Aller au contenu principal

Accord commercial UE-États-Unis : quels enjeux pour l'agroalimentaire normand ?

Face à la menace de nouveaux droits de douane américains jusqu'à 30 %, notamment sur les secteurs automobile, aéronautique, technologique et agricole, l'Union européenne a signé le 27 juillet un accord commercial avec les États-Unis. Cet accord écarte une guerre commerciale ouverte, mais entérine un rapport de force défavorable à l'UE selon ses détracteurs.

Signé le dimanche 27 juillet, l'accord vise à désamorcer l'escalade des tensions commerciales initiée par l'administration Trump. Les négociations sont encore en cours et certains points restent à préciser.

Depuis le 1er août, les exportations européennes vers les États-Unis sont soumises à un droit de douane de 15 %, au lieu des 30 % initialement envisagés. Les vins et spiritueux, dont le traitement n'avait pas été clairement précisé au moment de la signature, seront également taxés à 15 %, même si la France et l'Italie espèrent obtenir une exemption pour cette filière.

Des quotas sur l'acier et l'aluminium, actuellement taxés à 50 %, sont encore en cours de négociation et pourraient évoluer dans les prochains mois. Certains produits stratégiques verront leurs droits levés, notamment les équipements aéronautiques, les semi-conducteurs, certaines matières premières critiques, des produits chimiques et certaines productions agricoles.

L'Union européenne s'engage par ailleurs à promouvoir et faciliter les investissements entre l'UE et les États-Unis. Des entreprises européennes ont manifesté leur intérêt à investir au moins 600 milliards de dollars (environ 550 milliards d'euros) dans divers secteurs aux États-Unis d'ici à 2029, ce qui s'ajouterait aux investissements déjà existants, estimés à 2 400 milliards d'euros.

Les négociations sur l'accord se poursuivent. Les engagements d'investissements annoncés restent flous, et certains droits de douane, notamment sur l'acier, l'aluminium et certains produits stratégiques, sont encore soumis à négociation ou à examen.

Enjeux pour l'agriculture normande

En 2023, les exportations agroalimentaires normandes vers les États-Unis représentaient 630 millions d'euros (sur un total de 3,5 milliards d'euros), pour 150 000 tonnes de marchandises (sur 4,5 millions de tonnes) exportées.

Les boissons alcoolisées distillées, principalement le calvados, représentent le principal poste en valeur (240 M€, soit près de 40 % du total). La France et l'Italie cherchent à obtenir une exemption pour les vins et spiritueux dans les négociations.

En volume, ce sont les céréales, les légumineuses et les oléagineux qui dominent avec 71 394 tonnes, mais leur valeur reste modeste (20 millions d'euros). Ces volumes importants s'expliquent en partie par le rôle logistique des ports de la région, qui servent souvent à la réexportation.

La filière des boissons alcoolisées, principale source de valeur pour la Normandie est la plus exposée par le traité. Les produits laitiers, qui bénéficient de prix unitaires plus élevés, sont en principe mieux à même d'absorber ou de répercuter les droits de douane, ce qui limite leur exposition directe à ces mesures. En revanche, les céréales, légumineuses et oléagineux, qui représentent des volumes importants mais affichent des prix unitaires modestes, risquent de voir leur compétitivité réduite par l'application du droit de douane américain de 15 %. L'impact pourrait être particulièrement fort sur ces marchés très concurrentiels et peu différenciés, où toute perturbation des flux commerciaux fragilise un équilibre déjà précaire.

Un compromis jugé déséquilibré

Présenté par la Commission comme un compromis utile, qui " apporte de la stabilité ", cet accord a été largement critiqué par les responsables politiques français, aussi bien du côté du gouvernement que de l'opposition, le décrivant comme trop conciliant.

Les contradicteurs de cet accord considèrent, quant à eux, que cet accord est déséquilibré. Selon eux, l'UE fait d'importantes concessions (énergie, investissements) en échange d'un simple gel partiel des menaces tarifaires. Ce déséquilibre, poursuivent-ils, risque de peser sur la souveraineté économique européenne et de fragiliser ses filières.•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Elody et Sébastien Marc, de l’exploitation bio « Les Jardins de Marcelle », présentent leur production de légumes, plants et graines sur leur stand au Sia 2026.
Sia : nos producteurs seinomarins régalent les papilles

Dans le Hall 7.2 les régions ont attiré des centaines de visiteurs dès ce premier week-end du salon. Et sur le pavillon…

La Seine-Maritime accompagne ses producteurs au Sia

La Seine-Maritime sera présente au Salon international de l'agriculture (Sia) qui se tient à Paris du 21 février au 1er…

Veau malade.
FCO-3 : une vague de naissances de veaux “débiles” dans les élevages cet hiver

La fièvre catarrhale ovine (FCO) sérotype-3 est passée à l’été et l’automne 2025 dans les élevages bovins et ovins seinomarins…

L'année dernière, le club NCRC a animé les 120 m2 de circuits radiocommandés. Les pilotes feront revivre la zone avec des camions, des pelleteuses et des tracteurs à l'échelle 1/14e et 1/16e.
Du plus petit au plus grand : miniatures agricoles à Yerville

Après avoir frôlé les 5 000 visiteurs l'an passé, l'événement "L'agriculture, une passion même en miniature" revient ce…

Après avoir été exposé à des sangliers, le chien de chasse est tombé malade puis est décédé dans les 24 à 48 heures qui ont suivi.
Un chien mort des suites de la maladie d'Aujeszky

La Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de la Seine-Maritime informe de la découverte d'un chien…

La FNSEA obtient la retraite sur les 25 meilleures années

La réforme des "25 meilleures années" va enfin se mettre en place. Les deux premières années vont donner lieu à une période…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole