Incendies en Gironde : forte mobilisation agricole
La Chambre d’agriculture de la Gironde a mis fin à son appel aux volontaires pour appuyer les opérations de lutte contre les incendies, qui ont ravagé près de 42 000 hectares ; 500 exploitants s’étaient portés volontaires.
La Chambre d’agriculture de la Gironde a mis fin à son appel aux volontaires pour appuyer les opérations de lutte contre les incendies, qui ont ravagé près de 42 000 hectares ; 500 exploitants s’étaient portés volontaires.
Au matin du 30 juillet, les incendies qui ont ravagé près de 42 000 hectares en Gironde sont toujours stabilisés, après une nuit « très calme » qui rend les sapeurs-pompiers « raisonnablement optimistes », a déclaré à l’AFP le commandant Matthieu Jomain, officier communication du Service département d’incendie et de secours (Sdis) de la Gironde. Malgré ces « bonnes conditions », il rappelle que « 42 000 hectares, ça ne s’arrête pas comme ça ». La priorité n’est désormais plus au recrutement de nouveaux volontaires, mais à la coordination des renforts déjà constitués. La Chambre d’agriculture du département a ainsi annoncé, le 29 juillet, suspendre son appel aux agriculteurs volontaires pour appuyer les opérations de lutte contre le feu, estimant qu’il n’est plus nécessaire, à ce stade, de mobiliser de nouveaux renforts.
Deux jours plus tôt, le ministère de l’Agriculture avait invité les agriculteurs souhaitant apporter leur aide à se signaler sur le site de la Chambre d’agriculture de la Gironde. « Pour être pleinement efficace et garantir la sécurité de tous, cette mobilisation doit impérativement s’inscrire dans un cadre coordonné avec les secours », avait alors souligné la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.
Plus de 500 volontaires recensés
En quelques heures, plus de 500 agriculteurs se sont portés volontaires, « un élan de solidarité exceptionnel » salué par la Chambre d’agriculture girondine. « Les agriculteurs sont très mobilisés parce que la générosité fait partie de leur culture », avait également déclaré, le 26 juillet, la préfète de Gironde, Sophie Brocas, soulignant néanmoins que cette aide « doit être organisée » et ne pas relever d’« initiatives individuelles ».
Les agriculteurs déjà recensés sont invités à ne pas se déplacer, ni à intervenir de leur propre initiative. Ils seront contactés directement par la Chambre d’agriculture si leur intervention est nécessaire, à la demande de la Défense des forêts contre les incendies (DFCI) et du Sdis 33. Le ministère rappelle que cet élan de solidarité doit s’inscrire dans un cadre coordonné afin de garantir une action « efficace, utile et sûre ». Des initiatives prises sans coordination avec les sapeurs-pompiers sont en effet susceptibles d’exposer les volontaires à des risques importants et de compliquer les opérations de secours en cours.
La Chambre indique qu’à ce stade, l’ensemble des élevages girondins est en sécurité. Elle assure néanmoins rester en contact permanent avec les exploitants et les autorités pour suivre l’évolution de la situation et coordonner, si nécessaire, la mobilisation des moyens agricoles.•
Des infrastructures de recherche forestière de l’Inrae détruites
Les incendies en Gironde ont détruit près de 80 hectares de dispositifs d'observation et d'expérimentation forestières de l’Inrae, dont plusieurs observatoires uniques suivis depuis des décennies, a annoncé l’Institut dans un communiqué publié le 29 juillet. Implantés sur le domaine de Castillonville, à Cestas (Gironde), ces dispositifs contribuaient à des programmes de recherche régionaux, nationaux, européens et internationaux consacrés à l’adaptation des forêts au changement climatique. Ils ont notamment permis d’étudier les ressources génétiques du pin maritime de différentes provenances, les mélanges d’espèces, les effets des bioagresseurs ou encore de nouveaux itinéraires sylvicoles conciliant production de bois, préservation de la biodiversité et adaptation aux perturbations environnementales. « Cette destruction met fin à des observations et expérimentations menées sur le long terme », déplore l’Inrae. Les bâtiments, les équipements scientifiques et les autres terrains expérimentaux du domaine de recherche de l’Inrae de Cestas, soit plus de 300 ha, ont pu être préservés grâce à l’intervention des sapeurs-pompiers. L’institut entend désormais vouloir concevoir de nouveaux dispositifs et poursuivre les travaux destinés à mieux comprendre et accompagner l'adaptation des forêts aux changements globaux.