Chez Axelle Piednoël, une qualité de récoltes au rendez-vous
Axelle Piednoël, 38 ans, a terminé de vendanger ses 2 ha de vignes situés à Bourg-Achard dans l'Eure. Si la quantité de raisins récoltés selon les cépages est quelquefois moindre qu'attendue, la qualité est bien présente et devrait donner de très belles cuvées 2026.
Axelle Piednoël, 38 ans, a terminé de vendanger ses 2 ha de vignes situés à Bourg-Achard dans l'Eure. Si la quantité de raisins récoltés selon les cépages est quelquefois moindre qu'attendue, la qualité est bien présente et devrait donner de très belles cuvées 2026.
Depuis quatre ans, Axelle Piednoël, à la faveur d'une reconversion professionnelle rondement menée, cultive 2 ha de vignes en agriculture biologique sur des terres familiales euroises pour produire des vins blancs et un rouge dont elle parle à merveille.
Le muscaris, le fleurtai, le soreli et le sauvignac sont les quatre cépages de blancs qu'elle vient de vendanger ; des cépages créés par l'Inrae, résistants aux maladies cryptogamiques, qui lui permettent de ne pas traiter, et fort bien adaptés au climat local du Roumois. Son cépage rouge (l'artaban, de style gamay), planté l'année dernière, attendra l'année prochaine pour être récolté.
Une campagne particulière
La parcelle du Domaine Leprince est située sur un coteau bien exposé dominant la vallée. C'est une ancienne prairie avec un sol sablo-limoneux et argileux. Elle conserve donc un minimum d'humidité, idéal pour cultiver la vigne. Mais il va sans dire que les conditions climatiques de cette année, ponctuées de plusieurs canicules, ont rendu la saison particulière.
« La qualité des récoltes est au rendez-vous, la quantité pas forcément ; ça dépend des cépages, explique la jeune femme. Mes quatre cépages blancs n'ont pas tous été mûrs en même temps, ce qui veut dire qu'ils n'ont pas tous fleuri au même moment, et du coup ils n'ont pas tous survécu aux chaleurs de la même manière. » « J'ai rencontré plusieurs difficultés cette année, précise-t-elle. La sécheresse tout d'abord qui fait que j'ai eu des grappes plus petites que d'habitude, avec moins de jus. Heureusement qu'on a eu des pluies à la fin août qui ont fait gonfler les raisins, mais pour finir j'ai moins de volume qu'espéré. Et puis la période de floraison de la vigne, qui intervient généralement début juin ici, a connu de l'avance. Elle a eu lieu plutôt à partir de la mi-mai. Sauf qu'entre la mi-mai et la fin mai, il y a eu une première canicule. Les fleurs n'ont pas supporté d'avoir plus de 30-35 °C comme ça pendant plusieurs jours d'affilée, ce qui fait qu'il y a eu beaucoup de fleurs qui ont coulé et n'ont pas donné de fruits. Ce qui reste est toutefois très concentré, très qualitatif ; je pense qu'on va avoir des beaux degrés. » « Je vais aussi avoir des profils de vins un peu différents de l'année dernière, du fait des acidités beaucoup plus basses cette année à cause de la chaleur. »
« Au final, certains cépages ont bien donné, à l'instar de mon sauvignac et de mon soreli. En revanche j'ai environ 30 % de pertes de rendement sur le fleurtai. Et le muscaris, qui était mon cépage phare l'année dernière, a donné le quart de ce qu'il a donné l'an passé. » « J'avais fait 4 000 bouteilles en 2025, et j'espérais en faire 6 000 cette année. La quantité sera donc la même que l'année dernière. »
Pour l'heure, les différentes phases d'élaboration des vins se poursuivent et les cuvées de cette année seront commercialisées à compter du mois de mai prochain.
Un marché de niche bien valorisé
Côté commercialisation, Axelle Piednoël dispose d'une boutique sur son exploitation et organise durant l'année des visites guidées avec dégustations à l'appui (voir sa page Facebook).
D'ici quelques jours la jeune vigneronne sera présente sur plusieurs salons : le 4 octobre aux Gourmandises en folie à Amfreville-Saint-Amand dans l'Eure, les 10 et 11 octobre à la Fête du ventre à Rouen, et du 16 au 18 octobre sur le stand du Syndicat viticole normand (voir encadré) au Fénô à Caen dans le Calvados, invitée par la Région.•
Domaine Leprince : 1, rue des Canadiens, Hameau de la Vierge Marie, Bourg-Achard.
Page Facebook : https://www.facebook.com/VignobleLeprince
Un Syndicat viticole normand qui compte une trentaine d’adhérents
En février dernier, neuf vignerons normands ont créé le Syndicat viticole normand (www.syvinor.fr) dont Axelle Piednoël est la présidente. Il est issu d’une scission avec l’Association des vignerons de Normandie. « Nous sommes une petite dizaine de professionnels de la vigne en Normandie. Nous avions besoin d’une structure dédiée à son développement et à la défense de ses intérêts, et nous avons agrégé depuis des porteurs de projets qui ont planté des vignes mais ne sont pas encore en production et dont l’objectif est de faire de la vigne leur métier ». Ce syndicat permet aux adhérents d’être accompagnés techniquement par un animateur, mais aussi d’être aidés tant sur le plan financier que sur la recherche de terres. « Nous avons également mis en place des partenariats : avec le laboratoire Labeo à Caen par exemple, ce qui nous permet dorénavant de faire nos analyses d’échantillons en Normandie, mais également avec de nombreux fournisseurs pour l’achat de plants de vigne, de produits œnologiques, de bouteilles, etc. Nous avons ainsi des prix plus intéressants. Au total, nous sommes aujourd’hui une trentaine d’adhérents ». « Notre projet repose sur une conviction simple : la Normandie a une voix singulière à faire entendre dans le domaine du vin. »