Volaille et œufs : la Normandie face à une demande croissante
En 2025, chaque Français a consommé 31,6 kg de volaille et environ 14,9 kg d'œufs. La demande progresse plus vite que la production nationale, et les importations comblent une part croissante de l'écart. Pour les éleveurs normands, le marché intérieur offre des perspectives de développement.
Selon FranceAgriMer, la volaille représente 37 % de la consommation de viande en 2025, contre 25 % en 2005. Elle devance désormais le porc. La consommation atteint 31,6 kg par habitant, soit 3,5 % de plus qu'en 2024, dont 81 % de poulet. La restauration hors domicile en est un moteur : elle représente 37 % des volumes, dix points de plus en cinq ans (source Itavi).
Œufs : une demande dynamique
Les Français consomment environ 14,9 kg d'œufs par an (en équivalent œuf-coquille). Plus d'un œuf sur trois (35 %) est consommé sous forme d'ovoproduits, utilisés par l'industrie et la restauration. Le prix à la production dépasse de 32,8 % la moyenne 2021-2025.
Un poulet sur deux importé
Plus d'un poulet consommé sur deux est importé (52,4 %), contre environ 25 % en 2000, selon Anvol (interprofession de la volaille de chair). Les importations de poulet ont progressé de 9,5 % en 2025. Elles proviennent principalement de l'Union européenne, notamment de Pologne, de Belgique et des Pays-Bas. Les filets et les préparations, très utilisés par la restauration et l'industrie agroalimentaire, occupent une place importante dans ces échanges.
La France exporte des volailles, mais son déficit commercial en volailles de chair atteint un record en 2025 : 508 000 tonnes. Les échanges varient selon les destinations : le déficit atteint 1,88 milliard d'euros avec l'Union européenne, tandis que la France conserve un excédent de 182 millions d'euros avec les pays tiers. Les œufs sont également concernés : en 2025, les importations françaises ont progressé de 15,7 % en volume, tandis que le taux d'auto-approvisionnement s'établissait à 94 % (FranceAgriMer).
Quels débouchés pour les éleveurs normands ?
La Normandie élève 4 % des volailles françaises. Ses éleveurs disposent de plusieurs débouchés. La filière longue s'appuie sur des abattoirs importants, comme SNV et Socadis (groupe LDC). Contrairement à la Bretagne, la Normandie est peu présente sur les marchés des pays tiers. Ses opérateurs ciblent principalement les marchés français et européen. La proximité constitue un autre atout : en 2023, 342 élevages normands vendaient en circuits courts. L'IGP (indication géographique protégée) Volailles de Normandie, le Label Rouge et l'agriculture biologique permettent également de différencier les productions.
La demande progresse, portée notamment par la restauration hors domicile et l'attention portée à l'origine des produits. Face aux importations, la proximité et les signes de qualité constituent des arguments pour les productions normandes mais ne suffiront pas à combler la demande en poulet du quotidien et en œufs. Le défi est de renouveler le parc de production de volailles label et de l'ajuster à la demande mais aussi de développer les capacités de production en volailles du quotidien et en œufs pour répondre à cette demande croissante des Français qui est pour l'instant pourvue par des importations.•
Volailles en Normandie, une opportunité pour la souveraineté alimentaire
Les 14es Rencontres économie et marchés se tiendront dans le cadre de l'événement “Champs d'opportunités agricoles” organisé par la Chambre et ses partenaires au parc des expositions de Lisieux (Calvados). Une conférence intitulée "Volailles en Normandie" aura lieu le mardi 17 novembre, de 11 h 30 à 13 h 30. Au programme : une présentation de la filière avicole et de ses enjeux, et une table ronde regroupant éleveur, organisation de producteurs, abattoir, coopérative, banque… La Région sera présente. Elle affiche une ambition forte pour le développement de cette filière, en contribuant activement aux objectifs nationaux de souveraineté alimentaire et en valorisant ses nombreux atouts.