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La filière viticole normande se structure

À l'initiative de la Chambre d'agriculture Normandie (Can), les porteurs normands d'un projet viticole étaient conviés à une visite sur l'exploitation de Delphine et Matt Angwin le 1er octobre dernier à Ferrières-Haut-Clocher (Eure). La filière régionale se structure et se professionnalise.

Paradoxe des temps modernes ? Alors que le plan national d'arrachage des vignes vise un objectif de 60 000 ha selon FranceAgriMer, en Normandie, toutes les demandes de nouvelles plantations sont acceptées par l'administration. Alors certes, la sole régionale avec ses 60 ha ne pèse rien dans la balance mais cette diversification est tout de même prise très au sérieux, notamment par les organismes en charge du développement agricole comme la Chambre d'agriculture Normandie (Can). Prise au sérieux comme un îlot de croissance, tout comme le vin no-low (sans alcool), dans un secteur en décroissance et sur une courbe croissante de réchauffement climatique. Pas question pour autant de se bercer d'illusions. La viticulture à la normande, pour être durable et viable économiquement, doit s'appuyer sur un maximum de professionnalisme. C'est tout le travail que mènent notamment Guillaume Mesnildrey (en charge du dossier diversification à la Chambre) et Charles-Albert Houtart (responsable service arbo, œnologie et viticulture). Le 1er octobre dernier, ils ont convié une dizaine de porteurs de projets aux profils différents (reconversion professionnelle, gérant de GFA, céréalier, producteur de cidre...) chez Delphine et Matt Angwin à Ferrières-Haut-Clocher (27).

Doux rêveurs s'abstenir

Delphine et Matt ne sont pas des doux rêveurs. Depuis avril 2021, année où ils ont planté leurs premiers 8 400 pieds de vigne sur 1,6 ha, nous avons régulièrement suivi à travers différents reportages leur bonne aventure. La tête sur les épaules, notre couple franco-anglais ne souhaite pas se faire dépasser par la charge de travail dans un modèle assumé céréales + vignes. "On fait tout de A à Z et on n'ira pas au-delà de 10 ha", pronostique d'emblée Delphine. L'objectif de croisière vise les 30 000 bouteilles d'un vin de qualité qui ne sera pas bradé en grandes surfaces à 4 ou 5 euros, "on est à la même latitude que la Champagne". Insistant sur l'attention et l'amour qu'il faut porter aux vignes, "il faut avoir une idée du produit que l'on veut créer avant de planter", recommandent-ils. "Du cabernet ou du merlot, pour nous, non. C'est trop ambitieux". Quelques conseils de départ distillés avec beaucoup de légitimité. Légitimité acquise par la formation (Delphine a fait l'école d'ingénieurs agro à Purpan-Toulouse et a continué à se former ensuite) et l'expérience (Matt était manager à Camel Valley, vignoble très réputé de Cornouailles créé en 1989).

La Chambre en veille

Chacun des participants de cette matinée découverte est sans doute reparti avec ses propres interrogations mais la Chambre a de la suite dans les idées. Elle propose une formation intitulée "Démarrer son projet viticole"* et des conseils avant plantation. Et Delphine, par ailleurs vice-présidente de l'association des Vignerons de Normandie, de conclure : "il faut construire une filière en bonne intelligence en partageant les savoir-faire et les expériences".•

*Pour suivre la formation, contactez Charles-Albert Houtart au 06 62 72 23 34. 

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