Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime
Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24 juillet. Un public séduit par la qualité de la programmation musicale et le cadre agricole qui a permis l’organisation de ces événements.
Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24 juillet. Un public séduit par la qualité de la programmation musicale et le cadre agricole qui a permis l’organisation de ces événements.
Musique classique, opéra, gospel ou encore variété, le spectre de la programmation proposé cette année encore dans le cadre des Concerts à la ferme a déplacé les amateurs de musique en tout genre. Chiffres à l’appui, les cinq concerts programmés dans le département cette année (deux de plus que l’année dernière) ont rassemblé 890 personnes au total.
Pour la créatrice de ces concerts, la productrice Hélène Paillette (voir encadré), le pari est gagnant. Son souhait de « démocratiser la musique classique, de la rendre accessible à ceux qui n’ont pas la possibilité de venir voir des concerts dans les salles parisiennes, dans les Zénith ou ailleurs » fonctionne à merveille.
Un public conquis qui en redemande
Sur le plan artistique, le public a découvert Irina de Bagny (mezzo-soprano) et Émilie Hedou (chant), puis a revu pour le tiers déjà présent l’année dernière, Arnaud Thorette (alto) et Johan Farjot (piano). La nouveauté fut Anatole Thorette, un jeune prodige de 18 ans (clarinette) – qui fera très prochainement son entrée au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris – et pour quatre des cinq concerts la présence d’un chœur franco-allemand d’une trentaine de jeunes gens formant un échange artistique entre le lycée Raymond-Queneau d’Yvetot et l’école Albert-Schweitzer de Nienburg Weser en Allemagne. Le public a été conquis, les standing ovations comme les rappels ont été nombreux.
Des amateurs de musique classique
C’est la deuxième fois que Gaëtan Delacroix et sa femme Clotilde accueillent dans leur ferme l’un de ces concerts. 220 personnes se sont inscrites auprès de la Ferme de Bonnetôt à Tôtes cette année et le lieu de stockage de pommes de terre ce 23 juillet s’est révélé une fois encore très surprenant par sa qualité acoustique. Le couple et leurs enfants sont de grands amateurs de musique. Ils ont rejoint l’aventure des concerts itinérants très rapidement. « C’est une programmation d’artistes de très grand talent qui sont habitués à jouer sur de très grandes scènes. C’est incroyable de les voir se produire chez nous », souligne Gaëtan Delacroix.
Faire se rencontrer des mondes éloignés
Pour accueillir un tel concert, lui, sa femme et ses enfants se sont retroussé les manches. Il leur a fallu ranger, balayer, nettoyer, installer un nombre conséquent de chaises et de tables (prêtées par la commune et la communauté de communes), délimiter des parkings et concevoir quelques animations pour montrer ce qu’ils produisent sur l’exploitation et expliquer leur métier à l’assistance en toute fin de concert. Car l’objectif est bien là, rapprocher des mondes éloignés et permettre en toute convivialité au plus grand nombre de toucher du doigt la réalité des activités agricoles. « Le bouche-à-oreille et nos réseaux sociaux ont été très efficaces », souligne Gaëtan Delacroix par ailleurs très habitué à recevoir du public car membre du réseau Bienvenue à la ferme. •
Un événement qui prend rapidement de l’ampleur
Concerts à la ferme a été créé en 2023 par Hélène Paillette, havraise d’origine. C’est un festival musical itinérant placé sous le signe des rencontres, au gré des communes rurales qu’il sillonne et des exploitations dans lesquelles il s’arrête. Cette année, c’est sa seconde édition nationale et il compte 40 concerts dans 15 départements. « L’idée a germé pendant le Covid, raconte la productrice de spectacles. En 2020, à l’image de nombreux secteurs d’activité, la culture a été considérée comme non essentielle. Le ministère de la Culture a demandé aux artistes de sortir de leurs scènes traditionnelles, par essence des bâtiments confinés et d’investir d’autres “lieux de vie“. C’était un vrai défi pour une profession à cette époque en grande souffrance. Et c’est en allant chercher quelques fruits et légumes dans une exploitation en circuit court de l’Oise que m’est venue l’idée de faire sortir les musiciens. Je me suis aussi inspirée de mon expérience de productrice de la tournée “Un été en France” avec Gautier Capuçon. »