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Cadeau : et pourquoi pas un couteau " Dieppois"?

Installé à Longueville-sur-Scie, Nicolas Lecomte, coutelier forgeron, fabrique des couteaux d'art en hommage à notre patrimoine local. Un savoir-faire acquis auprès du célèbre créateur du "Dieppois", François Queneuil.

Nicolas Lecomte est coutelier forgeron. Créer des couteaux lui permet d'exprimer sa passion des matériaux et de se lancer dans de nouveaux défis techniques. " Plus le projet est tordu, plus j'aime ", explique le jeune homme dont la forge et le showroom Raven Blacksmith Gallery sont situés à Longueville-sur-Scie.

Nicolas Lecomte vient de recevoir un trophée de l'artisanat dans la catégorie " métiers d'art ". Ce concours prestigieux est organisé par la Chambre des métiers et de l'artisanat de Normandie, en partenariat avec le Conseil départemental de la Seine-Maritime. 

Soudeur de formation, Nicolas Lecomte installe son atelier en tant que sous-traitant en soudage technique près de Thiers dans le Puy-de-Dôme, capitale de la coutellerie. Il y travaille pour des manufactures de coutellerie de renom et s'intéresse aux couteaux en acier damassé. En 2010, il fabrique sa première forge et en 2017 il décide de repartir à Dieppe, ville de son enfance. Il commence à créer et présente son travail à François Queneuil, créateur du célèbre couteau " Dieppois ", qui est sur le point de prendre sa retraite. 

Successeur de François Queneuil 

" J'ai beaucoup appris grâce aux précieux conseils de François Queneuil qui m'a cédé ses machines et son savoir-faire. Je progresse tous les jours grâce à mon travail, des vidéos, des livres, des témoignages", explique-t-il avant d'ajouter : " C'est en forgeant que l'on devient forgeron !, ajoute-t-il. Ce dicton est tellement vrai. Il faut comprendre le son du marteau sur l'enclume, les vibrations. Il y a beaucoup de sensations ".

Dans son atelier, il y a tous les outils nécessaires à son activité : la presse hydraulique, le marteau-pilon, l'enclume… et bien sûr la forge. " J'utilise une forge à gaz qui est plus performante que la forge au charbon de bois. La montée en température est plus rapide et permet une meilleure concentration de la chaleur et donc une meilleure localisation des points de chauffe ".

Créer une lame de couteau demande un savoir-faire très particulier : la préparation de l'acier, la mise en forme, le laminage. " Une lame de couteau en acier damassé, c'est la superposition de plusieurs couches de nickel et de carbone. Le but est de travailler l'acier pour révéler une infinité de motifs différents ".

Les couteaux damassés sont des couteaux fabriqués avec de l'acier de Damas. L'acier est composé de différents types de fer, de carbone et d'autres alliages de métal qui donnent des lames traversées par de beaux motifs ondulés. L'acier de Damas était au Moyen Âge  utilisé dans la fabrication d'épées en raison de son extrême résistance.

Un défi à chaque création

La réalisation du manche n'est pas moins passionnante. Nicolas s'est spécialisé dans le couteau d'art. Chaque pièce est unique et il travaille beaucoup pour des collectionneurs. " Plus la demande est compliquée, plus cela m'intéresse. Ce sont des défis à chaque fois. Pour les manches, je travaille différents matériaux, du bois, de la corne, du coquillage, de la résine, même du jean ".

Olivier, bambou, sequoia, loupe de hêtre, nœud d'érable, bois flotté, noyer turc, buis, arbre à perruque, sumac… sa caverne d'Ali Baba renferme des centaines de morceaux de bois qui deviendront manche de couteau un jour. 

Beaucoup de bois locaux qui ont une histoire

Le séchage extérieur des bois est une étape importante car il permet un développement des champignons entre les veines du bois. " Le noircissement naturel, dû au développement du champignon, met en valeur la beauté du morceau de bois ". L'artisan connaît toutes les essences et les origines de ses bois : " il y a beaucoup de bois locaux qui ont une histoire. J'ai par exemple du bois de charpente de la chapelle de Ménerval qui date de 1656 "

Parmi les matériaux qu'il aime également travailler : la corne de buffle, les coquilles d'huîtres, de moules ou de Saint-Jacques, de l'ormeau, de la nacre… Dans sa réserve, même des molaires de mammouth attendent d'être transformées en couteau d'art. Dans son showroom est exposé un couteau fabriqué avec une dent de mégalodon qui date de plus de 3000 ans. Cette commande qui attend son propriétaire a représenté un gros défi technique. " L'os a toujours servi à fabriquer des couteaux. J'aime aussi beaucoup la corne de buffle qui donne un noir très profond ", explique Nicolas.

Couteau Raven

L'étape du détourage consiste à donner sa forme au manche du couteau. Nicolas aime imaginer des formes originales et uniques, répondre à des demandes qui sortent de l'ordinaire. Il est le créateur du couteau Raven, un couteau de forme très contemporaine dont il va déposer le brevet auprès de l'Institut national de la propriété intellectuelle (Inpi). Il est l'unique fabricant du Pont Colbert et du Dieppois, modèles déposés à l'Inpi. Pour pouvoir continuer à fabriquer ces couteaux, il a repris les brevets de François Queneuil qui en est à l'origine.

Le jeune artisan a plein d'idées insolites pour ses futures œuvres d'art : après un couteau avec un manche en jean, il pense à des couteaux qui seraient réalisés avec des produits locaux, tels que la paillette de lin…

Les couteaux de Nicolas seront exposés au marché de Noël d'Offranville et de Dieppe, à côté des bijoux créés par sa compagne Sandrine Deporge (DS Création) qui utilise les chutes de matériaux de la coutellerie. •

Coutellerie d'art Nicolas Lecomte – 12, rue du Général-de-Gaulle – 
76590 Longueville-sur-Scie 

Tél. : 06 13 89 04 20 – 
raven.blacksmithgallery@gmail.com

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