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Un merveilleux village de Noël à Esteville

Le Centre abbé Pierre - Emmaüs présente au public jusqu'au 7 janvier une exposition ethnologique* sur les histoires et les fêtes de fin d'année, dans les cultures populaires du monde. 

Les Kolednicy sont des chanteurs de cantiques de Noël en Pologne. Les enfants et les adultes se déguisent et ils font le tour des maisons pour y chanter des chants religieux ou pastoraux. En échange les habitants offrent à boire, des pâtisseries, des bonbons ou des cadeaux.
© Valérie Sorieul

À Esteville, le Centre abbé Pierre - Emmaüs a installé dans son parc un merveilleux et instructif village de Noël. Dans des chalets en bois décorés et illuminés, une scénographie permet de revivre ou de découvrir les traditions qui font rêver les enfants et les adultes lors des fêtes de fin d'année dans de nombreux pays. Cette exposition met en avant les valeurs positives présentes dans ces traditions et leur proximité avec celles de l'abbé Pierre : paix, partage, fraternité, générosité, attention aux plus petits, espérance… On y voit des personnages et des coutumes qui appartiennent aux traditions vivantes et au patrimoine immatériel : saint Nicolas de la Lorraine à la Russie ; le père Noël dans le monde entier ; les crèches napolitaines baroques et les santons provençaux ; les rois mages ; sainte Lucie, fête de la lumière, en Suède ; les Kolednicy, chanteurs de cantiques costumés en Pologne ; les Jólasveinar, lutins de Noël en Islande, et la fête du fonio dans le nord du Bénin et au Togo. Dans l'Atacora, région du nord-ouest du Bénin, le fonio – grain de graminée comestible – est stocké dans les greniers des tata somba, habitations en terre séchée en forme de petit château fort, classées au patrimoine mondial de l'Unesco. Ces greniers sont la propriété des hommes ou des femmes qui forment la famille habitante et sont divisés en plusieurs compartiments qui permettent le stockage des différents produits de récolte : riz, maïs, sorgho, fonio. Chaque culture est un privilège soit de l'homme, soit de la femme. Le fonio est celui de l'homme. Fin décembre et début janvier, les villageois fêtent le fonio dans chaque tata somba. On remercie les ancêtres d'avoir permis que la récolte soit abondante et que les moissonneurs soient en bonne santé. Lors de cette célébration, on offre en sacrifice une volaille, on consomme le tchoukoutou, bière locale à base de sorgho et on danse.

" Viens m'aider à aider "

Le merveilleux village de Noël retrace la naissance de la figure charitable qu'était l'abbé Pierre par la double rencontre, peu avant Noël 1949, du premier compagnon d'Emmaüs et de la première famille expulsée de son logement. L'abbé Pierre accueille Georges Launay, un ancien bagnard désespéré au point de n'avoir plus envie de vivre, et lui propose de devenir " sauveur des autres " en secourant d'autres personnes à son tour. Avec lui, et de jeunes militants de plusieurs pays qu'il accueille dans sa maison Emmaüs à Neuilly-Plaisance en banlieue parisienne, il construit une maison dans la commune voisine de Neuilly-sur-Marne pour la famille expulsée, puis pour d'autres. Rejoints par d'autres compagnons, ils accueillent des dizaines de familles et construisent des cités d'urgence, financées par la récupération de matières premières et d'objets à domicile ou dans des décharges. Les cités d'urgence étaient des quartiers d'habitation composés de maisons sommaires, rapides à construire et économiques que l'abbé Pierre bâtissait avec les compagnons d'Emmaüs.

Dans les années 1950, l'œuvre d'Emmaüs est avant tout une œuvre originale de construction. Dès décembre 1953, l'abbé Pierre militait pour l'extension à toute la France du principe de ses cités d'urgence. Emmaüs comptait alors une centaine de logements construits. En février 1954, l'abbé réussit à faire adopter par le ministère de la Reconstruction et du Logement un programme de 12 000 logements d'urgence, qui sera mis en place dans tout l'Hexagone dans les deux années suivantes.

Poursuivre la visite

Après le merveilleux village de Noël, les visiteurs peuvent continuer par la découverte du lieu de mémoire. L'Espace muséographique qui s'étend sur une dizaine de salles, propose de nombreuses vidéos, photos et objets personnels. Situé dans la maison où il a vécu par intermittence à partir de 1964 jusqu'à son décès en 2007, ce lieu de mémoire invite à entrer dans l'intimité de l'abbé Pierre en découvrant, dans leur état d'origine, sa chambre, son bureau et son atelier, ainsi que la chapelle où il se recueillait. On y découvre également l'actualité de son combat, en France et dans le monde, avec le Mouvement Emmaüs, dans une quarantaine de pays, depuis plus de 70 ans. L'abbé Pierre est enterré dans le cimetière d'Esteville, aux côtés de compagnons d'Emmaüs et de Lucie Coutaz. •

 

*L'exposition " Un merveilleux village de Noël ", située dans le parc du Centre abbé Pierre – Emmaüs, est ouverte gratuitement au public tous les jours de 10 h à 20 h, 
jusqu'au dimanche 7 janvier. 
La visite du lieu de mémoire est payante (6 €/4 €/2 €), tous les jours de 10 h à 18 h (fermeture les 24, 25 et 31 décembre et 1er janvier).

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