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Un Seinomarin champion du monde de la boucherie

Alexis Caquelard fait partie de l'équipe de France devenue championne du monde de la boucherie lors du World Butchers' Challenge 2025 le 31 mars dernier à Paris. " J'ai pris un plaisir énorme à participer à ce concours ! ", a déclaré ce passionné des métiers de bouche.

Après deux ans à préparer ce championnat du monde avec ses collègues, Alexis Caquelard est revenu dans les cuisines du CFA Eugénie Brazier à Rouxmesnil-Bouteilles. Cela fait 26 ans qu'il forme des jeunes au métier de boucher et charcutier.

Le World Butchers' Challenge est une compétition internationale prestigieuse qui met en avant l'art et la technique des bouchers. Elle rassemble les meilleurs bouchers du monde entier. La France accueillait pour la première fois cette compétition mondiale.

Avec six autres collègues, Christophe Ip Yan Fat, Mickaël Chabanon, Sébastien Corier, Johan Boudinel, Paolo Desbois et Godefroy Piaton venant des quatre coins de l'Hexagone, ils ont formé l'équipe représentant la France. Seize équipes du monde entier ont participé à ce concours.

La passion de transmettre

Originaire de Petit-Caux, Alexis est fils de boucher. " Je viens d'un milieu paysan. L'été on passait notre temps chez ma grand-mère. On arrachait les betteraves, on ramassait les bottes de foin. Très tôt, à 6 ans, je savais que je voulais être boucher comme mon père. À 14 ans, j'ai commencé ma formation : CAP de Boucher à Dieppe, brevet professionnel en boucherie, brevet de maîtrise bouchère, CAP de charcuterie et brevet professionnel de charcuterie. À 23 ans, je suis devenu formateur au CFA Eugénie-Brazier de Rouxmesnil- Bouteilles où j'ai fait mon CAP. À 27 ans, je suis devenu salarié à la boucherie Frétel à Berneval-le-Grand. J'ai travaillé durant 26 ans en parallèle en tant que formateur à Berneval où je viens d'arrêter ", explique Alexis Caquelard pour qui c'est la dernière année au CFA. Il a un autre projet : la création d'une boucherie sur la commune de Petit-Caux.

" Mes années au CFA ont été exceptionnelles. Je n'avais qu'un but : la réussite des jeunes. Je tiens à la transmission d'un savoir-faire, d'une technicité, d'un respect de la matière mais surtout d'un savoir-être. J'ai été éduqué avec rigueur et respect. J'essaie de donner ce que j'ai reçu. Pour moi la performance vient d'une accumulation d'expériences et de rencontres diverses mais il faut toujours rester simple. La simplicité est une valeur importante ", ajoute-t-il.

Alexis a une passion : les concours de boucherie. Ces titres sont nombreux : Meilleur apprenti de France (MAF) en boucherie en 1993. De 2005 à 2007, il a participé à une douzaine de concours nationaux en boucherie, et il en a gagné huit.

MOF depuis 2007

En 2007, c'est la grande année : il gagne le concours de boucherie au Sirha à Lyon puis le concours du salon des métiers de bouche, le Serbotel. Et en octobre, la consécration avec le titre de Meilleur ouvrier de France (MOF).

" Faire les concours, c'est une passion. Je passais des heures dans ma cave à travailler des carcasses pour réaliser des plateaux : faire fondre les graisses et tailler les os pour sculpter des sujets. Les concours c'est assez égoïste. Nos proches font beaucoup de concessions. Avec cette récompense mondiale j'ai rendu fière ma famille, c'est le plus important ".

Il y a deux ans, un collègue boucher est venu le voir pour participer à la Coupe du monde en équipe. " J'avais eu des occasions d'y participer les années précédentes mais ce n'était jamais le bon moment. C'est un concours qui demande beaucoup de travail en amont. Mais cette fois j'ai dit oui. C'était le cadeau de mes 50 ans ! Nous étions une belle équipe d'amis dont cinq MOF. Nous nous sommes préparés durant 2 ans en nous réunissant tous les 15 jours sur Paris, à l'École nationale des métiers de la viande (ENSMV, 12e arrondissement). Nous avions un coach sportif qui nous a préparés physiquement et mentalement. Il nous a également suivis au niveau de notre alimentation ". L'épreuve a duré 3 h 30 pour réaliser un buffet de 7,20 mètres de long sur 1,50 m de large.

Création d'une boucherie à Petit-Caux

" Nous avons été jugés sur notre travail, sur nos pratiques en ce qui concerne l'hygiène et la sécurité. Nous avons eu le titre de champion du monde RSE pour notre bonne gestion des déchets et nous avons eu également le prix du plus beau buffet. Ce que l'on a fait, c'est une forme d'art à part entière, travailler vite et bien en limitant le plus possible le gaspillage alimentaire. Au bout de l'épreuve, nous étions usés, on a tout donné ".

Maintenant un autre projet l'attend : l'ouverture d'une boucherie-charcuterie-traiteur à Petit-Caux. " J'ai fait de la formation, j'ai travaillé en GMS, chez un artisan boucher, j'ai côtoyé le milieu des concours, j'ai beaucoup voyagé. Aujourd'hui, à 50 ans, je crée ma boucherie, c'est le maillon qui manquait à ma carrière. J'ai envie de me poser mais pas de me reposer ! "

Lors de la remise des prix, Emmanuel Bernard, président de la section bovine d'Interbev et éleveur dans la Nièvre, a tenu à remercier tous les bouchers qui subliment au quotidien le travail des éleveurs.•

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