Aller au contenu principal

La Ferme florale de Villedieu cultive sa différence

Chloé Buquet est productrice de fleurs coupées dans le pays de Bray. Elle participe au développement de la fleur locale et de saison, ce qui sied tout particulièrement à sa clientèle de fleuristes du département.

Chloé Buquet récolte ses dernières fleurs de la saison : dahlias, amarante, tournesol, zinnia, graminées…

La jeune femme est productrice de fleurs coupées à Haucourt, dans le pays de Bray. Après avoir commencé sa carrière professionnelle en agence de communication à Paris et Amiens, elle a décidé de se reconvertir en rejoignant son mari sur l'exploitation agricole et en montant son atelier de production de fleurs coupées en plein air.

" À la naissance de mon premier enfant, précise-t-elle, j'ai eu envie de revenir sur l'exploitation et de créer mon propre atelier. J'ai suivi une formation, un BTSA en production horticole à l'Hortithèque de Mont-Saint-Aignan, ce qui m'a permis de m'installer. Je suis associée avec mon mari sur l'exploitation familiale où nous produisons des céréales, du colza, du lin textile, des pommes de terre, des protéagineux. Je me suis installée sur une surface de 7 000 m2 où j'ai développé mon activité de production de fleurs coupées. Je cultive des fleurs à destination des fleuristes locaux et des particuliers ".

Une autre façon de cultiver les fleurs

La jeune femme, dont la maman était productrice de fleurs séchées dans l'Allier, a rejoint le Collectif de la fleur française, une association qui propose une autre façon de cultiver les fleurs et défend la relocalisation de la production de fleurs dans un contexte où 90 % d'entre elles sont aujourd'hui importées.

Chloé a une clientèle de 40 à 50 fleuristes locaux réguliers, qui apprécient tout particulièrement la fraîcheur et la bonne tenue de ses fleurs, et qui sont très contents de pouvoir acheter local : " mes fleurs sont cueillies la veille, elles ne subissent ni le frigo, ni de longs transports et tout cela est très apprécié par mes clients fleuristes. Le critère le plus important est évidemment leur bonne tenue en vase mais je teste aussi les espèces et les variétés pour sélectionner celles qui se comportent le mieux sur mon terroir et en fonction de notre climat normand ".

Une récolte très dépendante de la météo

2023 et 2024 ont effectivement été des années difficiles car très humides. Ce qui n'est pas l'idéal pour les fleurs. Il y a eu beaucoup de maladies en 2023. " Notre travail en pleine terre et en plein air est proche de celui des maraîchers, on travaille avec les aléas climatiques ".

Les récoltes n'ont pas toujours été faciles cette année non plus. Il a fallu jongler entre les périodes pluvieuses. " Il faut récolter avant la pluie ou le coup de vent annoncé, pour éviter que les fleurs ne s'abîment mais il faut aussi que la fleur soit au bon stade. Lors de la récolte, nous devons être vigilants : la tige ne doit pas être cassée, les feuilles ne doivent pas être tachées, la fleur doit avoir un beau port ".

L'horticultrice se rend deux fois par semaine au Min de Rouen où elle vend ses fleurs cueillies la veille. Elle apprécie de pouvoir vendre de plus en plus à la commande. Elle vend également aux particuliers sur place, toujours à la commande (voir son Instagram, Ferme florale de Villedieu).

Conduite de culture

Sur son terrain, Chloé a installé deux serres : une pépinière de jeunes plants où elle fait pousser à partir des graines qu'elle achète. Elle cultive une centaine d'espèces différentes. Une autre serre permet de protéger les espèces plus fragiles et d'avoir des fleurs plus précocement. Un système d'irrigation au goutte-à-goutte a été installé, alimenté par les eaux de toitures de la ferme. Les bandes sont protégées de l'enherbement avec du paillis de lin. Chloé a pu bénéficier du soutien financier du département de la Seine-Maritime dans le cadre du dispositif d'aides aux petits investissements agricoles.

En matière de fertilisation, l'atelier de production de fleurs est installé sur une ancienne pâture mais un peu de fumier composté est apporté aux espèces les plus gourmandes.

5 000 bulbes de tulipes à planter

Mi-octobre, la saison de production se termine. Arrive la période des gros travaux de nettoyage. " Il faut tout enlever, désherber et planter des milliers de bulbes pour l'année prochaine. Nous allons planter 5 000 bulbes de tulipes pour le printemps prochain, des narcisses, des alliums, des renoncules. Durant cette grosse période, je suis aidée par des personnes de l'établissement d'aide par le travail (Esat) de la Brêche à Saumont-la-Poterie. Mon objectif est de pouvoir embaucher une personne à temps partiel prochainement ".

Avec Chloé Buquet et Alice Boissonnet (Du vent dans les Bottes, dans le pays de Caux), il y a aujourd'hui deux productrices de fleurs coupées en Seine-Maritime, qui prouvent qu'il est possible de relancer la fleur française, et notamment la fleur normande. Les deux jeunes femmes s'inscrivent dans un mouvement “Slow Flower” qui prône l'émergence d'une filière floricole locale et la baisse des importations de fleurs.

Chloé donne rendez-vous à tous les amateurs de fleurs au printemps avec les narcisses, les renoncules, les giroflées qui ouvriront la nouvelle saison. •

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Principales mesures de la loi de finances 2026 : quels impacts ?

Comme chaque année, la loi de finances comporte son lot de mesures générales relatives à l'impôt sur le revenu (IR), qui…

Plus de la moitié du cheptel normand est abattue hors région.
Viande bovine : la Normandie face aux mutations de la filière

Au Sia 2026, les allées réservées aux bovins étaient plus vides que jamais. Entre épidémies à répétition (MHE, FCO, DNC), la…

Jérémie Fleury, président de la Cuma du Bosmelet : « le fissurateur fait le boulot des vers de terre. Peut-être que dans dix ans, lorsqu’on aura retrouvé une population de vers de terre suffisante, on ne s’en servira plus. C’est notre but. Mais pour le moment, on ne peut pas faire sans. »
Casser les semelles de travail : fissurateur ou décompacteur ?

L’attention accrue portée à la structuration des sols conduit de nombreux agriculteurs à s’intéresser au fissurateur. Celui-ci…

En agriculture conventionnelle, rechercher l'autonomie alimentaire n'est pas toujours payant.
La culture du méteil en grains pas toujours rentable

Selon une étude réalisée au Ciirpo (Centre interrégional d'information et de recherche en production ovine), sur le site du…

Les ovalies.
Les Ovalies, un tournoi de rugby universitaire unique en Europe

La 31e édition des Ovalies va se dérouler les 8 et 9 mai prochains au stade Marcel-Communeau de Beauvais (Oise). L'…

Paul-Henry Langlois : « je ne suis pas stressé de nature. Quand je me lève le matin,  je me dis que je fais le plus beau métier du monde ».
Rencontre avec le nouveau président de JA Normandie

Paul-Henry Langlois vient de succéder à Emmanuel Roch à la présidence de JA Normandie. De la ferme du Château à Chavigny-…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole