Une assurance tous risques contre le sanglier dans le maïs ?
Et si les dégâts de sangliers dans le maïs n'étaient plus une fatalité ? Le répulsif PAT 04-12, commercialisé depuis le printemps dernier par la société SCS Semences basée à Bourguébus (14), a été testé in situ. Pascal Legrix, agriculteur dans le pays d'Auge calvadosien, livre ses premières impressions.
« In fine, c'est la première année que je ne fais pas de déclaration de dégâts de sangliers sur mon maïs », se satisfait Pascal Legrix (Gaec Le Plain Gruchet à Goustrainville-14). Sur cette exploitation du pays d'Auge calvadosien qu'il a reprise hors cadre familiale avec son épouse Bénédicte il y a 2 ans, la problématique sanglier ne date pas d'hier. Aux côtés des surfaces en herbe qui assurent l'autonomie alimentaire d'un troupeau de 90 vaches allaitantes, des cultures de vente. « Une terre très délicate mais ou le maïs grain vient très bien ». Le Gaec y consacre une quarantaine d'hectares par an. Problème, avec des terres abandonnées et en friche aux alentours, la population de sangliers va crescendo malgré les prélèvements des chasseurs (7 500 l'an dernier). « À certaines périodes, c'est cantine la nuit. 4 à 5 ha détruits, soit 10 % de la surface » mais Pascal n'est pas du genre à rester les deux pieds dans le même sabot.
Un protocole expérimental rigoureux
En accord avec la Fédération des chasseurs du Calvados, il s'est porté volontaire pour tester le PAT 04-12, un nouveau répulsif proposé depuis le printemps dernier par l'entreprise SCS Semences basée à Bourguébus (14). Sur une parcelle de 22 ha d'un seul tenant, il a respecté un protocole expérimental rigoureux : une bande témoin sans traitement, 10 ha avec le nouveau répulsif PAT 04-12, le reste avec le répulsif historique couramment utilisé. L'ensemble de la parcelle a été ceinturé d'un passage en prélevée d'un Phaco, un biostimulant qui réduit également les risques d'attaque de la faune sauvage au sol grâce à une odeur répugnante. « Je suis très satisfait de cette première année. Seulement 1 000 m2 de dégâts sur la bande témoin et un peu sur le produit historique. Rien sur le PAT 04-12 », abonde Pascal Legrix qui met en exergue parallèlement les bonnes conditions météorologiques de la campagne. Elles ont peut-être aussi contribué à la réussite de l'expérimentation.
Olivier Hoste, patron de SCS Semences, confirme ce bon bilan. « Sur les 2 000 doses que nous avons traitées, aucune réclamation de clients concernant le PAT 04-12 + Phaco et seulement 3 % de réclamation sans Phaco ». Si l'efficacité de ce nouveau répulsif semble convaincante, Olivier Hoste insiste parallèlement sur la qualité de l'enrobage. « Nous ne vendons pas de PAT 04-12 sans prestation. La qualité du mélange constitue un facteur primordial. Elle doit être assurée par des professionnels formés et dotés d'un équipement éprouvé ». Les notions de respect de la législation en vigueur et de l'environnement ne laissent également aucune place à l'amateurisme.
Faites vos comptes
Reste à faire les comptes. « Moins de 20 € la dose, prestation comprise pour le PAT 04-12. Pour le Phaco : moins de 70 €/l à raison d'1 l/ha sachant que l'on ne fait que le détourage de la parcelle et pas obligatoirement dans sa totalité », précise-t-on en toute transparence du côté de SCS Semences. « Un coût à mettre en parallèle avec celui d'un resemis : 350 €/ha ». Sans oublier les éventuels dommages collatéraux : disponibilité de la variété souhaitée, décalage calendaire de la culture avec un risque de maturité... Alors à vos calculettes sachant que la décision dépend également de la pression sanglier que l'on subit. Une pression évolutive. Si vous n'y êtes pas confronté mais votre voisin « oui » et qu'il décide de traiter, le problème va se déplacer. La lutte contre le sanglier, comme celle contre le corbeau, doit donc se concevoir de façon collective.
Pascal Legrix se pose une autre question. Quelle sera la position de la FDC 14 ? Elle a subventionné l'expérimentation 2025 mais ce coup de pouce financier s'inscrit-il dans la durée ? Un positionnement qui ne concerne pas que les chasseurs du Calvados. Toutes les fédérations confrontées à une problématique sanglier ont un choix à faire : compenser les dégâts aux cultures avec une facture qui va crescendo ou accepter de financer la protection de ces dites cultures aux prix de quelques heures en moins au tableau de chasse ? Un choix cornélien ou plutôt une question de bon sens paysans et de bon sens de chasseurs. Il y a des équilibres à trouver et sans doute pas de réponse unique.•
Pour plus d'information : Romane au 06 73 50 68 66 (mgrenet@groupehoste.fr).