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Un élevage de génisses par délégation

Clémence Avenel s’est spécialisée dans l’élevage de génisses et propose aux éleveurs laitiers de les décharger de cet atelier de haute technicité. Un projet facilité par un appui de la chambre d’agriculture.

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L’éleveuse achète des veaux femelles âgés de 10 jours pour les revendre au naisseur au stade amouillante.
© Catherine Hennebert


Fréquent en Bretagne et en Pays de Loire, l’élevage de génisses par délégation n’est plus une pratique courante en Normandie. Clémence Avenel est la première à relancer cette spécialisation sur son exploitation de Mesnil-Panneville, en Seine-Maritime. Auparavant en Gaec avec ses parents et son frère depuis 2013, la jeune femme était en charge du renouvellement des génisses et a souhaité se spécialiser dans ce domaine qui demande beaucoup de technicité. Elle a quitté le Gaec au printemps et commence sa nouvelle activité sur le corps de ferme de son grand-père.
« Je suis allée visiter des exploitations en Bretagne et en Pays de Loire. J’ai lu des documents techniques de l’Inra et de la Blanche Maison sur ce sujet. Je me suis rapprochée de la chambre d’agriculture pour effectuer une étude technico-économique », explique-t-elle. Elle a ainsi participé à une réunion de speed-dating organisée par la Région Normandie et la chambre d’agriculture cet été. Pour le moment, l’ancien bâtiment peut accueillir 90 animaux. Un second bâtiment permettant d’atteindre 260 places va être construit. « J’achète des veaux à 10 jours. Je les élève et je les revends au naisseur au stade amouillante. Un contrat est établi entre l’éleveur et le naisseur, indiquant le transport, départ et arrivée, l’alimentation, la repro, mais surtout les prix. Les veaux sont achetés en moyenne 150 euros. Le prix dépend du poids et de l’âge du veau. Pour la génisse amouillante c’est 1 400 euros. »

Chaque phase est importante
Un protocole d’entrée est appliqué à chaque veau : thé de foin, cure de fer, vermifuge et vaccination. Une prise de sang est réalisée à l’arrivée et au départ des animaux. Les élevages doivent être indemnes IBR, brucellose, leucose, tuberculose, assainis en varron. L’élevage des génisses de renouvellement nécessite beaucoup de technicité pour avoir de bons résultats. Mais bon nombre d’éleveurs n’ont pas toujours le temps nécessaire de s’y consacrer. Chaque phase de l’élevage est malgré tout importante pour la suite de la carrière de l’animal.
« De zéro à six mois, il est important que les petites femelles aient une croissance soutenue et développe leur capacité d’ingestion. L’objectif est d’atteindre les 200 kilos à six mais je suis à 220 kilos. A six mois, le tissu adipeux se développe et il faut éviter l’engraissement.  Entre quatorze et quinze mois, c’est l’étape importante pour la reproduction. C’est de la surveillance en permanence. Au niveau sanitaire il y a beaucoup de vigilance surtout sur les petits veaux. Pour ma part j’utilise la phytothérapie. Le plan d’accouplement est réalisé soit par l’éleveur, soit par moi en fonction des critères de celui-ci. »
A tous les stades, l’alimentation joue un grand rôle. Tous les aliments distribués sont pesés et les animaux passent sur la balance et sont mesurés tous les trois mois. Cela permet également de faire des lots homogènes pour les inséminations.
La ration de base est la paille qui est achetée. Les génisses sortent en pâture à 12 mois puis ont de l’enrubannage sec produit sur l’exploitation. Les 24 hectares de l’exploitations ont été remis en prairies qui sont gérées en pâturage tournant pour un GMQ élevé.
Clémence Avenel doit trouver d’autres éleveurs car pour vivre de son métier, il lui faut 260 animaux délégués. « Les commerciaux me donne quelques contacts. Avec l’association de race normande, on regarde comment nous pourrions travailler ensemble. De nombreux éleveurs sont intéressés mais ne font pas toujours le pas car ce n’est plus dans les habitudes. Je cherche des éleveurs qui ont des soucis de place sur leur exploitation, qui n’ont pas le temps de consacrer la technicité nécessaire à leurs génisses, qui ont des problèmes de main d’œuvre, qui manquent de surfaces fourragères, ceux qui veulent du vêlage précoce pour diminuer leur taux de renouvellement. Les vêlages précoces entre 24-26 mois chez les génisses laitières est une façon de réduire les coûts de production et d’augmenter la production laitière par jour de vie des animaux. ».

Des speed-dating pour favoriser les échanges
Les speed-dating organisés par la chambre d’agriculture l’été dernier dans les cinq départements normands ont permis à des projets de voir le jour grâce à un financement du conseil régional. Clémence Avenel fait partie des agriculteurs qui ont été accompagnés. Dans son cas, la chambre d’agriculture a réalisé une étude économique prévisionnelle et l’aide à construire son dossier de demande de subvention auprès de la Région.

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