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Vers une meilleure prise en compte des services rendus par l’élevage ?

Quels sont les rôles, impacts et services assurés par les élevages européens ? Menée par l’Inra pendant deux ans, une expertise scientifique collective a rendu ses conclusions le mercredi 30 novembre.

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L’élevage joue un rôle essentiel dans les territoires ruraux au sein desquels il assure de nombreux services économiques, environnementaux et sociaux.
© Stéphane Leitenberger

«Mieux intégrer tous les services rendus par l’élevage », figure parmi les recommandations émises en conclusion par les chercheurs de l’Inra et auteurs du rapport présenté le mercredi 30 novembre. Ces derniers se sont attelés à évaluer la multiplicité des impacts et services rendus par ce secteur, en présentant une analyse par « bouquets de services » concernant cinq interfaces : les marchés, l’emploi et le travail, les intrants, l’environnement et le climat, les enjeux sociaux et culturels. Si les différents scénarios démontrent de manière globale que la réduction de consommation des produits animaux génère un véritable intérêt environnemental, « la suppression complète de l’élevage ne semble pas pour autant, permettre d’atteindre les plus hauts niveaux de services environnementaux », expliquent les auteurs. En conclusion du rapport, ces derniers insistent sur une meilleure prise en compte des services positifs rendus par le secteur animal. Des plus-values encore trop rarement intégrées dans les comptabilités de cycle de vie. Les enjeux globaux demeurent considérables. Dans l’Union européenne, 54 % des exploitations agricoles présentent une activité d’élevage. Près de 4 millions d’actifs y sont employés. La consommation européenne en produits carnés demeure deux fois plus élevée que la moyenne mondiale, et ce, malgré une stagnation depuis les années 1990.

Place des producteurs et contexte de mondialisation
A l’occasion de la restitution des résultats, des échanges nourris entre intervenants et participants ont émané. Les sujets relatifs à l’organisation des filières et à l’internationalisation sont ressortis des débats. « Les filières animales sont très pyramidales, avec en haut une forte concentration de la grande distribution qui permet, certes, un lissage des prix, mais qui a tendance aussi à renforcer son pouvoir de négociation vis-à-vis des acteurs de l’amont », souligne ainsi Pierre Dupraz, directeur de recherche à l’Inra. Le rapprochement actuel des centrales d’achat à l’échelle européenne constitue un sujet de vive inquiétude chez les producteurs. Sur le volet international, d’autres mettent en gardent contre
« le jeu dangereux qui consiste à réduire les coûts pour être encore plus compétitifs ». « Dans le lait, l’Irlande et la Nouvelle-Zélande ont aussi beaucoup souffert », observe Luc Delaby, responsable scientifique à l’Inra. Depuis 2000, la baisse du poids de la France dans les exportations au profit de l’Allemagne témoigne néanmoins de cette réalité.

Grandes tendances à l’arbitrage
Les auteurs de ce rapport de plus de 1 000 pages constatent des « grandes tendances à l’arbitrage » symbolisées par des oppositions telles que « la production versus l’environnement » ou « la compétitivité versus l’emploi ». « Quelles meilleures combinaisons de politiques publiques pour concilier ces enjeux ? [..] Quel est le rôle des consommateurs et des marchés, se construisant chacun sur des références très hétérogènes ? », interroge en conclusion Rodolphe Sabatier, chargé de recherche à l’Inra. Les scientifiques de l’institut s’accordent pour rappeler que la grande majorité des études portées sur la thématique de l’élevage se concentrent sur ses effets négatifs. Les services rendus n’étant que trop peu considérés.

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