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AG de la Fop : préserver les moyens de production

Plusieurs centaines de congressistes étaient réunies le 26 novembre à Montrouge (Hauts-de-Seine) pour participer à l'Assemblée générale de la Fédération française de producteurs d'oléagineux et de protéagineux (Fop) placée sous le signe de l'innovation. Mais cette dernière n'est qu'un des moyens de conserver le potentiel de production du secteur.

Arnaud Rousseau, président de la FNSEA (et ancien président de la Fop), et Benjamin Lammert, président de la FOP.
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA (et ancien président de la Fop), et Benjamin Lammert, président de la FOP.
© Actuagri/C. S.

" Défendre la molécule ", " lutter contre les ravageurs ", " investir dans la recherche et le développement ", " attirer les jeunes ", " dégager du revenu "... Les congressistes de la Fop n'ont eu et n'ont toujours que la souveraineté agricole et alimentaire en tête. Certes, la loi d'orientation agricole et la loi Duplomb ont permis des avancées sur l'intérêt général majeur, sur le stockage de l'eau, la sanctuarisation du Comité des solutions. Mais de nombreux dossiers restent encore en suspens qui empoisonnent le quotidien des agriculteurs, à commencer par la fraude aux huiles usagées.

Déjà lors du congrès 2025, Isabelle Weber, directrice des Affaires réglementaires de Saipol avait alerté sur le défaut de contrôle des exportations d'huiles dans les pays tiers et pointé " des volumes massifs d'huiles usagées (UCO) ou de biocarburants fabriqués à partir d'huiles usagées mais dans lesquelles sont incorporées des huiles vierges arrivant d'Asie ". Selon le site The Edge Malaysia, " les exportations d'effluents de moulins à huile de palme (POME pour Palm Oil Mill Effluent) et de résidus d'huile de palme très acides (HAPOR) en 2023 et de janvier à octobre 2024 ont largement dépassé la capacité totale estimée par le gouvernement indonésien à environ 300 000 tonnes ". Et ce n'est qu'un seul pays ! Le président de la Fop, Benjamin Lammert a chiffré cette fraude qui pèse sur les comptes des exploitations : " cette fraude aux huiles usagées coûte 40 €/t aux producteurs français de colza ", soit environ 150 €/ha, a précisé Gilles Robillard, président de Terres Inovia. C'est ce qui a conduit la Fop à porter plainte contre la Commission européenne pour " inaction " auprès de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE).

" Pas suffisant "

Un autre dossier vient irriter les producteurs d'oléoprotéagineux : le plan protéines. Mis en place en 2020 à travers France Relance 2030*, il ambitionne de doubler la surface agricole consacrée aux cultures riches en protéines végétales (légumineuses, oléoprotéagineux, luzerne, etc.) pour atteindre deux millions d'hectares d'ici 2030, soit environ 8 % de la surface agricole utile. Ce plan a suscité un coup de sang chez le président de la FNSEA (et ancien président de la Fop), Arnaud Rousseau. " Les entreprises privées et les filières sont financièrement engagées dans ce plan et respectent leur calendrier. Mais depuis 2024, l'État n'a rien versé ", a-t-il soutenu " demandant que l'État tienne ses engagements ". Le plan prévoit une enveloppe globale de 150 millions d'euros.

Retenue par le Conseil des ministres, Annie Genevard, n'a pas pu répondre. Elle a simplement indiqué, par vidéo interposée, que les fonds publics promis à la filière protéagineuse pour le projet Pea4Ever (soit 5 millions d'euros) seront versés prochainement.

Les producteurs ont également les yeux fixés sur la Commission européenne pour au moins deux bonnes raisons.

Tout d'abord la réforme de la Pac qui s'enferme " dans une vision purement technocratique ", a indiqué le président de la Fop. " Le budget n'est pas suffisant ", a-t-il ajouté appelant, tout comme Arnaud Rousseau, les agriculteurs à manifester massivement le 18 décembre à Bruxelles.

Ensuite, les producteurs ont la mesure d'ajustement carbone aux frontières (Macf) en ligne de mire. " Ça ne fonctionne pas ", a martelé Benjamin Lammert qui estime le coût supplémentaire à 150 €/tonne d'engrais et un impact de 22 € de plus par tonne de colza graine. " Le marché n'est pas capable d'absorber cette hausse et nous n'avons pas d'engrais décarbonés en Europe ", a-t-il ajouté. Il demande l'arrêt de la Macf. Toutes ces demandes auxquelles s'ajoutent l'exonération de la fiscalité sur le biocarburant (E85, B100), le respect de la directive déforestation (qui ferait gagner aux agriculteurs français 30 €/tonne de graines) et la validation des NBT/NGT concurrent à maintenir et même développer la production française. " Car nous avons besoin de produire ", a conclu Arnaud Rousseau.•

* Le tout premier a été validé en 1973 après que les États-Unis ont décrété un embargo sur l'exportation de soja

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