Une transformation pour " durer, agir et être utile "
Réuni pour son 80e congrès à Caen (Calvados) les 30 mars, 1er et 2 avril, le syndicat majoritaire a engagé une mue profonde pour répondre aux défis de la représentativité. La FNSEA mise sur un "contrat d'adhésion" et une réforme financière inédite afin de renforcer sa proximité avec le terrain d'ici 2031.
Réuni pour son 80e congrès à Caen (Calvados) les 30 mars, 1er et 2 avril, le syndicat majoritaire a engagé une mue profonde pour répondre aux défis de la représentativité. La FNSEA mise sur un "contrat d'adhésion" et une réforme financière inédite afin de renforcer sa proximité avec le terrain d'ici 2031.
Le message porté lors de ce 80e congrès est sans équivoque : il s'agit de " se transformer pour reconquérir ", a indiqué Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. "Cette démarche impose de regarder le fonctionnement interne avec lucidité pour rester une force de proposition légitime". Cette réflexion, issue d'un séminaire de travail mené en novembre 2025 à Roissy (Val-d'Oise), traduit une volonté de " huiler les maillons du réseau " entre les échelons départementaux (FDSEA), régionaux (FRSEA) et les associations spécialisées (AS).
Clarifier les rôles
Le pivot de cette réforme est la mise en place d'un contrat d'adhésion. Ce document vise à répondre aux demandes de clarification du réseau concernant les flux financiers, le niveau des cotisations et les missions respectives de chaque strate syndicale. L'objectif est de créer une dynamique de groupe où chacun avance dans le même sens pour accroître le nombre d'adhérents, notamment dans la perspective des élections aux Chambres d'agriculture de 2031. Comme l'a souligné le secrétaire général Hervé Lapie, " l'exigence de proximité est une priorité absolue pour construire et garder la confiance des agriculteurs ". Pour soutenir cette ambition, la FNSEA engage une réforme radicale de ses finances. " On part d'une page blanche ", affirme Éric Thirouin, trésorier.
Le constat est clair : la pression financière sur la base doit être allégée. Le volume des cotisations perçues par la FNSEA sera ainsi divisé par deux, passant de 7,2 millions d'euros à 3,6 millions d'euros. Le nouveau système devrait s'articuler en deux temps : un premier appel sur une base forfaitaire, suivi d'un second basé sur la solidarité pour soutenir les FDSEA les plus fragiles. Par ailleurs, une enveloppe de 750 000 euros sera dégagée sur le budget de la FNSEA pour accompagner les structures départementales souhaitant s'engager dans des projets structurés. Jérôme Despey, premier vice-président, a précisé que cet accompagnement sera gradué en trois niveaux : accès pour les structures en difficulté, structuration pour celles en stabilité précaire, et développement pour celles en bon état de fonctionnement.
Le retour au local et à l'action
La transformation passe également par une revitalisation des échelons locaux. Nicolas Boulé, de la FDSEA de la Manche, a rappelé que le "maillon central" reste le syndicat cantonal. C'est sur le terrain, par l'explication et l'accompagnement, que se gagne l'adhésion. Pour Marie-Amélie Viargues (Aveyron), l'animation est le pivot entre le local et le départemental. L'esprit de cette réforme est aussi de revenir aux fondamentaux du Serment de l'Unité paysanne de 1946 : se rassembler pour défendre les entrepreneurs du monde rural. Cette solidarité retrouvée doit permettre de " recréer de l'engagement pour retrouver les victoires qui se voient et qui se vivent ", a insisté Jérôme Despey.
Arnaud Rousseau prévient toutefois que cette mutation sera une " épreuve de longue haleine " qui nécessitera du temps, sans précipitation. Une révision de la gouvernance et des statuts est d'ailleurs prévue via la mise en place d'un conseil électif d'ici 2028.•
Un conseil d'administration renouvelé
Stéphane Aurousseau, président de la Commission nationale des statuts et conflits de la FNSEA, a proclamé les résultats de ce congrès électif. Sur les 68 membres du conseil, 26 administrateurs ont été renouvelés parmi lesquels, le secrétaire général adjoint Thierry Coué, et le vice-président, Luc Smessaert.
Conformément à l'engagement du congrès de Grenoble de 2025, le taux de féminisation de ce conseil a été porté à plus de 25 % " Il atteint 28 % ", a indiqué Stéphane Aurousseau. C'est le 16 avril prochain que le nouveau conseil d'administration procédera à l'élection du bureau et à celle du président de la FNSEA.