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Betteraves : le bout du tunnel

Lors d’une conférence de presse le 1er décembre, la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) a dressé le bilan de la campagne annuelle. L’association spécialisée de la FNSEA entend profiter du rebond de la filière pour mieux valoriser sa production.

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© L.A.

La campagne 2020-2021 avait été catastrophique avec des rendements historiquement bas, de l’ordre de 65 tonnes à 16°/ha et une production de betteraves de seulement 27,4 millions de tonnes (Mt) de betteraves. Avec celle qui s’achève (2021-2022), les feux semblent être revenus au vert pour les producteurs de betteraves à sucre qui sans crier à l’embellie voient le bout du tunnel. Malgré une diminution des surfaces de 18 000 ha (421 000 ha en 2020 contre 403 000 ha cette année), le rendement moyen retrouve des couleurs avec 87 tonnes à 16°/ha. La production bondit de presque 28 % (27,7 %) à 35 Mt. Les chiffres auraient pu être meilleurs si le gel d’avril 2021 n’avait pas obligé les planteurs à ressemer 55 000 ha, soit 14 % de la surface betteravière, « mais sans l’enrobage néonicotinoïde », a souligné Franck Sander, président de la CGB. Ce qui a, comme en 2020, profité à la croissance des pucerons à l’origine de la jaunisse de la betterave. De même, le développement fulgurant du charançon et du rhizopus qui peuvent faire perdre jusqu’à 50 % des récoltes et l’application de deux produits désherbants non conformes (7 000 ha touchés) ont réduit le volume des productions et les rendements. Franck Sander concède volontiers qu’il aurait aimé que le Plan national de recherche et innovation (PNRI) bénéficiât d’au moins cinq ans de dérogation pour trouver des solutions opérationnelles contre la jaunisse.

Stocks mondiaux au plus bas

Malgré tout, les betteraviers paraissent satisfaits de cette année moyenne qui leur permettra de valoriser la tonne de betterave entre 26 et 29 euros, selon les coopératives et les industriels. Cristal Union a ainsi versé un premier acompte à 13 euros/tonne pour finalement assurer que la tonne serait payée 29 euros au producteur. Le groupe Terreos a pour sa part versé un premier acompte à 12,72 euros/t. « Après trois années compliquées, nous revenons à un chiffre d’affaires rémunérateur », a indiqué Pierre Rayé, directeur général de la CGB qui a exposé un « autre motif de satisfaction : des signaux de marché plutôt positifs ». En effet, avec un peu plus de 400 euros/tonne, le cours du sucre brut a retrouvé son niveau d’avant la fin des quotas en octobre 2017. Le directeur général explique notamment ce rebond par le fait que le marché européen sucrier est déficitaire depuis quatre années consécutives, que la consommation mondiale a rebondi, que le Brésil et la Thaïlande, deux importants producteurs, ont subi des aléas climatiques et de production. « Il ne faut pas oublier non plus que les stocks mondiaux sont au plus bas depuis dix ans », a-t-il ajouté. Ce qui fait mécaniquement augmenter les prix. La CGB s’est aussi réjouie du dynamisme du marché de l’éthanol dont les cours ont presque doublé depuis cinq ans : environ 45 euros/hl fin 2016 contre 95 euros/hl aujourd’hui. Dans l’attente des avis de l’Anses (lire encadré) qui devraient être rendu avant Noël, elle reste mobilisée pour assurer le renouvellement de la dérogation pour l’utilisation des néonicotinoïdes en 2022.

Anses : trois avis très attendus

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) devrait rendre dans les prochains jours trois avis en lien avec l’arrêté du 5 février 2021 qui portait notamment sur la dérogation de l’utilisation des néonicontinoïdes.

Le premier avis a trait à la possibilité pour l’agriculteur d’anticiper d’un an, la culture de maïs ou de colza sous réserve que soit appliqué un dispositif d’atténuation. Si l’avis de l’Anses devait être positif, l’agriculteur pourrait faire du maïs en année N+1 et du colza en N+2.

Le deuxième avis porte sur les cultures oubliées par cet arrêté. La CGB aimerait y voir figurer notamment des cultures comme le triticale, l’épeautre, le quinoa, le sorgho, le millet, le lupin… mais aussi la betterave.

Enfin le troisième avis concerne le rang dans la succession des cultures. La CGB souhaiterait notamment que les pommes de terre, prévues en N+2 puissent être plantées en N+1 et que le lin, les légumes et les pois (N+3) puissent être emblavés en N+2. « Les modifications seront rétroactives et ces trois avis vont avoir un gros impact économique pour les exploitations », indique-t-on à la CGB.

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