte, stockage, transport et enfin analyse. Tout est contrôlé. C'est la référence pour facturer 3,771 milliards de litres de lait par an, soit une facture de près de 1,8 milliard d'euros aux 6 000 producteurs concernés. Cela mérité que l'on y regarde de près !

La fusion du Labilait et d'Uriane a été réussie. Elle donne le Labônor, qui nous permettra de continuer bien sûr ce service de qualité. Elle permet aussi de nous diversifier dans de nouvelles analyses, d'eau, de fourrages, de produits laitiers ou même d'engrais organiques, de type digestat, lisier, fumier. Cette diversification est un service supplémentaire pour notre agriculture qui est de plus en plus précise, et en même temps, elle permettra de maintenir le coût des analyses interprofessionnelles à un niveau correct.

En construisant Labônor, nous continuons le travail engagé par nos pairs lorsqu'ils ont créé les laboratoires interprofessionnels. »

Propos recueillis par Laurence Augereau

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